Les ventes de l’Essential Phone ne sont pas aussi bonnes qu’espérées. Mais cela n’est pas vraiment une surprise.

Au début de son histoire, l’Essential Phone avait tout pour plaire. D’une part, son créateur n’est autre qu’Andy Rubin, régulièrement considéré comme « le père d’Android ». D’autre part, ce dernier a toujours promis que son téléphone serait aussi beau que puissant et performant.

Et pour le coup, il n’a pas menti. Le terminal profite d’un écran au ratio 19:10 et sans bordures en plus d’embarquer un Snapdragon 835 couplé à 4 Go de RAM. Par ailleurs, il intègre une petite part de modularité puisque l’on peut rajouter une caméra à 360 degrés (et prochainement d’autres modules).

Mais l’intérêt suscité par l’Essential Phone ne s’est pas traduit par un franc succès commercial. Aux États-Unis, le produit s’est vendu à seulement 5 000 exemplaires par le biais de l’opérateur Sprint. Et si l’on ne peut pas encore avoir de vraies estimations sur les ventes des versions nues, on peut légitimement supposer qu’elles ne sont pas beaucoup plus élevées.

Ces résultats en demi-teinte peuvent surprendre au premier abord, mais, avec un peu de recul, on se rend compte qu’il fallait s’y attendre.

Le temps c’est de l’argent

Andy Rubin a commencé à teaser l’Essential Phone dès la fin du mois de mars, mais il a fallu attendre fin mai pour voir ce terminal officialisé. Ensuite, il a raté sa date de sortie et le père d’Android a dû s’expliquer sur les raisons du retard. Ce n’est qu’en septembre que la commercialisation de l’Essential Phone a enfin pu être lancée.

Donc pour résumer, cela fait des mois que l’on parle de l’Essential Phone et s’il y a eu une hype, celle-ci a plus ou moins disparu. Car entre la fin du mois de mars et début septembre, Samsung a commercialisé ses Galaxy S8 et S8+ et annoncé son Galaxy Note 8, le LG V30 a vendu du rêve lors de l’IFA à Berlin, le OnePlus 5 a impressionné par sa puissance, le Nokia 8 s’est lancé dans la bataille des flagships et le HTC U11 a attiré quelques curieux. Ajoutons à cela les rumeurs qui circulaient déjà sur le Xiaomi Mi Mix 2, le Huawei Mate 10 et l’iPhone X.

Avec tous ces nouveaux smartphones haut de gamme, la bataille est forcément rude sur le marché mobile et les constructeurs se doivent d’avoir un excellent timing pour réaliser de belles ventes. Et ce timing, Essential semble l’avoir manqué.

À l’international

Pour les fans du projet d’Andy Rubin, il faut espérer que le départ timoré de l’Essential Phone ne l’empêchera pas de connaitre un succès à retardement. Croisons donc les doigts, car si les ventes du smartphone ne fonctionnent pas bien aux États-Unis, on peut difficilement imaginer qu’il puisse être commercialisé à l’étranger. Face à cette réflexion pessimiste, on pourrait toutefois argumenter qu’Essential ne passera pas forcément par les opérateurs pour vendre son produit et préférera certainement des canaux tels qu’Amazon — le champion du e-commerce a d’ailleurs investit dans la firme.

À ce propos, pour la petite blague, notre confrère et ami Geoffroy Husson doit obtenir 10 millions de retweets pour que l’Essential Phone soit lancé en France. Au moment où j’écris ces lignes, il en est déjà à… 52.