« Ça me fait flipper » : on a été voir les robots que vous allez croiser dans votre Carrefour ou McDo

 
On nous bassine avec l’Optimus de Tesla, mais la réalité du terrain est ailleurs. À Shenzhen, chez Pudu Robotics, on ne vend pas du rêve humanoïde pour 2030. On fabrique des machines à roulettes qui nettoient déjà les sols de McDo et livrent des plateaux chez Carrefour avec une efficacité redoutable.

La scène se passe dans un hôtel de Pékin. Une sonnerie retentit à la porte. Pas de groom, pas d’humain. Juste une machine. « OK, ça me fait flipper », lâche Arnaud en ouvrant la porte.

Le robot livre le colis, attend la confirmation, puis fait demi-tour pour appeler l’ascenseur. Sans aucune intervention. C’est fluide, c’est efficace, et c’est surtout le quotidien en Chine. Et ces robots, ils sont dans quasiment tous les hôtels en Chine. Vous les avez peut-être déjà croisés dans certains restaurants en France.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, direction Shenzhen, au siège de Pudu Robotics.

Le pragmatisme contre le fantasme de l’humanoïde

Regardez les vidéos de démonstration sur le web. On y voit des humanoïdes faire des saltos ou plier des t-shirts. La réalité chez Pudu est plus honnête.

S’ils développent bien des prototypes humanoïdes dignes de Tesla, ils l’avouent sans détour : pour l’instant, c’est surtout de la mise en scène. Le problème ? Ça coûte un bras et on manque de scénarios réels où ces machines sont plus utiles qu’un bon vieux robot à roulettes.

L’intelligence de Pudu, c’est d’avoir compris que le design doit servir l’usage. Prenez leurs robots nettoyeurs. Là où votre aspirateur robot domestique suit un chemin pré-établi un peu bête, les modèles industriels de Pudu chassent la saleté. On jette une bouteille ou on renverse du café ? Les capteurs Lidar et les dizaines de caméras repèrent l’incident en temps réel. Le robot fonce dessus, nettoie localement et repart. C’est une approche prédatrice de la propreté. Le résultat est sans appel : ils promettent aux entreprises de travailler 5 fois plus vite qu’un humain sur les mêmes tâches.

Mais l’innovation ne s’arrête pas à la puissance de calcul. Elle se cache dans les détails triviaux. Un bac à ordures qui se retire comme une valise cabine pour être vidé sans effort. Un écran qui affiche une vidéo tuto pour changer le filtre. Pudu a compris que si la maintenance est une corvée, le patron n’achètera pas la machine. Ils lèvent les barrières psychologiques les unes après les autres.

L’invasion silencieuse des plateaux à roulettes

Maintenant, parlons business. Vous avez sans doute déjà vu ces robots avec des yeux de chat et une voix mignonne dans un restaurant. C’est le BellaBot, le best-seller de la marque. Le but n’est pas de remplacer le serveur pour le plaisir de supprimer un emploi, mais de lui éviter de porter des charges lourdes toute la journée. Un humain a deux bras. Un robot Pudu a quatre plateaux et ne se plaint jamais d’un mal de dos.

La technologie embarquée est pourtant digne d’un smartphone haut de gamme, multipliée par dix. Sur certains modèles de livraison, chaque plateau est surmonté d’une caméra dédiée. Elle filme le produit posé, l’identifie grâce à l’IA, et adapte la publicité sur l’écran frontal en conséquence. Vous livrez un café ? Le robot affiche la promotion sur les donuts.

L’implication pour notre marché est massive. On voit déjà ces machines chez McDonald’s, KFC ou Carrefour. À l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, ils servent de guides. La force de Pudu, c’est d’avoir transformé un objet de laboratoire complexe en un produit de grande consommation pour entreprises. On discute avec eux, ils répondent via une IA conversationnelle intégrée, ils vous guident aux toilettes ou vous apportent votre Big Mac. Le tout avec un « gimmick » visuel qui rend la technologie acceptable, voire sympathique.

Bref, notre reportage est disponible sur YouTube, vous verrez les robots à l’oeuvre.


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