Huawei n’a pas de smartphone à présenter au Mobile World Congress. Mais Richard Yu tient à rappeler sa présence et en profite pour lancer une prédiction-choc : il ne restera que trois ou quatre concurrents dans le secteur de la téléphonie !

Le MWC n’est pas seulement le théâtre de l’officialisation de nouveaux produits, mais aussi une scène sur laquelle les différentes figures du secteur peuvent s’exprimer et éventuellement tacler leurs concurrents. C’est ce qu’a fait Richard Yu, le CEO de Huawei, en affirmant qu’à terme, seulement trois ou quatre constructeurs pourront survivre sur le marché des smartphones.

Il ne peut en rester que trois (ou quatre) !

Il peut être facile de voir cette déclaration comme une petite pique sensationnaliste, sur laquelle Yu ne prend pas beaucoup de risques d’ailleurs, puisque Huawei est actuellement numéro 3, avec une part de marché d’environ 10 %, que Richard Yu affirme être le minimum pour être à l’équilibre. En l’absence du Huawei P20 dans les stands du fabricant chinois, quoi de mieux — à part des camions rappelant la date de son annonce — pour rappeler que le vrai match de l’année n’a pas encore commencé ?

LG ou HTC dans la tourmente ?

Il y a pourtant derrière ces propos une analyse qui tombe sous le sens. On connaît le tiercé gagnant : Samsung, Apple et Huawei. En dessous, on trouve de nombreux constructeurs aux fortunes diverses. Certains, comme OnePlus, Oppo ou Vivo paraissent encore en progression. D’autres sont plutôt sur une pente glissante. LG, on le sait, est dans la tourmente. Les échecs successifs de ses derniers fleurons ont fragilisé sa position. On croit toujours à un retour, mais le prochain haut de gamme, au nom de code Judy, va avoir fort à faire en arrivant après le Samsung Galaxy S9 ET le Huawei P20.

L’avenir de HTC n’est pas beaucoup plus brillant : Google a racheté une bonne partie de ses ingénieurs, et son management est quelque peu chamboulé. Il est difficile de voir en quoi il pourrait se démarquer si on en juge du positionnement flou de ses derniers modèles. Pas vraiment haut de gamme, pas assez agressifs, ils se retrouvent en tenaille entre les « grands » et des fabricants qui n’hésitent pas à casser les prix.

La solution : se distinguer

Alors, aura-t-on le choix, en 2020, entre l’iPhone 12, le Samsung Galaxy S11 et le Huawei P40 ? C’est sans doute un peu pessimiste. On voit surtout le marché se diviser entre ces trois grands, qui vont certainement continuer à se disputer le podium et des plus petits qui auront trouvé une niche identifiable, qui auront su se distinguer et proposer une vraie alternative aux trois grands.

Le parti pris d’un HMD Global avec Nokia, par exemple, qui se focalise essentiellement sur des smartphones abordables, mais exigeants côté logiciel, est intéressant. OnePlus pourrait également faire partie de ceux qui tirent leur épingle du jeu. L’ère d’innombrables fabricants alignant des gammes sans fin et sans distinction, en revanche, touche peut-être effectivement à sa fin.