Le monde informatique est en pleine transition et cela se ressent dans les appareils que l’on peut observer sur le marché. Seul un OS semble pourtant être le plus à même de répondre à leurs attentes : Chrome OS. Voici pourquoi.

Tous les secteurs de la high-tech semblent être en phase de transition ces derniers temps. Sur le mobile, on note surtout comme les écrans de nos smartphones sont obligés d’incorporer une encoche pour réussir à intégrer un design « borderless », en attendant que les composants habituels s’effacent de la face avant.

Il existe toutefois un autre secteur sur lequel la transition est toujours plus visible, mais qui ne trouve pas encore de solution : celui de la tablette et du PC portable. La première catégorie d’objet semble être bien morte, quand la seconde s’inspire de la première pour tenter de trouver une renaissance.

Au milieu de tout ce joyeux bouillon se tient Chrome OS. Le système d’exploitation constamment connecté de Google a beau avoir reçu de nombreuses critiques à sa sortie, sa viabilité n’a fait que s’améliorer au fil des ans. Aujourd’hui, on pourrait même établir qu’il sera potentiellement le premier OS à véritablement répondre aux attentes futures des utilisateurs. Laissez-moi vous expliquer comment.

Le problème de 2018 : la dualité

Lorsque l’on regarde toutes les solutions disponibles sur le marché actuellement en termes d’appareils nomades, le même problème apparaît qu’importe la catégorie : la dualité entre les habitudes des précédentes générations et de la nouvelle génération. Les médias généralistes résumeraient probablement la situation en parlant d’un duel entre la souris et le tactile.

Si la réalité est bien plus complexe que ceci bien sûr, il est vrai que les habitudes ont changé. Les smartphones sont toujours plus puissants, presque autant qu’un ordinateur portable de milieu de gamme désormais, mais leurs applications et leur format limitent les possibilités. Les tablettes ont réglé le souci du format, mais pas forcément des applications : quand bien même on adapterait un logiciel à un écran tactile à forte diagonale, il n’empêche que certaines utilisations ont toujours besoin du pointeur de notre souris (le montage photo ou vidéo par exemple).

Restent alors les ordinateurs portables, exemples les plus intéressants et parlants pour cette vision du futur que je souhaite vous présenter. Les PC rencontrent les mêmes problèmes que les tablettes en n’arrivant pas à évoluer assez pour pousser le grand public au renouvellement de ses appareils.

Aussi, ces derniers ont commencé à s’inspirer du mobile en mettant en avant des concepts deux-en-un. De quoi pousser au renouvellement, mais l’expérience est loin d’être parfaite.

Deux visions différentes du même appareil

Il faut dire que deux profils d’utilisateurs s’affrontent sur le marché désormais. D’un côté, les vieux de la vieille, ceux qui ont grandi avec des claviers, des souris et des tours branchées à leur prise murale. De l’autre, les nouvelles générations qui ont grandi avec des smartphones et tablettes comme appareils principaux pour visiter le web.

La majorité des utilisateurs se situe ainsi dans une échelle graduée entre ces deux exemples. Certains ont grandi avec des ordinateurs et sont passés aux appareils mobiles en mélangeant les deux, d’autres ont grandi sur une tablette et continuent d’utiliser un ordinateur pour des opérations bien précises. Une chose est sûre : ces deux formats sont, dans leur utilisation, extrêmement différents.

Pourtant, le marché cherche la convergence. Si je vous citais les appareils deux-en-un, on peut aussi voir cette volonté sur le côté logiciel. Avec Windows 8, Microsoft a cru de bon ton de tout changer pour une interface complètement optimisée pour le tactile… qui n’a définitivement pas convaincu. Sur Windows 10, on sent que l’utilisateur habitué aux interfaces à pointeur est privilégié, bien que le système puisse être utilisé au tactile.

Ce n’est pas le seul OS qui y travaille. iOS a fait l’inverse avec l’iPad Pro. Ici, le système d’exploitation s’est attaché à offrir un mode multifenêtre très inspiré de macOS et une suite applicative orientée vers la bureautique. Ces outils sont toutefois incomplets et ne viennent pas répondre aux usages pointus attendus par les professionnels. La rumeur veut également que macOS cherche un moyen d’accueillir des applications iOS pour un futur MacBook à écran tactile.

Humbles débuts pour Chrome OS

Dans ce contexte, revenons sur les débuts de Chrome OS. Lorsque Google a présenté son propre système d’exploitation, nombreux ont été les commentateurs du milieu de la Tech à lui rire au nez. Il faut dire que l’idée était un brin risible : un OS comptant sur une connexion internet pour fonctionner et se basant intégralement sur des applications web ? Qui serait intéressé par autant de limitations, malgré la promesse d’une grande autonomie et d’une sécurité fermée à double tour ?

À l’époque, l’idée était effectivement difficilement acceptable. Et pourtant, année après année, une catégorie d’utilisateurs s’est retrouvée conquise par ces appareils : les étudiants. Vous savez, ces utilisateurs étant les plus susceptibles de faire partie des personnes ayant grandi avec des écrans tactiles et des appareils nomades comme outils principaux de divertissement et de productivité.

En combinant la simplicité d’utilisation d’un OS mobile avec des interfaces éprouvées pour la productivité, Google a frappé un grand coup… potentiellement sans même s’en rendre compte, la marque semblant être la première surprise d’accueillir cette catégorie d’utilisateurs. Si Chrome OS (et le projet Chromium) visait bien à remplacer Windows comme l’OS par défaut des netbooks de l’époque, il avait aussi tout d’un des nombreux projets amusants que Google lance avant d’abandonner rapidement. Un joujou de nerds, en somme.

Avec le temps, et relativement lentement, le simple OS à l’allure d’un navigateur web s’est vu accueillir une véritable barre des tâches, un moteur graphique proche de l’univers applicatif classique et enfin les applications du Play Store relativement récemment. La rumeur veut souvent qu’Android et Chrome OS fusionnent, mais les deux OS se contentent de tenter timidement de se parler pour le moment.

Google a enfin une tactique

Entre temps, Google aura essayé de rendre son OS mobile populaire sur les tablettes avec un succès mitigé. Si ce n’est Samsung et Huawei, la plupart des acteurs ont abandonné l’idée de renouveler leurs produits. Les tablettes sont plus ou moins mortes, Apple et son iPad étant les seuls à encore arriver à trouver un peu de croissance avec des appareils toujours plus orientés vers les professionnels.

Toutefois, quelques décisions çà et là donnent la sensation que Google a enfin trouvé une tactique pour Chrome OS. Le jour de la présentation de l’iPad 2018 dédié aux étudiants, Acer présentait la première tablette sous Chrome OS ressemblant à un iPad aux coloris plus fun et offrant d’emblée un stylet… pour moins cher que son compétiteur. De quoi conserver les bonnes grâces des étudiants ?

Plus encore, Google a profité de cette présentation pour indiquer que d’autres tablettes sous Chrome OS arriveraient dans l’année. Le message sous-entendu semble être assez clair : ce n’est plus Android, mais Chrome OS qui se chargera de propulser les futures tablettes désormais. À côté de cela, les modèles deux-en-un de Chromebook deviennent de plus en plus populaires, au point que HP a décidé de sortir un ordinateur transformable à la mode du Surface Book utilisant l’OS de Google sur le marché américain : le Chromebook X2.

Windows 10 ARM se tourne vers le passé

Un autre acteur semble partager la même tactique : Windows. En partenariat avec Qualcomm, il lancera bientôt les premiers ordinateurs propulsés par le SoC Snapdragon 835 profitant de Windows 10 dans sa version complète.

Ou du moins, presque complète. Pour pouvoir lancer les nombreuses applications que Windows traîne derrière lui comme un boulet depuis des années, cette plateforme s’équipe d’une couche d’émulation ayant énormément de limitations.

Les premiers retours d’ordinateurs l’utilisant sont plus qu’inquiétants. On parle ici de machines plutôt lentes et ne lançant pas autant d’applications que promis malgré un prix élevé. Comme toujours dans l’histoire de la marque américaine, son obligation d’accommoder le passé le ralentit.

Cependant, les promesses sont toutes alléchantes : des ordinateurs constamment connectés, avec une autonomie aussi grande et un mode veille aussi performant qu’une simple tablette, pouvant être trimballés simplement absolument partout. Si les PC Windows 10 sous ARM pourraient peiner à rencontrer le succès, ces points sont devenus de plus en plus importants.

Chrome OS en passe de créer la surprise

Voilà autant de projets existants que de freins à la véritable convergence des utilisations sur un seul et même appareil, un seul et même OS. Mais attendez… Quelqu’un ne serait-il pas en passe d’y arriver ? Effectivement, et cet OS n’est autre que celui que le grand public français connaît le moins.

Chrome OS propose déjà une expérience légère, simple, un mode veille incroyablement puissant, des mises à jour régulières, des tonnes d’applications mobiles, une utilisation multitâche complète, est compatible avec les modems 4G, avec les stylets, et se retrouve sur de nombreux produits différents du plus haut de gamme comme le Pixelbook au plus entrée de gamme comme les nombreux ordinateurs Acer ou Asus.

Crédit image : Chrome Unboxed

Que lui manque-t-il vraiment ? Une expérience plus cohérente, un produit phare et une poussée de Google. Pour l’expérience, il semble que les labos de Google s’activent : le Material Design 2 prévu pour Chrome concerne également Chrome OS, qui raffine sa présentation petit à petit et va privilégier les écrans tactiles. Le système d’exploitation ayant toujours évolué tranquillement dans son coin sans trop de couvertures médiatiques, rien n’empêche qu’une énorme surprise nous tombe sur le coin du nez.

Google a montré qu’il voulait interconnecter les téléphones Android et son dernier Google Pixel lors de la dernière Google I/O : que nous réserve-t-il pour celle de mai ? Dans tous les cas, ses services sont toujours plus connectés au web : Android Messages va par exemple bientôt profiter d’une interface web pour répondre à ses SMS. C’est là un mouvement global de l’industrie dont profite toujours plus Chrome OS, prouvant ce faisant à quel point il est bien placé pour l’avenir.

Google se tourne vers l’avenir

Une chose est sûre : en l’ayant laissé mijoter dans son coin, Google a peut-être rendu le plus grand service qu’il pouvait à Chrome OS. Aujourd’hui, l’OS semble être celui le plus à même de répondre rapidement au problème de la dualité présenté plus tôt. Pour ce qui est de créer un produit phare et fer de lance, le constructeur nous a prouvé avec la Google Pixel C et le Pixelbook qu’il était tout à fait capable de répondre présent.

Il ne lui manque donc plus qu’à raffiner son expérience et propulser enfin cette plateforme sur le devant de la scène. Alors que l’entreprise rêve de Fuchsia, Chrome OS pourrait bien être son meilleur laboratoire pour définir ce dont son futur OS multi-usage a besoin pour réussir.

Depuis quelques années, les marques de tout bord éduquent les utilisateurs à attendre la convergence de leurs appareils. Google est toutefois le seul en position d’y répondre pleinement, aussi bien sur le logiciel que le matériel.

Quand Microsoft est freiné par son passé et Apple redoute d’introduire le cannibalisme au sein de son écosystème, Chrome OS est exclusivement tourné vers un futur qui est de moins en moins incertain : celui de la connectivité permanente. Un futur qui semblait effectivement bien risible il y a 8 ans de cela, mais qui pourrait bien hanter les compétiteurs de Google lors des 8 prochaines années : le souffle de la révolution se lève.