Kickstarter choisit généralement de rappeler aux backers de ses projets que le financement de nouveaux produits ne va pas sans risque lorsque leurs fonds s’avèrent perdus. Pour le cas du Zano, qui compte parmi les records de levées de fonds participatives en Europe, l’Américain a choisi de jouer la transparence : il a donc engagé un journaliste pour enquêter sur l’échec du projet.

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C’était l’une des plus grandes réussites Kickstarter, l’un de ceux qui dépassent le million (ici, 2,2 millions de livres britanniques) : le mini-drone Zano avait bouclé il y a près d’un an une campagne de financement participatif à succès, entrainant dans son sillage plus de 12 000 backers. Mais il y a un mois, et alors même que les internautes attendaient toujours la livraison sans cesse remise de leur engin volant (seules 600 personnes ont été livrées), les créateurs du Zano annonçaient le placement volontaire de leur entreprise, Torquing Group, en liquidation. Coup dur pour les backers, à qui l’on signifiait au passage qu’ils ne retrouveraient jamais leurs fonds, soit à peu près 150 livres pour le prix d’un drone, et un peu plus dans le cas des plus généreux.

Des raisons de la cessation de son activité, Zano n’avait rien indiqué de très précis. Il fallait, il y a quelques semaines, se contenter de propos fumeux pointant l’idée que l’équipe avait « exploré toutes les options dont [elle avait] connaissance ». Mais pour résoudre quelles difficultés, exactement ? Tout juste sait-on que le CEO de Torquing avait quitté son poste durant l’été, pour raisons de santé. Pas de quoi cependant expliquer ce revirement.

« Découvrir ce qu’il est advenu de ces 2 millions de livres »

Si les backers ont évidemment montré leur mécontentement, Kickstarter, qui a hébergé la campagne de financement du Zano, n’est pas en reste. L’entreprise américaine ne souhaite visiblement pas subir une crise de confiance causée par l’affaire Torquing, et a choisi de s’allouer les services d’un journaliste, Mark Harris, pour enquêter sur la firme, et expliquer les raisons de son échec. Il a donc été embauché pour « écrire l’histoire de l’effondrement du projet de drone Zano sur Kickstarter ».

C’est sur Medium que Harris explique sa démarche, qui n’en est qu’à ses balbutiements. L’homme, déjà versé dans le journalisme d’investigation, a pour objectif de « détailler la progression du projet [Zano], de ses débuts à sa fin ; de découvrir ce qu’il est advenu des 2 millions de livres, et même plus, de fonds récoltés ; et de répondre à la question demandant si les créateurs de Zano auraient pu faire différemment, ou a fait des erreurs que de futurs projets Kickstarter peuvent éviter », comme il l’indique dans sa première publication. Le journaliste insiste sur son indépendance (« bien que Kickstarter me paye », dit-il), et compte déterminer si le service de crowdfunding aurait « pu mieux servir les créateurs de Zano ou ses backers ». Le résultat de ses recherches devrait être publié d’ici la mi-janvier 2016. Espérons que ses travaux parviennent à apaiser les backers déçus du drone mort-né.