Plusieurs générations de Chromebook se sont succédées depuis 2011, la majorité à des tarifs abordables, se basant sur des processeurs peu puissants. Ce temps est révolu : voici qu’en 2015, sont annoncés les premiers Chromebook bon marché sous la 5e génération de processeur Intel (Broawdell-U). La série CB5 d’Acer, dont la carrière a débuté en 2014 dans l’ombre des autres Chromebooks, ouvre la voie avec le modèle “CB5-571-32AS” disposant d’un de ces processeurs. Notez bien ce nom : il s’agit d’un des premiers modèles abordables (sous la barre des 400 euros) disposant d’une puissance 2 fois supérieure, sur le papier, aux générations précédentes. Jusque là, les Chromebook étaient plutôt petits, légers et peu puissants. Voici le test d’un Chromebook qui renverse la tendance.

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L’Acer Chromebook CB5-571-32A prend du soleil

Ce Chromebook d’Acer embarque un processeur en provenance de la nouvelle famille de Broawdell-U, annoncée par Intel en janvier 2015, au CES à Las Vegas. Après plusieurs générations de Celeron, il s’agit enfin d’un Core i3, de 5e génération, gravé en 14 nm. Il dispose d’un ventilateur, que j’ai réussi à déclencher à quelques reprises, mais qui reste extrêmement discret.

Modèle


Acer CB5-571-32A


Système


Chrome
OS


Ecran


15,6" TFT, non
tactile


Définition


1366 x
768 pixels (WXGA)


Processeur


Intel Core i3-5005U @


dual-core
cadencée à 2 Ghz


Mémoire
vive (RAM)


4 Go
DDR3L


Mémoire interne (ROM)


32 Go eMMC SSD


Bluetooth


4.0


Support SD


Oui


Caméra


HD
720p


Ports


- 1x USB 3.0


- 1x USB 2.0


- 1x HDMI 1.4


- 1x port Jack audio
(3,5 mm)


Batterie


3-cell
(3230 mA)


Dimensions


38,4 x 24,6 x 2,5 cm


Poids


2,2 Kg


Un Chromebook large mais transportable

Attention, l’engin présente clairement une taille XXL : il est grand, mais dépassera surtout de chaque côté de vos genoux par sa largeur (39 centimètres), la faute à l’écran de presque 16 pouces, au format 16/9e. Il reste pourtant très fin, avec 2,5 cm d’épaisseur, ce qui est appréciable, mais aussi encombrant, dépassant largement le format A4. Le CB5 d’Acer affiche 2,2 kilos sur la balance. On est ici bien au-dessus des autres Chromebook, qui nous ont habitués à rester sages dans ce domaine, ne dépassant que rarement les 1,5 kilogrammes. À l’utilisation, ce poids reste néanmoins contenu au regard de son encombrement. Ces deux kilos sont acceptables pendant les déplacements.

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Le dessus en plastique de l’appareil

Les plus exigeants resteront sur leur faim concernant la finition, qui apparaît assez moyenne : le plastique blanc, lisse à l’intérieur, ne respire pas le haut de gamme, et semble assez salissant à l’utilisation. La finition au niveau des grilles des haut-parleurs latéraux n’est pas non plus irréprochable. Ce n’est clairement pas un domaine dans lequel on attendait ce modèle, et le miracle n’a pas eu lieu. L’extérieur en nid d’abeille, qui permet une accroche franche lors du transport et l’impression de solidité générale (charnière, touchpad…) en font plutôt, comme beaucoup d’autres Chromebook, et malgré sa taille, un appareil de baroudeur, qui se transporte sans housse.

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Les grilles latérales

Enfin, Acer délivre une prestation classique du côté des connectiques : un port USB 3.0 , un port USB 2.0, un lecteur de carte SD, un port micro-HDMI et une prise jack casque/micro. La connectivité sans fil est assurée par le WiFi 802.11ac, double bande. Les débits constatés sont excellents : même dans un environnement saturé, on maintient une connexion stable. Nous avons pu associer un casque de musique Bluetooth très simplement et sans encombre grâce à la puce Bluetooth 4.0 embarquée.

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Une partie des connectiques

 

Écran, clavier et touchpad

Acer propose sur ce modèle 32AS un écran d’une définition WXGA (1366 par 768 pixels). Avec sa taille de 15,6 pouces, il ne fera pas l’unanimité, notamment auprès de ceux qui n’aiment pas voir les pixels (car on les voit un peu quand même…). Les autres se consoleront en notant que cela permet de préserver l’autonomie et d’améliorer les performances de la machine. D’autant que la qualité de l’écran proposé, au-delà de sa définition, n’est pas en cause : mat, plutôt lumineux, il permet une utilisation sans difficulté en extérieur. On pourrait lui reprocher des angles de vision latérale un peu faibles.

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Clavier complet avec touchpad

Un autre modèle existe avec un écran 15,6 pouces de meilleure qualité (Full HD, IPS), mais il faudra vraisemblablement débourser plus de 400 euros (modèle CB5-571-C1DZ) pour l’acquérir. Enfin, on peut regretter que cet écran ne soit pas tactile,  même si les usages associés à cette caractéristique semblent moins développés sur un Chromebook que sur une tablette.

Le clavier est apparu très confortable : les touches sont larges et minces, la frappe en est facilitée. La configuration demandera un temps d’adaptation certain pour ceux qui viennent de l’univers Windows : il manque par exemple le bouton Suppr qu’on  retrouve par un raccourci clavier. L’absence de touche de navigation dédiée à la musique est en revanche un vrai manque, même si j’imagine qu’il existe également des raccourcis clavier. On regrette également, comme sur beaucoup de Chromebook, qu’il n’y ait pas de rétroéclairage.

Enfin, la zone tactile est un vrai bonheur : sensible et paramétrable, on retrouve des sensations offertes par un Mac tant sa réactivité accompagne celle de l’OS.

 

On change de braquet

Cette version du Chromebook d’Acer dispose du processeur Intel Core i3 de 5e génération, basé sur la micro-architecture Broadwell présentée par Intel en 2015.

À l’utilisation, on constate une puissance dépassant tous les Chromebook de cette catégorie : l’interface reste fluide même en utilisation intensive (plusieurs dizaines d’onglets ouverts), il lit sans difficulté des vidéos Full HD transférées sur disque SSD, ou même 4K à partir de YouTube. Enfin, on constate une réactivité maximale à l’allumage (5 secondes) ainsi que lors de la sortie de veille.

En termes de benchmarks, les chiffres sont parlants :

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  • Octane 2.0 : 19 000 contre (moins de 10 000 pour les meilleurs Celeron N2830)
  • SunSpider 1.0.2 : – de 300 Ms ( + de 600 pour les meilleurs Celeron N2830)
  • PeaceKeeper : près de 4000 ( – de 1500 pour les meilleurs Celeron N2830)

Concrètement, durant mes quelques semaines de test, je n’ai pas réussi à ralentir la bête, sauf à ouvrir un gros fichier Word qui fait souffrir tout autant le Core i5 4e génération du PC témoin sous Windows dont je dispose. Et encore, une grande part de ce ralentissement pourrait être imputée à une relative latence du réseau…

C’est bien là un des défauts des Chromebook de génération précédente, mainte fois relevé dans les différents tests présents sur la toile, qui disparaît : ce Chromebook d’Acer annonce une génération de produits qui ne craint plus une utilisation intensive. Cette bonne nouvelle s’ajoute aux arguments en faveur de cette plate-forme, très justement décrits dans cet article.

 

ChromeOS fidèle à lui-même

Comme tous les Chromebook, l’Acer tourne bien sûr sous Chrome OS. Lors de notre test, ce sont les versions 44 et 45 de l’OS que nous avons pu tester. Peu d’évolution à par rapport à la version décrite dans le test du Dell Chromebook 11 (CRM3120) en juillet.

Résumons tout d’abord simplement ce que propose Google au travers de Chrome OS.

Il s’agit un OS simple, épuré, réduit à l’essentiel : un explorateur de fichiers un lecteur de musique, de photos, et de vidéos, tous trois basiques, l’intégration de WiFi, Bluetooth, lecteur de disques (clés USB, cartes SD), et surtout, bien sûr, le navigateur Internet. Tout sur cette OS est tourné vers le navigateur Internet Chrome, ce qui lui confère une réactivité et une simplicité d’utilisation sans précédent.

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Cette petite vidéo produite par Google lors de l’annonce des premiers ordinateurs de ce type en 2011 éclaire sur l’esprit initial porté par la firme de Mountain View :

Lien Youtube
Chaine Youtube FrAndroid

Même le hardware de la machine est tourné vers le web. Le clavier est spécifique et les raccourcis sont destinés à faciliter la navigation Internet. On dispose d’une “étagère”, sur laquelle mettre des “applications”, qui sont, au final pour la plupart, des raccourcis Internet qui ouvrent une page depuis le navigateur Chrome.

Arrêtons-nous rapidement sur un débat classique, qui survivra à ce test : à qui s’adresse un Chromebook ? Certains diront que cet ordinateur conviendra à tout le monde, qu’à part quelques usages singuliers, on peut tout faire avec un Chromebook et que le blocage est avant tout psychologique, lié au fait que nous sommes “conditionnés” par les OS classiques.

Je me rangerais plutôt à l’avis de ceux qui pensent que cet ordinateur se destine à une population aux besoins limités. J’ajouterais simplement qu’elle est plus large qu’il n’y parait, incluant notamment celle qui a découvert internet grâce aux fameux netbook à la fin des années 2000. Les “besoins limités” le sont également de moins en moins : aujourd’hui, toutes les suites bureautiques et les outils de retouche photos sont, par exemple, disponibles en ligne, voire exclusivement en ligne pour les populaires Photoshop et Lightroom d’Adobe. Cette liste de services accessibles depuis un Chromebook ne peut que s’allonger dans les mois à venir, ce qui ne fera qu’augmenter le nombre d’utilisateurs pouvant se “contenter” d’un Chromebook.

Mon avis final est sans surprise extrêmement positif, puisque la réactivité est sans faille. Si je trouve que l’OS de Google est une réussite globale, je porte un regard critique sur les points noirs de ce système. Si vous me trouvez un peu dur avec le produit, c’est que j’affectionne l’environnement de Google, et je veux que l’OS s’améliore.

Le gros point noir reste tout d’abord le mode hors ligne qui, malheureusement, reste anecdotique : que l’utilisation d’un Chromebook ne soit pas principalement hors ligne, c’est évident, mais cela reste un événement impondérable. Les Dongles 3G, qui nécessitent des pilotes, ne fonctionnant pas sous ChromeOS, il ne reste donc que la connexion partagée par un smartphone pour conserver une connexion constante en déplacement,  ce qui est rarement le cas. Au passage, si Google souhaitait un appareil nomade, il aurait été intéressant qu’il impose la présence d’un lecteur de carte SIM dans chaque Chromebook.

Mais les coupures de connexion ne sont pas les seuls moments où le mode hors-ligne s’impose : la lenteur des lignes ADSL et 4G en upload rendent la première synchronisation d’un document volumineux (comme une vidéo, devant ensuite être traiter par les serveurs de Google) avec Google drive laborieuse, sauf à faire partie des chanceux disposant des débits montants généreux qu’offre la fibre optique.

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Google Drive

Durant tous ces moments de solitude « hors ligne », mon constat est que Google ne nous prépare pas, et n’accompagne pas suffisamment l’utilisateur. Le système affiche des messages d’erreur (et non d’avertissement) un peu rude, qui donne l’impression qu’on est fautif, montré du doigt, comme sorti de la zone. À mon goût, Chrome OS ne sauvegarde pas suffisamment, de manière préventive et automatique, le contenu de nos travaux en cours pour le proposer en cas de déconnexion, ce qui met parfois notre utilisateur nomade en difficulté.

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Google Docs

Au-delà de ce sujet, les applications disponibles sur Chrome OS n’offrent pas la facilité d’utilisation à laquelle les systèmes Android et Windows ont habitué une majorité d’utilisateurs. En vrac, impossible de faire des regroupements d’applications depuis l’étagère (uniquement dans le menu reprenant toutes les applications), pas de raccourcis directs contextuels possibles, pas de gestionnaire de téléchargement avancé, ou encore une fonction drag&drop limitée entre applications, et enfin pas ou peu de notifications sur l’OS lui-même (sauf en ouvrant Chrome). Sur ce dernier point,  Chrome OS a sorti Google Now, qui reste un embryon de la version disponible sous Android. Loin d’être aussi exhaustif, il affiche timidement la météo et quelques autres notifications comme les téléchargements en cours.

Autre déception, on pourrait s’attendre à ce que Google mette en avant ses services présents sur Android, mais ce n’est pas le cas : pas d’application spécifique associée à Play Kiosque, ni de lien entre les jeux exécutables et nos scores dans Google Play Jeux. Carton rouge pour Google Musique, dont l’écoute hors ligne n’est pas permise pour les abonnés, alors que la fonction est disponible sur la version Android ou iOS, ou pire encore sur l’application Deezer sous … ChromeOS. Vous pouvez uniquement télécharger les albums que vous avez uploadés chez Google, mais ni les Playlists, ni les albums ajoutés à la bibliothèque dans le cadre de l’abonnement payant ne pourront être écoutés une fois la connexion Internet coupée. On aurait aimé que le lecteur mp3 proposé nous permette d’écouter les titres choisis dans Google Musique pour une lecture hors ligne.

Le lecteur vidéo n’est pas parfait et ne permet pas de lire tous les formats hors ligne. Des solutions palliatives existent heureusement (applications tierces téléchargeables depuis le Chromestore), mais il est étonnant que Google laisse les applications tierces dépasser sa propre solution. En revanche, je n’ai pas trouvé de solution pour décompression de plusieurs fichiers RAR à rassembler.

Pour résumer, au-delà des points forts naturels de cette plate-forme autour de la simplicité et de la réactivité inhérente à Chrome OS, il reste du chemin à parcourir pour qu’elle rencontre le grand public. L’ensemble m’est apparu un peu grossier, pas simple à appréhender une fois le premier contact établi, pas “user-friendly”.

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J’aurais aimé voir des applications dédiées pour chaque produit Google, une malformation que j’impute aux années passées sur des produits Android. Est-ce de l’ordre du fantasme ? Je ne le pense pas : quand on voit la magnifique application Hangouts, ergonomique et modulable que Google a réussi à développer spécifiquement pour Chrome OS, on se demande ce que la firme de Mountain View attend pour adapter les autres applications de la même manière.

 

Multimédia

Voilà un domaine où ce Chromebook d’Acer se démarque de la concurrence : son processeur lui permet sans peine la lecture de vidéos Full HD et son écran de grande taille rend le visionnage confortable. Pour ne rien gâcher, ses haut-parleurs apparaissent d’assez bonne qualité : la puissance est au rendez-vous, même si les basses ne sont forcément pas à la hauteur.

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Contrairement à nos craintes initiales, peu de formats de fichiers testés auront résisté à nos tests, que cela soit en utilisant le lecteur de base fourni avec Chrome OS, ou, en cas d’échec, d’autres lecteurs disponibles sur le Chromestore. Plus simplement, en mode connecté, la lecture à partir de Google Drive, ou de tout autre service de stockage cloud depuis le navigateur Chrome permet de résoudre les dernières difficultés dans ce domaine.

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YouTube

Il s’agit ni plus ni moins que d’un bond en avant côté multimédia par rapport à la génération précédente de Chromebook. Les utilisateurs pour qui cet aspect est primordial dans le choix du Chromebook ne seront pas déçus par ce modèle.

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Un MP4 (libre)

 

Autonomie

S’il est un avantage naturel des Chromebook comparativement au PC sous Windows, c’est bien celui-ci. Ce modèle Acer ne déroge pas à la règle : le constructeur annonce 9 heures d’autonomie. Dans les faits, la promesse est à peu près tenue, même si l’autonomie dépend énormément de  la luminosité de l’écran.  J’ai compté  entre 6 et 11 heures d’activité en utilisation classique, ce qui constitue une très bonne autonomie et qui permet de tenir presque 1 semaine sans recharge pour une utilisation classique. Autre bon point, cette dernière s’effectue moins de 2 heures.

Si la consommation de l’écran apparaît particulièrement impactante celle du processeur est particulièrement réduite. Il semble que cette 5e génération de puce Intel consomme bien moins que les générations précédentes.

 

On achète ou pas ?

 

On le retrouve autour de 400 euros sur Amazon France.

Il n' y a pas d'offres pour le moment

 

Test proposé par Alexis Breithoff, merci à lui pour sa collaboration !