Jusqu’ici, point de challenger de taille pour contrer les iBeacons d’Apple. C’était sans compter la toute récente arrivée de Google sur ce marché, avec Eddystone, un beacon BLE (Bluetooth Low-Energy) open source.

Beacons Google

 

Google souhaite que le monde entier utilise ses beacons

Les beacons, ce sont ces « balises de géolocalisation » Bluetooth physiques avec batterie que l’on installe dans une infrastructure (musée, magasin, parking…) afin de transmettre des données à sens unique : du beacon vers l’usager, sur smartphone ou tablette, et en Bluetooth LE. Les beacons sont capables de détecter une personne ayant téléchargé l’application du lieu où elle pourra bénéficier des services offerts par ces balises. Ainsi, si par exemple des beacons sont localisés sur les vitrines d’un magasin dont vous avez téléchargé l’application, vous recevrez du push en vous en approchant (jusqu’à 20 à 30 mètres de portée environ). Ce système séduit de plus en plus de commerçants pour offrir des réductions personnalisées en fonction des clients et attirer leur attention vers les produits qui les intéressent le plus.

Google souhaite à présent que le monde entier utilise ses beacons Eddystone, et propose ainsi un produit open source, compatible avec tous supports.

 

Eddystone, un phare dans la nuit selon Google

Si Google n’a pas intitulé son nouveau produit « Google Beacon », c’est parce que justement, il l’a voulu open source et non connoté. Eddystone, ce nom fait référence au Eddystone Lighthouse, un phare britannique installé sur l’île Eddystone Rocks. Et Google souhaite que les utilisateurs fassent usage d’Eddystone comme le font les navigateurs avec les phares. Les beacons de Google ne sont d’ailleurs pas destinés aux marins d’eau douce, soit le grand public, mais plutôt aux « vrais navigateurs professionnels », les OEM et développeurs d’applications.

À propos de ce projet, le chef produit Eddystone, Matthew Kulick, et l’Ingénieur en chef, Chandu Thota se sont adressés à la revue Ars Technica, décrivant Eddystone comme un beacon standard « robuste« . « Nous avons travaillé avec de nombreux partenaires de l’écosystème afin de réaliser quels sont les usages, et nous avons ainsi réalisé que les solutions existantes ne remplissent que partiellement les véritables besoins. Nous voulions créer un écosystème que les entreprises, les développeurs et les industriels pourraient suivre », précise Chandu Thota. « En les écoutant, nous avons réalisé qu’il y avait un réel désir pour une base commune, un standard, dont ils pourraient discuter librement, qu’ils pourraient améliorer et développer au mieux », ajoute Matthew Kulick.

 

Google a soigné ses API et conçu un écosystème complet autour de ses beacons

iBeacons

Les iBeacons d’Apple, en partenariat avec Estimote

Selon Google, le véritable argument qui va faire pencher les professionnels vers sa solution de beacons open source, c’est notamment la vieillesse des standards des iBeacons d’Apple. Après deux ans sur le marché, les beacons de la Pomme seraient dépassés, à cause notamment de ses standards d’accès propriétaires, fer de lance d’Apple. Ainsi, Apple se couperait de la moitié du marché américain et de 80 % du marché mondial des smartphones, à cause de cela.

L’API Google Nearby : Afin de remédier aux problèmes de formats propriétaires, Google lance sa plateforme Eddystone, qui fonctionne avec l’API Google Nearby, disponible parmi les services du Play Store, sur Android et sur iOS. Google Nearby est une API de gestion de proximité, qui permettra les interactions entre beacons et usagers, mais également entre plusieurs usagers connectés aux données des beacons. On devrait donc voir des usages différents se créer grâce à ces beacons qui supportent tous types de formats et sur lesquels on peut développer de façon agnostique. Il est possible d’accéder à la plateforme Eddystone également depuis GitHub, sous la licence Apache V2.0.

Le projet The Physical Web : En parallèle, Google a lancé un projet intitulé « The Physical Web », pour remédier à l’obligation de télécharger des applications pour chaque usage. En effet, il suffirait de tapoter sur un objet connecté pour que l’application se lance seule, à partir du transfert d’un URL du beacon Bluetooth vers le smartphone ou la tablette.

Des identifiants éphémères pour du push sur-mesure : Grâce à l’instauration d’identifiants éphémères pour certains usages, des utilisateurs pourront être « reconnus » et recevoir des notifications personnalisées et sécurisées. Pour les sociétés qui souhaitent gérer une vaste « flotte » de beacons dans leurs structures, des données télémétriques pourront être récupérées depuis les beacons Eddystone afin de savoir exactement quand les batteries des balises ont besoin d’être changées, ou quand il y a un dysfonctionnement. Il est même probable, selon l’entreprise, que Google Now soit intégré aux beacons plus tard, afin de transmettre des données encore plus ciblées.

The Proximity Beacon API : En terme d’API, Google lancera bientôt une nouvelle API dans le cloud appelée « Proximity Beacon API », permettant d’enregistrer les beacons sur le cloud et de les associer aux données que l’on souhaite les voir transmettre.

Un beacon open source pour des formats propriétaires : Le beacon Eddystone est open source, en revanche, tous les services associés ne le sont pas forcément. Google Play Services, l’API Google Nearby et « The Proximity Beacon Cloud service » sont tous en format propriétaire. Pour obtenir la meilleure expérience possible, il vaudra mieux passer par Google et son écosystème. Toutefois, les développeurs peuvent toujours utiliser leur propre cloud et API, puisque les beacons de Google sont compatibles.