Une équipe de hackers a réussi l’exploit d’installer Linux sur la Nintendo Switch. De nombreux usages inédits sont susceptibles de faire leur apparition sur la machine hybride de Nintendo.

Fail0verflow a réitéré l’exploit. Après avoir réussi à porter Linux sur la PlayStation 4, voilà que la talentueuse équipe de hackers remet le couvert en installant l’OS libre sur la dernière console de Big N, la Switch. Pour rappel, la console est sortie en mars 2017.

Le 6 février, le compte Twitter de la team Fail0verflow, très réputée dans le domaine du hack, affichait humblement une photo de la Switch faisant tourner Linux. D’après WOLOLO, un blogueur respecté du milieu, il semblerait que le portage a été rendu possible grâce à une faille découverte le mois dernier. Ce mois aurait alors été mis à contribution pour porter le système d’exploitation sur la console.

Fail0verflow aurait décidé de rendre publique sa connaissance de la faille suite à une annonce de la team Xecuter, d’après WOLOLO. Xecuter avait annoncé être en mesure de proposer une solution de hacking payante, une pratique très mal vue.

Fail0verflow a donc prouvé qu’il est possible de hacker la Switch sans trop de difficultés. La faille se trouverait dans la boot ROM du SoC de la Switch, le Nvidia Tegra X1. Pour ceux qui l’ignorent, la boot ROM, ou mémoire de démarrage, est une suite d’instructions qui ne peuvent pas être modifiées une fois qu’elles ont été écrites dans la puce. Cela implique que la faille sera toujours présente dans la Switch en dépit des mises à jour logicielles.

Pour corriger le tir, Nvidia devrait corriger la faille et créer une révision matérielle de sa puce. Toutes les Switchs déjà vendues resteraient en revanche vulnérables.

Que peut-on en attendre ?

Si la première idée qui vient à l’esprit lorsque la sécurité d’une console tombe est le piratage des jeux, il faudra encore un certain moment avant que cela ne devienne une réalité. Installer Linux sur une machine et contourner toutes les sécurités mises en place par les constructeurs pour éviter le piratage sont deux choses bien distinctes.

Mais ce qui est sans doute plus intéressant encore est la possibilité de porter Android dessus. Il est aisé d’imaginer un portage d’Android, en considérant que la Pixel C de Google et la Shield TV de Nvidia sont équipées du même processeur. Si, à première vue, l’intérêt d’une tablette sous-cadencée sur Android peut sembler mince, il suffit de penser au potentiel de la Switch en tant que machine de consommation multimédia.

Une application de streaming comme Netflix prendra une nouvelle dimension par exemple. Utiliser une solution pour transformer sa tablette en ordinateur sous Android, une fois rangé dans le dock, ou bien encore utiliser le client Android de Shadow semblent être des utilisations parfaitement calibrées pour le format hybride de la console. Une idée qui n’est donc finalement pas si farfelue, surtout lorsque l’on se rappelle que Nintendo s’était rapproché de l’ancien CEO de Cyanogen Inc pour la conception d’un dérivé d’Android pour une portable.

Il n’y a plus qu’à attendre que Fail0verflow rende publique sa faille et alors de nombreux développeurs réussiront à exploiter tout le potentiel que la console peut offrir.

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