Nous avons aujourd’hui assisté à une démonstration 5G de la part d’Orange, en collaboration avec l’équipementier Ericsson. Pour faire court, nous avons pu assister à un lien à 15 Gbps entre une antenne et un récepteur situés à quelques mètres l’un de l’autre. A titre de comparaison, la 4G peine à atteindre les 600 Mbps. L’avenir des télécoms passera bel et bien par la 5G.

Premier contact avec la 5G

Orange et Ericsson, déjà partenaires sur le domaine de la voiture connecté en 5G ont souhaité passer à l’étape supérieure, après avoir communiqué sur les apports théoriques de la 5G. L’opérateur avait ainsi convié la presse dans ses locaux afin d’avoir un aperçu concret des avantages de la technologie. L’opérateur nous a ainsi notamment présenté des scénarios d’utilisation de la technologie, que nous avions pu apercevoir il y a quelques semaines.

La vraie nouveauté se situait cependant dans une autre pièce. On ainsi a eu le droit à une première, assister à une transmission de données en 5G. Aucun matériel n’est commercialisé pour le moment, tant au niveau du matériel réseau, que des smartphones. Orange et Ericsson sont partenaires sur la 5G depuis l’année dernière. Ils nous ont montrés, à l’aide de prototype d’antenne 5G ainsi que de récepteur, une première ébauche ce à quoi devrait ressembler une liaison 5G.

Afin de montrer ces nouvelles fréquences sans subir d’interférences, et sans en dégager, on a ainsi pu rentrer à l’intérieur d’une chambre anéchoïque. Il s’agit d’un endroit un peu spécial, utilisé par de nombreux laboratoires dans le monde de la recherche. Il s’agit de créer une salle capable d’absorber les ondes, sonores ou bien électromagnétiques.

Cela permet donc de tester de nouveaux matériels, en éliminant au maximum les possibilités d’interférence. De plus, cela permet aussi à l’opérateur de rester dans le cadre de l’expérimentation en laboratoire et donc ne pas avoir besoin de demander une licence spéciale auprès de l’ANFR.

Un véritable prototype de 5G

Et quand nous vous parlons de prototype, le mot est faible. Pour le moment, la partie récepteur, qui devrait être intégré dans un smartphone dans les prochains mois et années est encore en plein développement par Ericsson. Le prototype illustré dans la vidéo ci-dessous prend donc le rôle du smartphone. Heureusement, ce n’est qu’un prototype de récepteur 5G. Il va donc bien sûr être miniaturisé pour pouvoir rentrer dans un smartphone. Précisons que Qualcomm prépare déjà son modem 5G, répondant au nom de Snapdragon X50.

Des centaines d’antennes !

Un petit mot sur la configuration qui nous était présentée. Le prototype d’antenne 5G que nous avons pu voir est composé de ce qu’on appelle des cellules, ou des antennes. La taille de ces cellules est conditionnée par les fréquences sur lesquelles elles opèrent. Avec l’utilisation de bandes de fréquences supérieures, les ondes dites « centimétriques » et « millimétriques » (de 3 à 30 GHz et 30 à 300 GHz) permettent d’avoir des cellules plus petites. En effet, plus on vise des ondes hautes, plus les cellules qui constitueront l’antenne sont petites.

Très concrètement par rapport aux antennes actuelles, cela permet de disposer de bien plus de cellules au sein d’une même antenne. Nous vous parlions il y a quelques mois de la saturation des cellules dans les antennes 4G. Dans ce nouveau type d’antennes, on peut disposer de 128 cellules dans le cas d’une antenne pour la partie ouverte sur la gauche illustrée ci-dessous. Cela permet donc d’arriver à 256 cellules par site contre quelques cellules au mieux pour un site 4G.

C’est là une des clés pour arriver à servir un grand nombre d’utilisateurs. En effet, ces cellules en plus d’être plus petites, permettent aussi une meilleure direction du signal, pour servir plus précisément des appareils, plutôt que d’arroser une zone. Dans une démonstration, avec le récepteur pourtant à seulement quelques mètres, on pouvait voir que le signal capté était émis par différentes cellules comme illustrées ci-dessous.

Bien sûr, pour le moment ce test est réalisé dans des conditions optimales. Cependant, d’autres techniques devraient permettre d’assurer une très bonne qualité de service aux utilisateurs. On aura sûrement l’occasion de vous en reparler. Cette démonstration de la part d’Orange a également été l’occasion de discuter un peu du réseau actuel d’Orange, en 4G.

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La 4G continue d’avancer

Les réseaux 5G commerciaux n’arriveront pas avant 2020. Orange continue donc d’améliorer son réseau 4G, à la fois au niveau couverture ainsi qu’au niveau de la qualité de service de l’opérateur.

Orange couvre ainsi maintenant 88 % de la population. Il a également rappelé qu’il était le premier opérateur pour sa qualité de service selon l’ARCEP. En outre, l’opérateur est engagé dans une opération d’envergure quant à sa couverture 4G. Il s’est ainsi engagé à couvrir 5 millions d’habitants dans les zones rurales d’ici la mi-2017.

L’opérateur ne fait pas dans la 4G « UHD ». Cependant après les 7 premières villes annoncées couvertes en 4G à 300 Mbps, il ne devrait pas tarder à ajouter de nouvelles métropoles.

Enfin, concernant le très haut débit fixe, l’opérateur a confirmé vouloir continuer à déployer de la fibre. Mais ce ne sera pas le seul moyen d’apporter le très haut débit dans les zones rurales. En effet, déjà en cours d’expérimentation, Orange pourrait bientôt généraliser des offres 4G fixe, à la manière de ce que Bouygues à récemment annoncé.

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