Si le Play Store est préinstallé sur tous les terminaux certifiés Google, le portail de téléchargement n’est pas seul sur son secteur. Derrière lui, certains services alternatifs proposent le téléchargement d’applications Android, tel Aptoide. Lequel vient de déposer une plainte contre Google auprès de la Commission Européenne. Motif : Mountain View abuserait de sa position dominante sur le marché des apps.

Aptoide Avec plus d’un milliard de smartphones vendus en 2013, dont une majorité de smartphones Android (plus de 70 % selon les études de début d’année), les androphones sont extrêmement nombreux sur le marché. Et le plus souvent certifiés Google, c’est-à-dire qu’ils disposent à la vente d’une version récente du système d’exploitation, selon les dernières directives de l’Américain, et embarquent avec eux le Play Store. Celui-ci reste le portail de téléchargement d’applications par défaut, bien que l’utilisateur puisse passer, sur mobile comme sur tablette, par des boutiques alternatives. On peut d’ailleurs penser à l’Amazon Appshop qui permet de télécharger des APK d’applications surveillées par l’e-commerçant, lequel revendiquait d’ailleurs hier plus de 240 000 applications à son actif. De son côté, Aptoide, situé au Portugal, a vu le jour en 2009. Depuis lors, ce portail où sont déposés des fichiers APK, a fait son bonhomme de chemin, et assure à ce jour détenir un peu plus de 200 000 applications (203788 plus exactement) réparties en plus de 100000 boutiques internes. Aptoide approche d’ailleurs des 900 millions de téléchargements, pas si loin des markets traditionnels. Il profite notamment des marchés où le Play Store fait défaut, dont la Chine.

Question d’installation

Pas si loin, mais pas encore assez à son goût. Aptoide reproche en effet à Google de lui mettre des bâtons dans les roues. Selon lui, il est de plus en plus complexe d’installer son portail sur un appareil Android, et la tâche se complique dès lors que l’on utilise une version récente de l’OS. Ainsi, d’après les informations rapportées par TechCrunch, de 10 étapes pour un succès d’installation à hauteur de 80 % sur Android 2.1, on est passé à 14 étapes pour 20 % de réussite pour un appareil sous Android 4.0. Ce qui, selon les statistiques Google, représente la très large majorité des appareils actuellement sur le marché. Il est toujours possible de l’installer, comme en témoigne par exemple notre essai lors du test du Nokia X, chez qui Aptoide se révèle un excellente alternative au store initialement installé sur l’appareil.

Aptoide

Aptoide reproche plusieurs points à Google, qu’il considère comme son concurrent direct. D’abord, de ne pas proposer le téléchargement de son service depuis le Play Store : c’est également le cas pour Amazon, dont le site propose son APK dédié au téléchargement sur son site. Même combat pour Aptoide, qui le met à disposition sur son site éponyme. Mais la chose va plus loin, puisqu’avec les statistiques dévoilées par ses soins, il considère que l’installation d’applications tierces est de moins en moins aisée. Un autre grief concerne plus précisément les applications Google : le navigateur Chrome aurait ainsi bloqué le site Aptoide, soupçonné d’abriter des malwares. Et toujours au rayon des Google Apps, Aptoide reproche à Google de fournir ses applications sous forme de lot : soit avec toutes les applications Google (y compris le Play Store), soit aucune. L’affaire n’en est pas à de simples plaintes publiques. Aptoide a en effet déposé un recours auprès de la Commission Européenne, et indique compter « joindre ses forces avec d’autres app stores indépendants pour faire front commun« , comme le rapporte le Wall Street Journal. Ce ne sera pas la première fois que Google se voit reprocher par d’autres firmes des pratiques anticoncurrentielles. L’an dernier, Microsoft, Nokia ou Oracle avaient déposé un recours auprès de la même commission. Pour le moment, difficile de statuer sur l’issue de l’affaire : le commissaire européen chargé du dossier, Joaquin Almunia, s’est contenté d’accuser réception de la plainte. Son examen risque de s’avérer aussi long que délicat.