Introduction

Le BlackBerry KEY2 reste fidèle à l’ADN de sa gamme et offre, sous son écran, un clavier physique. Reliquat d’une autre époque ou fonctionnalité indispensable ? Nous vous laisserons en juger après avoir lu notre test.

Fiche technique

Modèle BlackBerry Key2
Version de l'OS Android 8.1
Interface Blackberry 10
Taille d'écran 4,5 pouces
Définition 1620 x 1080 pixels
Densité de pixels 434 ppp
SoC Snapdragon 660 à 2,2GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 512
Mémoire vive (RAM) 6 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go, 128 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) Double capteur 12 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 2160
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + A2DP + LE
Réseaux GPRS, EDGE, LTE, HSPA
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 3500 mAh
Dimensions 151,4 x 71,8 x 8,5 mm
Poids 168 grammes
Couleurs Noir, Argent
Prix 620€
Fiche produit

Design unique, clavier physique

Le clavier physique a-t-il de l’avenir. « Oui ! », vous répondra Blackberry. Et le KEY2 se tient à cette conviction. Le dernier né de la marque canadienne (placée sous le giron du Chinois TCL) n’échappe pas à la règle. Sous l’écran, la mosaïque de lettres ne passe évidemment pas inaperçue.

Et avant de me lancer dans ma critique de ce design, j’aimerais simplement signaler quelque chose qui m’a frappé : la moitié de mon entourage a trouvé ce smartphone sublime, l’autre moitié n’ont absolument pas apprécié son esthétique. C’était vraiment du 50/50. Il faut avouer en tout cas qu’il se démarque clairement de tous les autres.

Il a la taille d’un grand téléphone comme le Mate 10 Pro (6 pouces), mais son écran est beaucoup plus petit puisque près d’un quart de la surface avant est occupée par les touches du clavier physique. Ce dernier est d’ailleurs séparé de la zone d’affichage par des touches capacitives. Les contours de l’écran sont, d’ailleurs, assez épais.

N’étant pas du tout adepte du clavier physique, je n’ai sans doute pas apprécié à sa juste valeur le design de l’appareil, mais il faut admettre qu’il dégage un air « professionnel ». Pour l’exprimer plus clairement, on sent tout de suite que l’on a affaire à un smartphone destiné aux personnes qui ont besoin d’un outil de travail complet dans leur poche. Rien d’illogique donc à ne pas voir un BlackBerry KEY2 ultra clinquant.

Revenons-en au clavier. Ce dernier n’est, en soi, pas désagréable à utiliser. Le toucher et la visibilité des lettres sont très bien soignés, mais si vous préférez les claviers logiciels, celui-ci ne vous conviendra pas. On ne peut pas profiter du swype et surtout — ce qui m’a le plus manqué sur le KEY2 — d’un accès facile au pavé numérique. Sur ce smartphone, pour entrer un chiffre, il faut appuyer sur la touche ALT avant le numéro (on peut aussi rester appuyé tout en entrant les chiffres). Il faut donc forcément se servir des deux mains pour cela, ou alors perdre du temps en n’en utilisant qu’une.

Il est également possible de faire apparaître un clavier logiciel en restant appuyer sur la touche « sym » (surtout pour les caractères spéciaux), mais cela parait particulièrement redondant. Le pavé physique sert également de trackpad. La première impression est très particulière, voire inconfortable, puis ensuite on s’y habitue. Toutefois, on aura toujours tendance à scroller avec le doigt directement posé sur l’écran, car c’est plus intuitif.

La barre d’espace sert aussi de lecteur d’empreintes et fonctionne correctement. À l’arrière, on trouve une sorte de caoutchouc cranté. La sensation n’est pas désagréable et le travail sur le matériau permet notamment au téléphone de ne pas glisser. Le dos uni est floqué d’un gros logo BlackBerry en aluminium et d’un double appareil photo en haut à gauche disposé à l’horizontale.

Le smartphone plaît en main, malgré une première impression de grosseur que l’on peut avoir. Les boutons d’allumage et de volume sont sur la tranche droite, au-dessus d’un bouton de raccourci. La prise jack est située sur le dessus, à l’inverse du port USB-C, en bas, entre deux grilles de haut-parleurs (seule celle de droite émet du son).

Écran petit, mais de qualité

Sur le grand BlackBerry KEY2, on trouve un petit écran de 4,5 pouces au ratio 3:2 particulier, voire déstabilisant. Une fois cette impression passée, on peut apprécier la définition Full HD — qui se traduit ici par 1620 x 1080 pixels — de celui-ci. On remarque vite que le rouge ne s’affirme pas assez face au bleu très dominant. Sans être particulièrement gênant, cela engendre des couleurs qui manquent un peu de naturel. Il est possible de changer très légèrement ce détail, sans résultat particulièrement convaincant.

En plein soleil, il faudra un tout petit peu rapprocher l’écran de vos yeux pour voir ce qu’il affiche. Notre sonde indique d’ailleurs une luminosité maximale de 441 cd/m² ce qui est plus qu’honorable. La température des couleurs avoisine les 7500K ce qui est très correct, même si un peu plus de chaleur n’aurait pas été de refus. Enfin, le contraste est excellent avec un rapport de 1449:1.

Le clavier, ce raccourci

Android 8.1 Oreo au programme avec une interface maison qui, au premier abord, est quasi imperceptible. Puis on aperçoit quelques applications de BlackBerry, avec DTEK pour la sécurité et BBM pour le… euh… pour les gens qui y sont encore. Sur la troisième page de l’accueil (vers la droite), plusieurs applications sont alignées pour augmenter votre productivité avec un bloc-note, une To-Do List (rien d’incroyable, on s’entend).

Autre touche BlackBerryesque : le hub que l’on fait apparaître en tirant la languette sur le bord gauche de l’écran d’accueil. Ce centre d’activité (je n’ai hélas pas trouvé de meilleure manière de décrire cette option en français) regroupe une vue sur votre agenda, vos messages, vos contacts et quelques widgets pour avoir la météo et les dernières actualités par exemple. Encore une fois, l’accent est mis sur l’optimisation de la productivité de l’utilisateur lorsqu’il travaille.

En parlant de widget, notez qu’il est possible d’en paramétrer simplement en posant le doigt sur une icône d’application avant de le glisser vers le haut. Cela ne fonctionne toutefois pas avec toutes les apps.

Le clavier permet également de profiter de raccourcis. Vous avez une application pour paramétrer quelle touche doit lancer quel service en fonction d’un appui court ou long. Vous pouvez également faire ce genre de réglages en appuyant sur la touche speed key composé de neuf points formant un carré. Une fois que l’on a pris la main, c’est assez pratique. Ainsi alors que je naviguais sur Chrome, je pouvais passer directement à l’appareil photo en restant appuyer sur cette fameuse touche puis en tapant A.

Enfin, l’interface du multitâches est particulière, puisque les rectangles des applications ouvertes s’affichent comme une mosaïque qui rappelle (un peu) l’organisation graphique des Windows Phone (mais cela est paramétrable dans les options du téléphone). Pour résumer, on a donc droit à une expérience Android faussement épurée offrant de nombreuses personnalisations. Le gros bémol concerne la vidéo. Regarder la dernière création de son YouTubeur préféré à l’horizontale n’est vraiment pas agréable.

Le clavier physique décale la vidéo et en plus, celle-ci est encadrée par de grosses bordures noires. Notamment au niveau des boutons capacitifs qui deviennent invisibles, certes, mais ne peuvent, de fait, pas libérer de l’espace à la vidéo. Les contenus 16:9 et 18:9 ne passent pas bien sur l’écran 3:2.

Photo : trop de lacunes

Deux capteurs photo de 12 mégapixels sont présents à l’arrière du téléphone pour réaliser vos clichés. L’objectif principal ouvre à f/1,8, tandis que le second, un téléobjectif offrant un zoom optique x2, se contente d’une ouverture à f/2,6.

Quand toutes les bonnes conditions sont rassemblées, le BlackBerry KEY2 sait prendre de jolies photos avec des couleurs qui ressortent très bien grâce à un bon contraste.

Malheureusement, dès que la dynamique de l’image devient un peu trop forte, le ciel crame totalement ou la scène est trop sous-exposée.

En intérieur, le piqué en prend pour son grade. Les éléments photographiés sont trop « mous » à cause d’un manque de netteté.

La nuit, le téléphone alterne entre le correct et le moins bien. Il est capable de s’en sortir assez bien dans quelques situations, malgré la hausse drastique du bruit dans l’image.

Par contre, à de trop nombreuses reprises, il se comporte trop étrangement et la même scène prise en photo deux fois de suite peut changer du tout au tout en termes de couleurs et d’exposition alors que je n’ai presque pas changé de position lors de la prise de vue.

Le téléobjectif est intéressant à utiliser pour préserver un bon niveau de détails sur des objets pris en photo de loin.

Combinés, les deux capteurs permettent de réaliser de jolis portraits (avec un flou en arrière-plan) quand les conditions le permettent.

Le capteur frontal offre des selfies pas folichons, qui manquent d’ailleurs de netteté en faible luminosité. Pour la vidéo, vous pouvez filmer jusqu’à 60 FPS en 1080p. Il existe aussi un mode ralenti très gadget.

Performances en demi-teintes

Le BlackBerry KEY2 ne vise pas le top du top en termes de performances. Son Snapdragon 660 reste toutefois très satisfaisant dans la très grande majorité des usages. Du moins, si vous l’utilisez vraiment à des fins professionnelles, dans une optique de productivité, il ne déçoit pas du tout.

Néanmoins, difficile d’oublier que le BlackBerry KEY2 est vendu à presque 650 euros et que, pour ce prix, les utilisateurs sont en droit d’attendre une puce plus puissante. En termes de performances, le téléphone s’en sort bien sur Arena of Valor avec tous les graphismes poussés à fond. Le nombre d’images par seconde reste bien stable autour de 60 FPS et descend à 56 FPS pendant les échauffourées les plus animées.

Il rencontre un peu plus de difficulté sur un jeu comme PUBG avec les réglages graphiques à fond. La partie reste tout à fait jouable, mais il faut composer avec quelques sautes — très courtes à chaque fois, mais fréquentes. Pour viser un ennemi, c’est handicapant. Le BlackBerry KEY2 se comporte mieux avec des réglages moyens ceci dit, c’est beaucoup plus fluide.

 BlackBerry KEY2Oppo R15 ProNokia 7 PlusOnePlus 6
SoCSnapdragon 660Snapdragon 660Snapdragon 660Snapdragon 845
AnTuTu 7139 437147 792140 565267 316
PCMark 2.06 3248 3996 1328 233
3DMark Sling Shot Extreme1 2201 3531 3304 668
3DMark SSE (Graphics)1 0651 1831 1595 204
3DMark SSE (Physics)2 4892 7162 7543 430
GFX Bench Car Chase (onscreen/offscreen)9 / 7,4 FPS9 / 9 FPS8,6 / 9,0 FPS32 / 35 FPS
GFX Bench Manhattan (onscreen/offscreen)19 / 17 FPS22 / 22 FPS21 / 23 FPS58 / 71 FPS
Lecture / écriture séquentielle273 / 206 Mo/s301 / 195 Mo/s277 / 212 Mo/s718 / 154 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire 13,4k / 4,5k IOPS21k / 16,8k IOPS14,4K / 4,6K IOPS35,9k / 5,6k IOPS

Dans le tableau ci-dessus, on peut voir que le Nokia 7 Plus, à moins de 400 euros, offre des performances très similaires. Mais surtout, si vous cherchez un smartphone très puissant, un appareil comme le OnePlus 6 vous siéra bien mieux et pour moins cher.

Notons enfin que le BlackBerry KEY2 chauffe un peu quand il est poussé dans ses retranchements. C’est assez localisé et les doigts ne risquent aucune brûlure.

Autonomie mon amour

La batterie de 3 500 mAh du BlackBerry KEY2 fait très bien son travail et tient parfaitement jusqu’au lendemain midi en utilisation poussée. En cela, il est très utile pour les personnes qui utilisent beaucoup leurs smartphones lors d’une journée de travail bien remplie. L’appareil a quelque chose de rassurant et fiable.

La diagonale assez petite de l’écran permet ainsi d’économiser quelques précieux pourcentages d’énergie et la consommation du clavier physique semble bien maîtrisée.

En enchaînant deux parties d’Arena of Valor, puis de PUBG, l’appareil a perdu près de 20 % de batterie, un résultat impressionnant au vu des ressources assez importantes exploitées par ces deux tâches pendant environ 30 minutes. Sur une vidéo YouTube d’une heure, l’icône de la pile ne se vide que de 5 à 6 %, ce qui est tout bonnement excellent.

Sur notre protocole de test ViSer, le téléphone a tenu plus de 9 heures et 40 minutes, ce qui vient confirmer les impressions exprimées ci-dessus, car ce score se range confortablement au-dessus de la moyenne.

Du côté de la recharge, celle-ci est efficace et permet de passer de 20 à 60 % de batterie en 30 minutes, puis d’arriver à 91 % avec une demi-heure supplémentaire.

Réseau et communication

Le BlackBerry n’a jamais rencontré le moindre souci pour capter le réseau 4G d’Orange (je suis resté en région parisienne tout le long de ce test). Il est d’ailleurs compatible avec toutes les bandes de fréquence, vous serez tranquille de ce côté. Le GPS a toujours su me mener à bon port, sans jamais faillir à me géolocaliser avec précision.

Enfin, en ce qui concerne les appels, le bruit ambiant n’a jamais couvert le son de ma voix, mais mes interlocuteurs m’ont signalé que celle-ci avait un timbre qui manquait de naturel lors de nos conversations. Le téléphone semble opérer une sorte de traitement audio qui n’est pas du goût de tous.

Prix et disponibilité

Le BlackBerry est disponible au prix de 650 euros.

À lire sur FrAndroid : BlackBerry ou BlackBerry ? Pour elle, le clavier physique est une obligation

Test BlackBerry KEY2 Le verdict

design
7
Il faut aimer les claviers physiques pour aimer le BlackBerry KEY2. Il s'agit vraiment d'une condition sinéquanone car il faut sacrifier des avantages importants des claviers logiciels. Mis à part cela, le design est bien maîtrisé, sans folie. On regrette la présence de boutons capacitifs qui viennent réduire la taille de l'écran. La zone d'affichage souffre d'ailleurs de bordures bien épaisses.
écran
8
L'écran souffre surtout de sa petite taille. Si on arrive à faire fi de ce détail, il est vraiment très appréciable malgré un bleu un peu trop présent.
logiciel
8
L'esprit Android est parfaitement respecté tout en apportant une interface maison par dessus avec des options intéressantes pour la productivité, notamment tous les raccourcis claviers bien pratiques (pour peu que l'on arrive à s'adapter audit clavier physique). Gros problème : le multimédia, mais le téléphone n'est clairement pas pensé pour la vidéo ou les jeux.
caméra
6
Le double appareil photo est capable d'offrir de jolies images, mais il est facilement mis en difficulté et quand vient la nuit, il se comporte de manière beaucoup trop imprévisible.
performances
7
Rien d'incroyable en termes de performances, mais le smartphone assume parfaitement son rôle d'outil de travail efficace. Ce sera sur les jeux les plus gourmands qu'il montera des signes de faiblesses. Pas de surprises, donc, du côté du Snapdragon 660.
autonomie
9
Le smartphone ne déçoit pas en termes d'autonomie. Il est très convaincant et permet de tenir facilement plus d'une journée et demie même en l'utilisant de manière poussée.
Note finale du test 7/10
Le BlackBerry KEY2 est un smartphone très atypique qui se doit d'exister, car il s'adresse à public bien particulier. Il s'agit clairement d'une niche, mais la marque assume pleinement son choix et sacrifie un peu de sa qualité photo et de sa puissance pour offrir un appareil fiable en termes d'autonomie et très axé sur la productivité.

Le clavier physique repoussera la plupart des utilisateurs, mais il conviendra parfaitement à tous ceux qui, au contraire, en souhaitent un. Grâce aux raccourcis paramétrables et à quelques options de l'interface, ce smartphone reste très intéressant. On ne peut toutefois pas s'empêcher de regretter la mauvaise adaptation aux vidéos à l'horizontale et son prix bien trop élevé par rapport à l'expérience proposée.

N'hésitez donc pas à vous tourner vers son prédécesseur, le KEYone, assez similaire, mais aujourd'hui bien plus abordable.
  • Points positifs
    • Clavier soigné
    • Des raccourcis bien pensés
    • Bonne qualité d'écran
    • Grosse autonomie
  • Points négatifs
    • Écran un peu trop petit et au ratio étrange
    • Mal adapté aux contenus vidéos
    • Qualité photo trop moyenne
    • Prix élevé