Introduction

Alcatel One Touch s’améliore cette année, avec des produits prometteurs, tel son Idol 3 dans le monde du smartphone. La marque chinoise, qui n’a jamais produit d’objets connectés, présente depuis près de six mois sa première montre connectée, la Watch, désormais disponible dans le commerce. Celle-ci s’appuie sur un logiciel propriétaire compatible avec Android et iOS, et se veut à la hauteur de ses concurrentes sous Android Wear. Est-elle une rivale sérieuse ? Notre avis dans ce test.

Alcatel One Touch Watch

 

Design

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a demandé ce que je pensais de la Moto 360 que je portais au poignet durant ce test. C’est d’ailleurs le point fort de cette Alcatel One Touch Watch : elle reprend les bons points à mettre au crédit de la Moto 360, à savoir un boîtier rond, en aluminium, ici d’un diamètre de 41,8 mm. Il est donc légèrement plus petit que ceux de montres connectées rondes, à l’image des G Watch R ou Watch Urbane de LG, ce que les petits poignets apprécieront. Les similitudes s’arrêtent cependant ici.

Alcatel One Touch Watch

Sur petit poignet !

Au lieu d’un bracelet standard, Alcatel One Touch a fait le choix d’un bracelet propriétaire, dont les amateurs de looks travaillés devront se contenter. Il n’est pas amovible pour une bonne raison : il accueille, à l’une de ses extrémités, un port USB standard permettant de charger la montre. Résultat, on obtient un bracelet qui se ferme par un système de clic (pour réduire sa taille, il faut faire glisser l’élément métallique le long du bracelet)  et dont la partie chargeur devra être glissée dans une patte de maintien classique. Et c’est là que le bât blesse : pas facile de glisser la partie USB – en plastique rigide – dans cet élément en caoutchouc. À chaque charge ou lorsque l’on s’habille le matin, c’est donc la même fastidieuse rengaine. Notez également que le port USB est recouvert par un cache en plastique dont on pourra douter de la solidité sur le long terme. Bon point cependant : la marque fournit avec sa montre un câble USB avec une prise mâle et une prise femelle, afin de ne pas être obligé de brancher la montre directement sur un chargeur secteur. Cela reste possible, de même que vous pouvez charger votre montre sur le port USB d’un ordinateur. Côté autonomie, le constructeur annonce entre 2 et 5 jours selon les usages. De notre côté, nous avons tenu avec chaque charge environ trois jours.

Alcatel One Touch Watch

Le port USB est caché au bout du bracelet de la montre.

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La montre et légèrement épaisse, avec 10,5 mm, mais pas plus qu’une Moto 360 (11,5 mm). On regrette qu’Alcatel One Touch ait fait l’impasse sur une couronne latérale aux allures proche des montres horlogères pour un simple bouton dédié à l’allumage. C’est d’ailleurs un élément assez révélateur de cette montre qui, sympathique à première vue, manque de raffinement.

Alcatel One Touch Watch

L’écran

L’écran de la Watch offre un affichage agréable et contrasté, avec un affichage IPS de 1,22 pouce (240 x 204 pixels). Toutefois, on regrettera l’épaisseur des bordures noires qui l’entourent et la présence d’une bande noire en bas, qui ne se justifie pas ici par la présence d’un capteur de luminosité. Certes, celui-ci fonctionne comme un outil permettant d’ouvrir une barre de notifications, et la bande noire autour de l’écran est marquée des repères que l’on trouve habituellement sur les montres, mais que d’espace perdu ! Au rayon des interactions, rappelons qu’un clic sur l’écran allumé permet d’accéder aux applications, et qu’un clic sur la bande noire située en dessous permet de revenir en arrière (le coup n’est pas facile à prendre). Il est possible, depuis la montre, de régler la luminosité de l’affichage, mais aussi de choisir un fond blanc ou noir. En revanche, pour changer de cadran de montre, il faudra passer par l’application mobile Move, laquelle propose divers modèles, mais aussi vous autorise à utiliser une photo personnelle comme fond d’écran.

Alcatel One Touch Watch

Les repères sont placés sur une bande noir assez large.

Dernier point à noter : si la montre est certifiée IP67 (résistance à l’eau et à la poussière), elle semble se rayer facilement. A priori, Alcatel One Touch a fait l’impasse sur le traditionnel Gorilla Glass.

Logiciel

Qu’on ne se méprenne pas : la Watch d’Alcatel One Touch ne tourne pas sous Android Wear, mais sous un logiciel propriétaire qui lui permet d’être compatible avec Android (dès 4.3) et avec iOS. De quoi ratisser large, mais au prix de fonctionnalités moins étendues que chez Tizen, Android Wear ou webOS. Rappelons que la Watch est animée par une puce STM429 et qu’elle s’appuie sur une batterie de 210 mAh. Elle embarque des capteurs classiques (accéléromètre, gyroscope, altimètre, capteur de rythme cardiaque et boussole, sans oublier du NFC), mais elle fait l’impasse sur le microphone et le haut-parleur.

Au quotidien, la Watch est une montre essentiellement consultative. Elle permet de regarder l’heure – un mouvement sec du poignet permet d’allumer l’écran automatiquement, une fois que l’on a pris le coup – et de recevoir diverses notifications. L’application compagnon Move, à installer sur le téléphone, permet de choisir les apps dont l’utilisateur souhaite recevoir les notifications (SMS, Messenger, WhatsApp, emails, calendrier… la liste est longue, avec 157 apps compatibles) et de les activer ou désactiver une à une. C’est donc à cela que sert essentiellement la montre : à être notifié. Cela fonctionne bien, vibrations à l’appui (des vibrations assez violentes, d’ailleurs) : pour ouvrir les messages, il suffit de cliquer sur la bande noire située au bas de l’écran pour les faire apparaître. Si vous recevez des notifications issues d’apps différentes, il faudra balayer de gauche à droite pour naviguer entre les différentes apps, et un balayage vers le bas fera disparaître les notifications. Disparaître ? Pas tout à fait, puisque tant que vous n’aurez pas ouvert les notifications en question sur votre téléphone, vous verrez l’icône indiquant que vous avez des notifications en attente sur l’accueil de votre appareil. C’est franchement agaçant. Autre point dommageable : puisqu’elle est consultative, la Watch ne vous permet pas de répondre à des messages en passant par la commande vocale. Ô frustration lorsque vous faites la vaisselle et que vous devez, malgré vos gadgets connectés, aller chercher votre téléphone pour répondre à vos messages. Même combat pour les appels : vous ne pouvez que les refuser depuis la montre.

Alcatel One Touch Watch
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Le reste des fonctionnalités est assez simple. Vous pourrez utiliser la montre comme télécommande Bluetooth afin de naviguer dans votre musique ou de déclencher l’appareil photo de votre téléphone, comme chronomètre, comme capteur de rythme cardiaque, comme boussole, et permettra de faire passer le téléphone en mode avion. Notez qu’il est possible d’activer on non le vibreur.

Que vaut-il, ce logiciel ? Eh bien il est fermé et, pour peu que l’on ait testé d’autres plateformes, on souffre d’une certaine frustration. Pas d’affichage de cartes pour une navigation GPS, pas de possibilité d’installer de nouvelles applications, pas de stockage interne, pas de WiFi et un capteur de rythme cardiaque qui fonctionne de manière parfois aléatoire, et surtout, qui ne s’activera qu’en cas de déclenchement manuel.

Alcatel One Touch Watch

L’application Move

Alcatel fournit avec sa montre une application Move dédiée au paramétrage de sa Watch. Il est donc possible d’y choisir les applications dont l’utilisateur recevra les notifications, de définir des alarmes (pour être réveillé le matin par le vibreur), les fonds d’écran ou encore de choisir le délai de mise en veille de l’écran, d’activer la fonction antiperte du smartphone (la montre vibre quand elle est à plus de 10 mètres du téléphone) ou encore de choisir des laps de temps pendant lesquels la montre ne vibrera pas.

Alcatel One Touch Watch
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Hormis ces paramètres attendus, l’application fonctionne comme celle d’un tracker d’activités classique. Son tableau de bord se charge donc d’afficher votre nombre de pas en fonction de l’objectif défini (10 000 pas par défaut) et vous propose un historique par jour, semaine, mois et même an. Même combat pour les calories brûlées, la distance parcourue, le temps d’activité et la durée du sommeil.  Il est possible de consulter votre historique de rythme cardiaque, mais, attention, il ne s’agit pas de vérifier votre fréquence en continu : l’app se contente de recenser les vérifications que vous avez faites, en mentionnant le rythme le plus haut ou le plus bas recueilli pendant ces mesures.

Note finale du test 5/10
A qui s'adresse cette Watch ? J'aurais tendance à dire qu'elle ne vise pas réellement les mobinautes à la recherche d'une montre connectée. Elle fait plutôt bien ce qu'elle peut faire, c'est-à-dire autoriser la consultation d'informations, mais justement, c'est insuffisant face à une concurrence qui propose de plus en plus de fonctionnalités. En réalité, on aurait plutôt tendance à la considérer comme un tracker d'activités très amélioré, avec un cardiofréquencemètre et un affichage de l'heure digne de ce nom. C'est tout le problème du positionnement de cette Watch : à 129 euros, elle est un peu chère pour un tracker d'activités et si elle est peu onéreuse pour une montre connectée, elle en fait beaucoup moins qu'une Moto 360 désormais facturée environ 150 euros. On aura tendance à vous conseiller l'appareil de Motorola, ne serait-ce que parce qu'Android Wear promet d'être nettement plus évolutif que la plateforme d'Alcatel One Touch. Sa Watch est un bon produit d'entrée de gamme mais, malgré son design prometteur et ses ambitions, ne parvient pas à dépasser ce positionnement.
  • Points positifs
    • Design satisfaisant avec un boîtier en métal
    • Autonomie d'environ 3 jours
    • Présence d'un capteur de rythme cardiaque
  • Points négatifs
    • Système trop fermé
    • Impossibilité de répondre à des messages
    • Bracelet difficile à ôter et ne pouvant être changé