Après une suite de retards, voici enfin le maillage de satellites européens dans les airs. Avec la promesse d’une précision supérieure et… 20 ans après, l’affranchissement du système GPS américain. L’Europe avait déjà les fusées Ariane et les avions Airbus, voilà donc le tour des satellites de navigation Galileo. Le tour du sujet en 3 questions : qu’est-ce que c’est, quels sont les avantages et quels sont les smartphones compatibles ?

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Galileo : qu’est-ce que c’est ?

Galileo, c’est d’abord pour l’Europe le moyen de s’affranchir du réseau GPS américain, en position ultra dominante sur la localisation par satellite, tandis que les Chinois (avec Beidou) et les Russes (avec Glonass) ont aussi leur solution. Autre atout, c’est un système civil, et non militaire

La couverture n’est bien sûr pas qu’européenne, mais globale. Heureusement, le système est compatible avec les autres pour compléter la précision des infos en cas de besoin. Et comme les satellites sont placés sur des orbites plus hautes (23 222 km d’altitude exactement, un tour d’orbite en 14 heures), ils sont capables de faire passer leur signal dans des rues étroites et vont vraiment partout face au GPS (20 200 km d’altitude en moyenne).

De quoi fournir un support de choix aux activités liées à la géolocalisation, en croissance permanente et estimées à 6 à 7 % du PIB européen dans des secteurs aussi divers que l’énergie, les télécommunications ou les services financiers. On parle de 800 milliards d’euros par an…

 

Quel est l’avantage de Galileo ?

Au-delà des questions stratégiques, Galileo apporte une précision de localisation sans pareil. En clair, lorsqu’un GPS vous situe à quelques mètres près et en déduit de sa cartographie où vous vous trouvez, le système européen a une précision de moins d’un mètre et il saura vous positionner, par exemple, précisément sur la file de la route où vous vous êtes. En 2020, avec le maillage final de 30 satellites, le système sera pleinement opérant avec des avantages décisifs pour aider à la conduite autonome.

En plus du confort d’une navigation plus précise, Galileo a aussi ses avantages pour les services de secours, permettant de retrouver plus vite et plus facilement une personne en détresse, même si elle est à l’intérieur d’un immeuble, en croisant les données de localisation Galileo, GPS et Glonass. Cela vaut aussi pour le suivi d’objets volés. Enfin, un aspect moins connu, il permet une datation ultra précise, au milliardième de seconde qui fait foi pour des applications aussi diverses que les transactions financières ou la gestion en temps réel de l’énergie.

 

Quels sont les appareils compatibles ?

Les produits adaptés ne sont pas légion, c’est le moins qu’on puisse dire… les puces « bi-compatibles » GPS et Galileo sont en préparation pour les smartphones notamment (deux modèles sous Android seulement sur le marché aujourd’hui : le Huawei Mate 9 et le BQ Aquarius X5 Plus), mais aussi pour les systèmes de navigation embarqués ou sous forme de PND et tous types d’objets connectés.

Si sous Android, seulement deux smartphones sont compatibles, sous iOS, c’est pire, puisqu’aucun iPad ou iPhone n’est compatible avec Galileo. Pourtant, comme le relève Francis Fustier, l’iPhone 7 dispose d’une puce Broadcom BCM47734 supportant Galileo. Apple pourrait donc avoir bridé ce support et pourquoi pas l’activer lors d’une future mise à jour logicielle.

Précisons qu’un terminal compatible GPS, Galileo, Glonass et Beidu pourra utiliser ces trois services en même temps pour améliorer la précision de sa géolocalisation. Le support de Galielo est donc un critère de choix supplémentaire pour les terminaux des prochaines années !

 

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