CDiscount, fabricant de tablettes tactiles ? Pas tout à fait. D’abord parce que l’e-commerçant ne propose qu’un seul produit, à qui un site est d’ailleurs dédié, mais aussi en ce qu’il fait appel à une marque bien connue dans l’univers surpeuplé des ardoises à bas coût, le Chinois Haier. La CDisplay a toutefois un argument de poids : cette petite tablette 7 pouces ne coûte en effet que 49 euros et des poussières, soit la moitié du prix d’une tablette équivalente chez un autre constructeur. Les concessions valent-elles ces économies ? La réponse dans notre test.

Cdisplay

 

Caractéristiques de la Cdisplay

Il sera difficile de faire plus simple que cette Cdisplay, dont la fiche technique ne dépasse pas les attentes que l’on peut avoir d’une ardoise à 50 euros. Elle ne descend pas en-deçà, et c’est presque tout ce qu’on lui demande.

ModèleCdisplay
Ecran7 pouces
TechnologieIPS
Définition 1024 x 600 pixels
Résolution170 ppp
SoCRockchip RK3188-T
Nombre de coeurs4 x Cortex-A9
Cadence1,4 GHz
Mémoire RAM1 Go
Mémoire interne8 Go
Support microSDOui
Caméras0,3 mégapixel (frontal)
Carte SIMNon
Bluetooth4.0
GPS - GLONASSOui
NFCNon
Wi-Fi802.11b/g/n
Batterie4000 mAh
Dimensions192,9 x 112 x 10,5 mm
Poids310 grammes
Prix49,90 euros

 

Du classique, rien que du classique

Avec ses caractéristiques techniques maigrelettes, on ne s’attend pas à ce que la CDisplay nous bluffe côté design. Et pourtant, on n’aura pas de réel reproche à lui faire. La tablette n’est pas un modèle de finesse sans être démesurément épaisse ; les bordures entourant l’écran (à gauche et à droite) restent sous le centimètre réglementaire, les bordures au-dessus et en dessous sont plus larges mais permettent une bonne prise en main en mode paysage. Excellente surprise surtouts, au lieu d’un plastique standard (on n’aurait pas attendu mieux), on a affaire à une coque en métal bleu-gris de bon aloi, avec deux tons de couleurs agréables à l’œil. Les traces de doigts accrochent, mais bien peu par rapport au plastique brillant que s’obstinent encore à utiliser certaines marques low-cost : globalement, c’est bien.

Cdisplay

Haier n’a pas fait de frais en matière en connectiques. Elles sont toutes situées au-dessus de l’appareil, avec, de gauche à droite : une prise jack 3,5 mm, un microphone, un port pour carte micro-SD étrangement décalé sur le côté de la tranche puis un port micro-USB. Rien de très original, et l’on aurait apprécié de voir une petite trappe recouvrir le port pour carte mémoire.

Cdisplay

Les boutons, eux, sont tous situés sur l’arête droite de la tablette. Tout en haut, on trouvera ainsi le bouton Power, et dessous, la barre de réglage du volume. Leur course est suffisante et ils n’ont pas l’air d’être prêts à se détacher au moindre accroc : là encore, aucun problème à signaler.

Cdisplay

Si vous cherchez le haut-parleur, attention à la manière dont vous tenez la tablette : il se trouve en effet en bas à droite, au dos de la Cdisplay, avec une grille directement percée dans la coque. La main pourra le recouvrir si vous n’y prenez garde. Du moins le traditionnel capteur photo dorsal ne posera pas ce problème, puisqu’il fait tout simplement défaut à notre Cdisplay : c’est l’un de ses compromis les plus flagrants.

Cdisplay

En façade, rien à signaler puisque l’on constate simplement la présence d’un capteur photo utilisable pour les conversations de type Hangouts (d’où la présence d’un microphone)… et c’est tout. Les touches de navigation sont incluses à l’écran.

Cdisplay
Cdisplay
Cdisplay

Un écran… à moitié prix

L’écran de la Cdisplay n’est clairement pas son point fort. Il affiche une résolution basse de 170 pixels par pouces, avec une définition de 1024 x 600 pixels sur une diagonale de 7 pouces. C’est évidemment un écran d’un autre âge de ce point de vue, mais on ne s’attendait pas à plus pour un tarif de 50 euros.

Cdisplay

Ce que l’on constate, c’est tout d’abord un manque de luminosité qui poussera l’utilisateur à délaisser l’ajustement automatique de la luminosité pour utiliser la luminosité maximale en permanence – gare à la consommation d’énergie ! Côté couleurs, c’est malheureusement fade, malgré des angles de vision acceptables grâce à la technologie IPS. Dans l’ensemble, c’est donc très moyen : à n’en pas douter, cet écran fait partie des points faibles de la Cdisplay.

Ecran Cdisplay

 

KitKat à la sauce CDiscount

Commençons par souligner un excellent point : sous un Android Stock ou presque, cette Cdisplay fait partie des rares du moment à tourner sous KitKat, mais en version 4.4.4. C’est un bel effort pour une tablette à ce prix. CDiscount et Haier ne sont pas allés jusqu’à développer une interface maison, se contentant de quelques ajouts particulièrement visibles.

Accueil Cdisplay

CDiscount vend sa tablette à bas prix, mais pas entièrement par philanthropie. Rappelez-vous ces forfaits mobiles, il y a 10 ou 15 ans, qui lus proposaient d’écouter des publicités afin d’économiser quelques euros sur votre abonnement. Le commerçant fait peu ou prou la même chose, avec cette fois des publicités affichées non seulement sur l’écran de verrouillage de la tablette, mais aussi sur son écran d’accueil. Ne vous leurrez pas : si vous souhaitez vous en débarrasser, il vous faudra passer par la case root afin d’y installer une ROM alternative (la démarche a été détaillée ici). Auquel cas, rappelons-le, vous refusez tout bonnement de jouer le jeu. Après tout, c’est à ce prix (!) que vous obtenez une tablette moins chère.

L’empreinte CDiscount, la voici : l’écran de verrouillage – extrêmement laid et criard, avouons-le – renvoie, en pleine page, au site CDiscount, naturellement. Vous ne pouvez ni le supprimer, ni le modifier avec un autre fond d’écran. Ce privilège est réservé à l’écran d’accueil, fort heureusement personnalisable tant l’image affichée d’office risque de brûler les yeux sensibles. Et sur cet accueil justement, surpriiiise : un widget, similaire à cet écran de verrouillage, occupe le haut de l’écran. Vous y remarquerez une petite croix noire dans le coin extérieur droit, dans la mesure où vous pouvez le faire disparaître. Oui, mais il réapparaitra dès lors que vous serez allé faire un tour dans votre menu d’applications, et que vous reviendrez à l’accueil. Il n’est pas déplaçable, il ne peut pas être rétréci : vous y êtes en quelque sorte condamné.

Ecran de verrouillage Cdisplay

Petit détail : si vous ajoutez un verrouillage un peu plus sécurisé qu’un simple « faire glisser pour déverrouiller », il faudra auparavant passer par l’écran CDiscount. Imparable.

Pour le reste de cette couche logicielle, c’est du basique puisque l’on se contente d’un Android Stock sans aucune modification, mis à part des apps préinstallées. Même le fameux pourcentage de batterie en haut de l’écran, généralement ajouté aux interfaces des marques low-cost, fait ici défaut. Il faudra donc se contenter d’applications qui pourront, pour certaines, être tout bonnement désinstallées. CDiscount est en effet partenaire de PayPal, la solution de paiement en ligne, dont l’application est préinstallée. C’est également le cas de FidMe, le système de cartes de fidélité dématérialisées, ou encore de FiaNet, spécialisé dans l’évaluation de sites de vente en ligne. Ces trois applications pourront être désinstallées, de même que les apps de Haier, l’une renvoyant vers son site, l’autre vers son forum communautaire.

Cdisplay

Les applications CDiscount à proprement parler ne bénéficient pas de cette facilité de désinstallation. On trouve de fait une app CDisplay Manager (pour gérer son compte sur l’e-boutique), un CDisplay Store et enfin une app CDiscount by TEA, soit un portail de téléchargement de livres numériques (avec TEA, comme son nom l’indique). Une bonne idée en soi de transformer l’appareil en liseuse même si, il faut l’avouer, la faible définition de son écran couplée à un certain manque de luminosité nous font craindre pour l’autonomie de la tablette si elle est utilisée par des amoureux de littérature.

Dernier détail à noter : CDiscount/Haier font dans le minimalisme, avec un seul panneau d’accueil présent d’office (il est possible d’en ajouter par la suite) et une seule page d’applications (là aussi, il sera possible d’en créer au téléchargement d’apps supplémentaires).

Performances

La CDisplay n’est pas équipée du meilleur du moment. Tournant sous du Rockchip (un RK3188-T quadricœur à 1,4 GHz), avec toutefois 1 Go de RAM, elle ne démérite pas pour autant à première vue, d’autant plus qu’avec KitKat, elle n’a pas besoin de tant de RAM pour être fonctionnelle. Dans les faits, ne nous leurrons pas : elle n’est pas un modèle de célérité. Et pourtant, en termes théoriques, les benchmarks lui rendent plutôt honneur. À titre indicatif, notre tablette assure ainsi un score dépassant très légèrement les 22000 points. C’est plus qu’honorable et, pourtant, on constate que l’interface souffre de ralentissements fréquents. Les applications mettent longtemps à s’ouvrir, le menu d’applications aussi… On serait fortement tenté d’accuser l’optimisation de l’ensemble, et tout particulièrement les applications CDiscount qui alourdissent l’ensemble. Quoi qu’il en soit, tout cela manque de fluidité, et c’est bien dommage. On évitera donc d’acheter cette Cdisplay pour jouer.

Cdisplay

 

Multimédia et autonomie

Cette partie sera courte, et pour cause : en termes de photo, il faudra se contenter d’un capteur de 0,3 mégapixel de façade, et le mot est faible. Le déclenchement est d’une lenteur à toute épreuve, les résultats assurément flous : on se contentera de l’utiliser en dernier recours pour un Skype en tout anonymat !

Côté autonomie, la Cdisplay nous a là encore laissés sur notre faim. Puisque cette ardoise peut jouer les liseuses électroniques, nous l’avons mise à l’épreuve dans ce domaine – en la ménageant. Ainsi, en mode avion, sans WiFi et avec la luminosité au minimum, en utilisant l’application eReader, nous avons consommé 8 % de batterie pour 30 minutes de lecture. Avec WiFi, push activés et un peu plus de luminosité, mieux vaut ne pas être parti pour l’intégralité des Misérables !

 

Test Cdisplay Le verdict

écran
4
La tablette Cdisplay est loin de briller par son écran. Malgré la technologie IPS utilisée, elle souffre de couleurs fades, d'une dalle située loin de la vitre et accroche les traces de doigts. Sa faible résolution est également problématique pour les consommateurs de multimédia. Bref, c'est très très moyen.
design
7
Ni très mince ni très légère, la Cdisplay bénéficie en revanche d'une conception solide en métal qui devrait lui assurer une bonne longévité.
performances
4
Malgré un hardware honorable, la Cdisplay est reine dans l'art du ralentissement. Elle n'est pas faite pour jouer, qu'on se le dise. Et pour le reste, il ne faut pas être pressé...
logiciel
6
KitKat (4.4.4) sur une tablette à 50 euros, c'était presque inimaginable ! Mais ce bon point est entaché par le prix à payer de cette ardoise très très low-cost : des panneaux publicitaires impossibles à ôter sauf si l'on roote l'appareil. C'est assez agaçant au quotidien, il faut l'avouer.
caméra
2
0,3 mégapixel, le minimum syndical pour un usage ultra ponctuel de la caméra frontale de cet appareil. Entre un déclenchement lymphatique et un capteur médiocre, inutile d'espérer réaliser des selfies d'artistes avec cette tablette.
autonomie
4
Là encore, tout cela est très moyen. On devra baisser à son minimum la luminosité de l'appareil pour espérer tenir quelques petites heures.
Note finale du test 5/10
La Cdisplay est un ovni dans le monde des tablettes tactiles.

Positionnée au cœur des tablettes 7 pouces, une espèce en voie d'extinction à l'heure actuelle, elle présente des caractéristiques d'entrée de gamme, et un peu plus si affinités, dans un boîtier très présentable. Elle ne vous fera pas honte sur la table du salon, mais voilà : pour bénéficier d'un si petit prix, il faut une haute tolérance à la publicité (sur laquelle vous ne manquerez pas de cliquer par mégarde, sauf habileté extrême).

Si l'on fait le bilan, on a affaire à une tablette à l'écran, l'autonomie, les performances et l'appareil photo médiocre. Cependant, sur le segment de l'entrée de gamme, chaque dizaine d'euros fait la différence, et bien des marques ne proposent pas mieux pour 20 à 30 euros supplémentaires. Il faut être prêt à quelques compromis, mais pour un usage d'appoint (par exemple pour piloter des appareils de domotique), elle suffira aux plus tolérants. Quant à ceux dont le porte-monnaie est un peu plus rempli, des marques telles qu'Acer, Archos et même depuis quelques mois LG, proposent des ardoises à moins de 100 euros qui vous satisferont plus amplement.
  • Points positifs
    • Son petit prix !
    • KitKat sur une tablette à tout petit prix
  • Points négatifs
    • Ecran décevant
    • Faible autonomie