Toute une partie du CES était réservée à l’automobile. D’année en année, nos voitures sont de plus en plus connectées. Android est déjà présent sur certains systèmes embarqués mais cette année, c’était la première fois que les marques montraient des systèmes sous Android Auto. Nous avons fait le tour des constructeurs et avons pu constater que la proposition Android Auto n’était pas la même chez tout le monde.

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Android Auto, c’est le prolongement d’Android dans la voiture. Il suffit de relier son smartphone sous Lollipop à une voiture compatible pour voir son ordinateur de bord démarrer une sorte d’Android en version allégée. La volonté de Google est de proposer la même expérience à tous les utilisateurs, quel que soit le modèle ou la marque de leur automobile. Deux objectifs : éviter de déconcentrer le conducteur avec une interface qui ne serait pas adaptée à la conduite mais également habituer l’utilisateur à un système tel que le conçu et pensé par Google. Mais dans les faits, l’intégration n’est pas la même pour tous les constructeurs. Petite revue des solutions proposées et on commence par les solutions externes avec Pioneer et Kenwood.

Les autoradios seconde monte

Les deux société japonaises sont les premières à annoncer des autoradios compatibles Android Auto, parallèlement à la société française Parrot qui a dévoilé son super autoradio RNB6 supportant lui aussi Android Auto et dont nous avons consacré un article dédié. Pioneer et Kenwood étaient présentes au CES avec leurs solutions qui prennent la forme d’autoradios au format 2 DIN pour remplacer celui qui est déjà présent dans la voiture. Cerise sur le gâteau : les deux concurrents ont également intégré la solution CarPlay d’Apple. En fait, comme nous avions pu l’expliquer dans nos précédents dossiers sur Android Auto, les autoradios ont un fonctionnement classique avec une interface propriétaire jusqu’à ce qu’un smartphone sous Lollipop soit relié en USB à l’autoradio. À partir de ce moment, le téléphone passe en mode Android Auto, tout comme l’autoradio. Il devient donc possible de recevoir ses SMS et appels sur l’autoradio ou encore de lancer Google Maps, Google Play Musique ou Spotify sur l’autoradio. Dans les faits, les applications sont lancées sur le téléphone et l’autoradio ne fait que les afficher.

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Google Maps sous Android Auto

Chez Kenwood et Pioneer, le fonctionnement et l’expérience utilisateur sont similaires. Pioneer avait installé son autoradio dans une voiture alors que Kenwood avait simplement accroché l’appareil au mur. Dans les deux cas, il était possible d’avoir accès à l’ensemble des fonctionnalités d’Android Auto. Pour ce faire, il suffit, chez les deux constructeurs, de lancer une application dédiée après avoir relié un smartphone sous Lollipop. La navigation dans Android Auto se fait de manière tactile (écran résistif ou capacitif selon les modèles, de 7 pouces pour les deux constructeurs), directement sur l’écran, mais aussi à la voix pour les fonctions supportées. On peut par exemple demander à Google de nous calculer l’itinéraire pour n’importe quelle destination. Mieux : Google est intelligent. Demandez-lui la météo à San Francisco puis ensuite les horaires d’ouverture du Zoo (sans préciser la ville) et Android fera le rapprochement pour donner l’itinéraire vers le Zoo de San Francisco sans le lui avoir explicitement demandé.

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Les cartes de Google Now et les notifications

Chez Pioneer, les autoradios seront disponibles en mars alors que chez Kenwood, il faudra attendre le mois de mai. Pour les prix, comptez à partir de 700 dollars pour les derniers et 700 euros pour les premiers. Nul doute que les prix en euros devraient être similaires. Pour les plus curieux, nous avons réalisé une courte vidéo dans laquelle on peut voir le démonstrateur Pioneer montrer tour à tour les diverses fonctionnalités liées à la voix : envoi d’un SMS, appel, météo, heures d’ouverture, navigation et lecture vocale d’un SMS.

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Audi, Hyundai et Volkswagen : même train mais pas le même wagon

Du côté des constructeurs automobiles, Android Auto n’était pas vraiment à l’honneur. Le système était en démonstration chez trois constructeurs seulement : Audi avec le futur cockpit du Q7, Volkswagen avec la Golf R Concept qui ne verra sûrement jamais le jour en l’état et Hyundai avec un semblant de tableau de bord qui était en fait un mur avec un écran. Le Coréen annonce toutefois que de nombreux modèles milieu de gamme sortiront en 2015 avec le support d’Android Auto. Chez Volkswagen, il faudra d’abord compter avec la e-Golf version 2015. Hyundai compte sur un affichage standard 2DIN avec un grand écran tactile, à la manière des constructeurs d’autoradios. Chez Volkswagen, ce serait différent avec un écran « géant » de 12,8 pouces ! La déception nous vient d’Audi qui nous avait habitués à mieux puisque point d’écran tactile mais l’utilisation d’une molette et d’un pavé tactile… pas du tout commode pour naviguer dans la carte, même si Audi nous promet une sécurité accrue lors de la conduite. À voir dans les faits, mais à l’arrêt, c’est tout sauf pratique.

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La solution Android Auto d’Audi

Nvidia : le futur de l’auto connectée ?

Enfin, on ne pouvait pas évoquer Android Auto au CES 2015 sans parler de Nvidia. Le constructeur nous avait plutôt habitués à des puces dédiées au marché du jeu mais les verts tentent de prendre une place de plus en plus importante sur le marché de l’automobile connectée. Nvidia montrait en effet un prototype du Drive CX, un modèle de cockpit connecté sous Android à destination des constructeurs automobiles. Celui-ci prend la forme d’un énorme écran tactile qui fait tourner Android et peut être divisé en plusieurs zones d’affichage. Et c’est justement au sein de l’une de ces zones qu’Android Auto peut être lancé, parallèlement à une autre application comme le radar de recul ou la gestion de la ventilation, par exemple. Le cockpit est à l’état de prototype et aucun microphone n’était présent, ce qui limite l’intérêt du système mais le il est déjà embarqué par la Renovo Coupe, une voiture 100% électrique. Le Drive CX représente une base et les constructeurs pourront modifier, à leur sauce, ce système très prometteur.

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Le Drive CX de Nvidia

Un système, plusieurs expériences

Les conducteurs n’auront pas tous la même perception d’Android Auto, du fait de l’intégration différente du système selon les appareils. Pour nous, le must proviendra du système de Nvidia (si on parvient à le trouver dans une voiture abordable) et des autoradios à écran capacitifs alors que les écrans résistifs et le système d’Audi nous paraissent peu convaincants. Il faudra toutefois dépenser des sommes d’argent importantes pour profiter d’Android Auto et il serait bon que le système soit intégré à des autoradios plus abordables et des voitures davantage tournées vers le grand public. Il n’y aurait alors plus besoin de passer par la case GPS externe ou support ventouse pour téléphone : tout se ferait sur l’écran principal. Il manque également de nombreux constructeurs à l’appel et notamment BMW et Mercedes qui n’ont toujours pas réalisé d’annonces et qui n’apparaissent pas sur la page Android Auto de Google. Sont-ils toujours méfiants envers Google ? Sûrement !

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Le tableau de bord de la Renovo Coupe