Switch 2 : moins de 24 heures après le jailbreak, un Homebrew Launcher tourne déjà

Welcome back, homebrew

 
La scène du piratage n’aura pas perdu une minute sur la nouvelle console de Nintendo. Moins de 24 heures après la publication d’une première faille logicielle, la Switch 2 affiche déjà un menu permettant d’exécuter des programmes non officiels, malgré la suppression en urgence du jeu qui servait de porte d’entrée sur l’eShop.

Tout s’est accéléré dans la nuit de jeudi à ce vendredi 23 octobre, lorsqu’un développeur opérant sous le pseudonyme de Ravens Claw X a publié sur X une vidéo montrant une Switch 2 faire tourner un « Homebrew Launcher ».

Ce menu d’accueil alternatif sert de tableau de bord pour lancer des logiciels faits maison (les homebrews, comme des émulateurs ou des utilitaires) que le constructeur japonais n’a jamais autorisés. Cette démonstration survient à peine un jour après la mise en ligne par le chercheur Sammy Hajhamid de ns2jb, le tout premier débridage (jailbreak) purement logiciel de la machine, comme nous l’expliquions lors de son annonce. Simple preuve de concept technique hier, la faille dispose donc déjà d’une véritable interface graphique prête à accueillir les futures applications de la communauté.

Cette séquence vidéo dévoile un écran bleu d’abord vierge qui se remplit d’une liste de programmes, le tout pilotable aussi bien à la manette qu’avec l’écran tactile de la console.

Quelques heures plus tôt, le même développeur avait préparé le terrain en affichant un cube 3D en rotation propulsé par Vulkan (le moteur graphique moderne qu’utilisent les jeux récents), avant de valider la prise en charge des boutons. L

Le clin d’œil parlera immédiatement aux vétérans du piratage sur Nintendo 3DS et sur la première Switch, où un menu portant exactement le même nom servait déjà de rampe de lancement aux logiciels tiers, d’où le message « Welcome back! » affiché à l’écran.

Fort de cette avancée, Ravens Claw X fait désormais voter ses abonnés pour choisir le premier outil complet à coder : une simple calculatrice, un client FTP pour transférer des fichiers sans fil entre un PC et la console, ou l’inévitable portage du jeu culte DOOM.

Un menu encore prisonnier des limites de SmileBASIC

Pour comprendre la portée réelle de cet exploit, il faut toutefois regarder ce qu’il se passe dedans : ce lanceur repose encore sur un socle technique très étroit. En l’état, la faille ns2jb ne parvient à détourner qu’une seule brique du système d’exploitation (le module « fs », chargé de gérer les fichiers), et la manipulation s’efface dès qu’on éteint la console, obligeant à tout relancer à chaque redémarrage.

L’opération nécessite d’ailleurs d’avoir un Mac ou un PC sous Linux connecté au même réseau Wi-Fi que la Switch 2 pour injecter l’attaque.

Selon le site spécialisé OneJailbreak, Ravens Claw X reconnaît lui-même les limites de ses démonstrations : ses programmes restent enfermés dans le bac à sable de SmileBASIC (le logiciel qui sert de cheval de Troie), et la console refuse toujours d’exécuter librement du code non certifié par Nintendo avec un accès total à la machine.

Fait amusant, la biographie X du bidouilleur prévient que tout son travail est « vibe coded », c’est-à-dire généré en grande partie par une intelligence artificielle, exactement comme le jailbreak ns2jb qui a été conçu avec l’aide de l’assistant Codex.

Nintendo contre-attaque en vidant les rayons de l’eShop

Du côté de Kyoto, la riposte n’a pas attendu l’apparition de ce menu pirate. D’après les constatations de Nintendo Life, le géant japonais a discrètement retiré l’application SmileBASIC 4 de sa boutique en ligne juste après la divulgation de ns2jb, sans faire le moindre commentaire officiel.

Toute la mécanique du piratage démarre en effet dans ce petit logiciel d’apprentissage du code, initialement sorti sur la première Switch : sans lui pour servir de point d’entrée, impossible de déclencher le jailbreak.

La manœuvre rappelle trait pour trait l’épisode de 2016 sur Nintendo 3DS, lorsque l’éditeur avait banni une précédente version de ce même programme avant de la remettre en vente un mois plus tard, une fois la brèche colmatée.

Ce coup de filet rapide donne d’ailleurs raison à Gezine, la figure de proue du jailbreak sur PS5, qui estimait justement que les chercheurs avaient rendu leur trouvaille publique beaucoup trop tôt.

Pour autant, ce retrait de l’eShop ne règle le problème qu’à moitié pour le constructeur. Si plus aucun nouveau curieux ne peut acheter le logiciel fautif, les exemplaires déjà téléchargés par les joueurs restent parfaitement fonctionnels sur la mémoire de leurs consoles.

Pour fermer définitivement la porte, les ingénieurs de Nintendo vont devoir déployer une mise à jour du système d’exploitation afin de réparer directement le module de gestion des fichiers.

D’ici là, toute Switch 2 maintenue sous la version logicielle 23.0.1 et possédant déjà SmileBASIC 4 dans sa bibliothèque reste grande ouverte aux expérimentations du jailbreak.

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