Après les fulgurantes baisses de prix des forfaits téléphoniques qui ont suivi l’arrivée de Free sur le marché, les opérateurs se battent désormais à grand coup d’offres promotionnelles temporaires. Stéphane Richard, PDG d’Orange, possède pour sa part une vision légèrement différente…

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En janvier 2012, le marché des télécoms a connu un total renouveau avec l’arrivée de Free Mobile qui a drastiquement tiré le prix des forfaits vers le bas. Aujourd’hui, les autres opérateurs ont été obligés de s’aligner, et redoublent désormais d’efforts pour attirer de nouveaux abonnés sous leur giron. Alors que les prix semblent avoir atteint leur seuil minimal, les nouveaux arguments de vente reposent sur diverses promotions limitées dans le temps, à l’instar des « Journées Guerrières » de SFR par exemple. Pour Stéphane Richard, PDG d’Orange, ce n’est pas la solution.

Dans une interview accordée au journal Les Échos, l’homme d’affaires s’est exprimé sur le marché des télécoms, affirmant ne pas vouloir « participer à cette surenchère ». Pour lui, il est possible de « gagner des clients dans le fixe comme dans le mobile sans massacrer les prix », en misant avant tout sur la qualité du réseau et du service.

Un choix qui satisfait tout le monde

En procédant de la sorte, Orange cherche à séduire une vaste clientèle, toujours plus nombreux à souscrire (profitant en ce moment de l’exode des clients de Numéricable-SFR). Et si depuis 2012 les télécoms ont rendu plus de 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux Français, le premier opérateur français se porte bien et confirme sa bonne santé en précisant que grâce à la fibre et à la 4G, il arrive à augmenter ses revenus par abonnés (le célèbre ARPU) de 3 euros dans le mobile et 5 euros dans le fixe.

Cela passe aussi par une réduction des coûts de fonctionnement, sans coupes rases toutefois. En 2014, Orange a ainsi réduit ses coûts d’un milliard d’euros en ne remplaçant pas les départs en retraite.

Vers une consolidation du marché

Depuis plusieurs mois, il est question d’une possible consolidation du marché à base de rapprochement des différents acteurs. Selon Stéphane Richard, celle-ci n’est plus à l’ordre du jour en France, bien que tous les autres pays européens aient amorcé ce virage. Néanmoins, l’idée pour « resurgir l’an prochain, après la vente des nouvelles fréquences pour la 4G ». Bien sûr, ce n’est là qu’une étape à franchir avant de passer à une consolidation plus globale, à l’échelle européenne. Un marché unique que Stéphane Richard « appelle de [ses] vœux » afin de ne plus « jouer sur des marchés nationaux quand les géants du Web jouent sur une scène mondiale ».