En attendant la commercialisation du Galaxy S7 et du Galaxy S7 edge, nous avons profité du MWC 2016 pour nous rendre sur le stand de Samsung afin de pousser le smartphone dans ses derniers retranchements. Nous avons lancé une série de benchmarks sur le Galaxy S7 équipé de son Exynos 8890. Que donne-t-il face au Snapdragon 820 ? Réponse en graphiques.

Samsung Galaxy S7 (2 sur 2)

Les Galaxy S7 et S7 edge de Samsung se retrouveront avec deux SoC différents, selon les régions. En Europe, nous aurons le droit à l’Exynos 8890, la puce maison de Samsung alors qu’en Chine et aux États-Unis, ce sera le Snapdragon 820 de Qualcomm qui sera intégré au nouveau smartphone du géant coréen. Aucun benchmark n’a pu être lancé sur le Galaxy S7 équipé d’un Snapdragon 820 puisqu’ils plantaient et refusaient de se terminer. En revanche, nous avons pu prendre en main la version équipée de l’Exynos 8890 dévoilé en novembre dernier, afin de tester ses performances.

 

4 vs 8 cœurs

Avant de passer aux benchmarks, jetons un œil aux forces en présence. Pour son Snapdragon 820, Qualcomm a pris le parti d’intégrer « seulement » quatre cœurs : deux cœurs Kryo hautes performances capables d’être cadencés à 2,15 GHz et deux autres cœurs Kryo basses performances qui se limitent à 1,6 GHz. Une stratégie un peu plus en phase avec les propos de l’entreprise puisqu’en 2013, Qualcomm se moquait des concurrents qui développaient des processeurs octo-core.

Avec son Exynos 8890, Samsung poursuit cette voie de la multiplication des cœurs, puisqu’on trouve au total huit cœurs : quatre Exynos M1 de conception maison et quatre Cortex-A53 de chez ARM cadencés à 1,6 GHz. La fréquence de fonctionnement des cœurs M1 est assez particulière puisqu’ils sont capables d’atteindre 2,6 GHz (moins que les 2,7 GHz du Snapdragon 805) à deux, mais réduisent leur vitesse à 2,3 GHz lorsqu’ils sont 3 ou 4 cœurs actifs.

SoCQualcomm Snapdragon 820Samsung Exynos 8890
CPU2 x Kryo @ 2,15 GHz
2 x Kryo @ 1,6 GHz
4 x Cortex-A53 @ 1,6 GHz
4 x Exynos M1 @ 2,3 - 2,6 GHz
GPUAdreno 530 @ 624 MHzMali-T880 MP12 @ 650 MHz
RAMLPDDR4 @ 1800 MHz (28,8 Go/s)LPDDR4 @ 1800 MHz (28,8 Go/s)
Gravure14LPP (Samsung)14LPP (Samsung)

Du côté du GPU, l’Adreno 530 du Snapdragon 820 supporte Open GL ES 3.2, Android Extension Pack ainsi que la nouvelle API graphique Vulkan 1.0. Le Mali-T880 de l’Exynos 8890 dispose de 12 unités d’exécutions (MP12), et il est également compatible avec les mêmes API graphiques que l’Adreno 530. La fréquence de fonctionnement maximale des deux puces est à peu près identique : 624 MHz pour le GPU de Qualcomm contre 650 MHz pour la puce graphique de Samsung.

A lire : MWC 2016 : Samsung montre les pouvoirs de Vulkan sur le Galaxy S7

Les deux SoC sont gravés avec la même finesse de gravure : 14 nm de chez Samsung, et plus exactement le procédé 14LPP, plus efficace que le 14LPE utilisé pour l’Exynos 7420. Ce nouveau procédé est censé permettre d’augmenter les performances de 10 % pour une même consommation. Découvrons les performances du Galaxy S7 face au MDP 820 dans différents benchmarks.

 

Galaxy S7 vs MDP 820

Pour les comparaisons entre l’Exynos 8890 et le Snapdragon 820, nous utiliserons donc le terminal de développement Qualcomm sur lequel nous avions fait de nombreuses mesures en décembre dernier. Des résultats à prendre avec des pincettes, d’un côté de comme de l’autre, puisque la ROM utilisée par Qualcomm était avant tout développée pour maximiser les performances, et il est probable que Samsung ait procédé de la même manière sur ses terminaux de démonstration.

 Qualcomm MDP 820Samsung Galaxy S7 (Exynos 8890)Samsung Galaxy S6
3DMark Ice Storm Unlimited
24 853 points24 046 points22 265 points
3DMark Ice Storm Unlimited (GPU)31 415 points30 828 points23 630 points
3DMark Ice Storm Unlimited (CPU)14 357 points13 586 points18 521 points
GFX Bench
(T-Rex 1080p offscreen / onscreen)
91 / 56 FPS86 / 53 FPS47 / 19 FPS
GFX Bench
(Manhattan 1080p offscreen / onscreen)
48 / 26 FPS41 / 26 FPS23 / 7 FPS
GFX Bench
(Car Chase 1080p offscreen)
18 FPS15 FPS9 FPS

Comme on peut le voir, les performances des deux terminaux sont assez proches, surtout dans le domaine de la puissance du processeur, comme l’indique le test physique de 3DMark. Malgré la présence de seulement quatre cœurs, cadencés à une fréquence inférieure à ceux de l’Exynos 8890, le Snapdragon 820 parvient à distiller des performances identiques. Il semble donc que les cœurs Kryo bénéficient d’un excellent IPC, c’est-à-dire le nombre d’instructions qu’ils sont capables de traiter en un cycle d’horloge.

3DMark
  • Galaxy S7 : 24046
  • MDP 820 : 24853
  • Galaxy S6 : 22265

Dans le domaine des performances graphiques,, il existe un écart qui n’est pas négligeable, en faveur du Snapdragon 820, et qui se creuse au fur et à mesure que la complexité du benchmark 3D augmente. Ainsi, sur la scène T-Rex de GFXBench qui fait appel à l’API graphique Open GL ES 2.0, la différence entre les deux terminaux est quasiment insignifiante, à 6 % près. Sur Manhattan qui sollicite Open GL ES en version 3.0, la différence est plus visible : 17 % en  faveur du Snapdragon 820. Enfin, sur le nouveau benchmark Car Chase qui utilise Open GL ES 3.2 et l’Android Extension Pack, la différence atteint 20 %.

 

Les performances pratiques

Nous rappelons que l’ensemble de ces résultats doit être pris avec des pincettes, puisqu’il s’agit encore de prototypes, encore plus dans le cas du MDP 820 – une plateforme de développement épaisse et lourde. Il faudra donc vérifier le comportement de l’Exynos 8890 sur les appareils commercialisés et ceux du Snapdragon 820 intégré dans un véritable smartphone, avec une contrainte thermique plus élevée, mais surtout en dehors des benchmarks.

La tenue des performances réclamera une attention particulière lors de sessions un peu longues de jeu, supérieures à 10 minutes. Sur le Galaxy Note 4, la version dotée d’un Exynos faisait était en largement plus performante sous Real Racing 3 que la version dotée d’un Snapdragon 805, alors que les benchmarks les plaçaient au coude à coude. Il faudra également vérifier les différences de performances entre les Galaxy S7 et S7 edge, puisque le plus grand châssis de ce dernier pourrait avoir un impact positif sur le refroidissement du SoC et donc sur les performances.

Samsung Galaxy S7 (1 sur 2)

 

Qualcomm et Samsung : un duo gagnant-gagnant ?

Pour le Galaxy S6, Samsung avait pris la (sage) décision de se passer de Qualcomm et de son Snapdragon 810 à problèmes pour se focaliser sur l’excellent Exynos 7420. Côté Galaxy S5, la variante Exynos se trouvait uniquement en Asie, alors que la variante en Snapdragon était distribuée pour le reste du monde. Le Galaxy S7 inaugure une nouvelle distribution et on peut naturellement s’interroger sur ce changement de stratégie et le retour au double approvisionnement. Plusieurs scénarios sont envisageables.

Snapdragon 820 MDP (1 sur 2)

Tout d’abord, on peut voir dans ce double approvisionnement un signe fort des bonnes performances du Snapdragon 820 qui ont redonné confiance à Samsung, alors que le Snapdragon 810 était trop faible face à l’Exynos 7420. On peut aussi imaginer un autre scénario dans lequel Qualcomm aurait accepté de faire graver ses puces chez Samsung – qui a besoin de ce juteux contrat, surtout si Apple passe exclusivement par TSMC pour son futur SoC A10 – uniquement si le géant coréen acceptait d’intégrer quelques Snapdragon 820 dans son Galaxy S7, afin de redonner confiance dans le géant de San Diego.

A lire : Prise en main du Galaxy S7 de Samsung