La quête du smartphone modulaire n’en finira jamais. Le Projet Ara a été mis en pause, et LG a finalement abandonné ses LG Friends. Cette fois-ci, c’est Andy Rubin qui s’intéresse au smartphone modulaire selon Bloomberg. Ce dernier est en train de concevoir un nouveau smartphone haut de gamme, prêt à concurrencer l’iPhone et les Pixels.

Le startuper projette d’investir dans les technologies en intelligence artificielle dans une mission risquée : le marché du grand public. Armé d’une équipe de 40 personnes, des anciennes recrues d’Apple et de Google, Andy Rubin se prépare à annoncer une nouvelle société appelée Essential. Cette entreprise proposerait une plateforme pour assembler des appareils grâce à des modules, ainsi qu’un smartphone haut de gamme comme pièce maîtresse.

 

Un smartphone haut de gamme en préparation

La pièce maîtresse de la plateforme est un smartphone haut de gamme avec un grand écran bord à bord, les bordures d’écran seraient très fines. Plusieurs sources ont été très indiscrets avec le journaliste du média américain.

Selon eux, au Consumer Electronics Show à Las Vegas, Andy Rubin a discuté du fameux smartphone avec les cadres de Sprint, un des quatre opérateurs de téléphonie mobile américain. A l’image des Lenovo Moto Z et les Moto Mods, ce smartphone pourra être personnalisé, nous aurons « la possibilité d’ajouter de nouveaux composants ». D’après une des sources, un module de caméra 360 degrés est déjà prévu.

Ce smartphone viserait le haut du marché, face à l’iPhone mais aussi aux Galaxy S et aux derniers Google Pixels. Il faudra également compter sur des fonctions liées à l’intelligence articielle. Andy Rubin est un des grands guru de la Silicon Valley sur les questions autour de l’IA, il a du observer avec intérêt les dernières annonces de HTC. Les derniers HTC, U Play et U Ultra, intègrent en effet une couche d’intelligence artificielle dans l’interface maison du constructeur taïwanais.

Le prototype de la startup Essential bénéficierait d’un écran plus grand que l’iPhone 7 plus, mais sa taille serait moins importante en raison de bordures d’écran très minces. Toujours d’après la source du média Bloomberg, une technologie similaire à Force Touch permettrait de détecter différents niveaux de pression. Enfin, l’équipe d’Andy Rubin testerait un dessin industriel avec des bords métalliques et un dos en céramique, comme le Xiaomi Mi Mix, ce qui complique sa fabrication. 

Nous ne savons pas encore si Android est le système utilisé sur ce smartphone, mais au vue de l’expérience du fondateur, cela semble très probable. Dans son équipe, Andy Rubin a réuni des profils impressionnants, parmi eux : Kelly Liang, un ancien dirigeant du laboratoire Google X, ou encore Brian Wallace, ancien dirigeant de Samsung et de Magic Leap.

 

L’histoire d’Andy Rubin

Vous ne connaissez sans doute pas Andy Rubin, il est pourtant un des fondateurs d’Android. En 1999, Andy Rubin a fondé Dangers inc. dans un contexte où les smartphones peinaient à se vendre aux USA tandis qu’en Europe, Nokia commençait à accumuler les millions. Ouvrez bien vos yeux, c’est là que commence réellement l’histoire d’Android. L’entreprise Danger a accouché en 2002 du SideKick. Ce terminal fonctionnait sous DangerOS, un système basé sur Java. Développé en étroite collaboration avec T-Mobile, ce téléphone remporta un grand succès aux USA notamment auprès des adolescents friands de messagerie instantanée et de sextos.

Le SideKick fut vendu dans beaucoup de pays anglo-saxons ainsi qu’au Québec par Fido. Mais l’opérateur québécois se fit racheter par le canadien Rogers qui décida de discontinuer le SideKick en raison de son positionnement concurrentiel par rapport à l’offre du canadien BlackBerry, laquelle bâtait son plein. Dangers attira l’attention et se fit finalement achetée par Microsoft qui en fera… rien. L’essentiel des employés de Dangers, dont Andy Rubin, quittèrent Microsoft. Notre cher Andy créa une entreprise dont le nom ne vous est pas inconnu : Android Inc. 

En 2003, la société Android naît. Les objectifs de l’entreprise ne sont pas très clairs mais l’on sait que cela touche au développement mobile. Déjà très proche de l’opérateur T-Mobile, la compagnie se rapproche progressivement de Google qui l’achètera en 2005. Il a fallu attendre le mois de novembre 2007 pour que Google dévoile Android, quelques mois après l’iPhone d’Apple.

Andy Rubin prit ensuite la tête de la division Android, jusqu’en 2013. Il fut remplacé par Sundar Pichai, le CEO actuel de Google. Pour la petite histoire, c’est Hiroshi Lockheimer qui est à la tête de la division Android et Chrome aujourd’hui, un ancien employé de Danger Inc.