Vous connaissez le GPS, d’origine américaine. Galileo, européen. GLONASS, russe. Voici Beidou, le système de positionnement par satellite chinois.

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Pour mettre au point un système de positionnement par satellite, ce n’est pas très compliqué. Envoyez entre une vingtaine de satellites dans l’espace, construisez des stations de contrôle au sol et mettez au point des normes pour permettre à des utilisateurs de réceptionner les signaux émis par les satellites. Comptez quelques milliards d’euros d’investissement. Evidemment, le système de positionnement est stratégique pour les principales puissances économiques. Jusqu’à aujourd’hui, les grandes armées possédaient des systèmes autonomes et propriétaires. Côté grand public (civil), le GPS américain avait rapidement été intégré dans la très grande majorité des appareils qui nécessitaient un usage de géo-localisation. 

Depuis quelques années, les gouvernements ont décidé de commercialiser auprès du grand public (pour des applications civiles) leur technologie de géo-localisation pour diminuer leur coût de maintenance et de mise en place (mais également assurer une certaine indépendance vis-à-vis des technologies étrangères). C’est ainsi que la Russie a lancé GLONASS début 2011. Pour accélérer sa mise en place, le gouvernement russe a même décidé d’appliquer un malus à tous les appareils vendus avec GPS mais sans GLONASS. L’iPhone 5, le Galaxy S3 ou encore le Nexus 4 sont donc compatibles avec le GPS et le GLONASS, ce qui permet d’améliorer les performances en vitesse et précision (de la géo-localisation).

La Chine, seconde puissance économique mondiale, a désormais son système de positionnement maison : Beidou (à ne pas confondre avec Baidu, le moteur de recherche chinois – qui appartient également au gouvernement chinois). Réservé jusqu’à maintenant à l’armée, Beidou fonctionne grâce à seize satellites. Ran Chengqi, porte-parole du China Satellite Navigation Office, assure que les performances sont similaires au GPS. En réalité, Beidou offre une précision de 10 mètres, contre 2 mètres pour le GPS (et environ 5 mètres pour GLONASS actuellement).

A titre de comparaison, le système GLONASS fonctionne avec 24 satellites et couvre 100% de la surface terrestre, le GPS fonctionne avec 30 satellites NAVSTAR. Tandis que Galileo (30 satellites) est en cours de mise en place, il faudra attendre environ 2019-2020 pour sa commercialisation. Néanmoins, Galileo est le seul système de positionnement par satellite sous contrôle strictement civil.

Bref, Beidou est un projet ambitieux qui devrait équiper 70% des appareils de géo-localisation en 2020 – pour un marché d’environ 60 milliards d’euros. Cela permettra d’investir davantage dans cette technologie et de lancer de nouveaux satellites pour accroitre ses performances.

Voilà comment la Chine prépare (tranquillement) son prochain rôle : première puissance économique mondiale.

Source : LeFigaro