La fuite des emails et des données de Sony n’ont pas seulement permis de connaître quelques détails croustillants sur les coulisses d’Hollywood et les relations parfois tendues entre les studios et les stars de cinéma. Ils ont également permis de mettre à jour Project Goliath, un plan d’attaque conjoint entre différents studios de cinéma contre Google. L’objectif : forcer Google à ne plus référencer des liens vers les sites pirates.

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Project Goliath : forcer Google à retirer rapidement des liens vers des sites pirates

On ne vous présente pas le récent leak des données internes de Sony Pictures qui ont mis le feu à Internet ces dernières semaines. Nos confrères s’en sont très bien chargés. Parmi les téra-octets de données mis en lignes, de nombreux emails ont été analysés par les médias américains. Et The Verge a justement réussi à mettre la main sur une correspondance entre Sony Pictures, la branche cinéma de Sony et une association d’autres studios de cinéma qui portait sur des mesures à prendre à l’encontre d’un mystérieux Goliath. Il fait peu de doutes, selon The Verge, que ce Goliath n’est autre que Google. Et l’étude des différents documents mis en ligne semble le confirmer.

Rappelons un peu le contexte tout d’abord. Depuis le début de l’année, Sony Pictures, Universal, Sony, Fox, Paramount, Warner Bros., Disney et la MPAA (la société qui défend les intérêts des studios de cinéma) ont mis en place un budget commun afin de lutter contre les sites de piratages. Un budget qui a permis de bloquer de nombreux sites pirates, que ce soit des sites de streaming, des sites de torrent ou même des sites de téléchargement en lien direct, voire épingler des chaînes de télévision qui auraient oublié de payer des droits. En somme, des actions que les studios peuvent réaliser directement et qui permettent des résultats rapides. Il restait toutefois un dernier problème de taille : comment bloquer les liens vers des sites de téléchargement pirate sur les moteurs de recherche ? Et c’est là qu’entre en jeu le Project Goliath.

Ce projet vise donc à faire plier « Goliath » afin qu’il déréférence ou efface des liens vers les sites pirates. Pour obliger Google à répondre favorablement et rapidement aux demandes des studios, deux stratégies ont été mises en place. La première passe par la voie légale. Les studios ont ainsi alloué un budget de 500 000 dollars par an afin de convaincre les procureurs américains de prendre parti pour eux. La seconde consiste à rechercher des preuves prouvant la culpabilité de Google afin de permettre aux procureurs d’engager des actions concrètes. Un budget de 70 000 dollars par an a ainsi été alloué à cette recherche de preuves. Si l’on en croit les différents emails, ces budgets devraient être réalloués l’année prochaine.

Des relations tendues entre Google et les studios de cinéma hollywoodiens

Dans tous les cas, les studios Hollywoodiens pensent que Google/Goliath n’est pas assez rapide et ne fait pas assez d’efforts pour mettre à mal les sites de piratages. Pourtant, en octobre dernier, Google avait corrigé l’algorithme de son moteur de recherche afin de réduire le trafic vers les sites de liens pirates. La MPAA avait alors réagi en publiant un communiqué de presse indiquant que l’association était heureuse que Google reconnaisse enfin son rôle de facilitateur dans l’accès aux contenus piratés. Une déclaration que n’a pas du tout appréciée Google, qui a jugé être allé « au-delà de ce qu’exige la loi » et qui a décidé de rompre tout contact avec la MPAA et les studios hollywoodiens. On ne sait pas, depuis, où en sont les relations entre les deux entités.