Les tablettes Android se vendent beaucoup moins que l’Apple iPad 2. Le PDG de nVidia donne son explication.

Même si nous ne connaissons pas les chiffres exacts des ventes des tablettes Android, il est certain qu’elles s’achètent bien moins que l’Apple iPad 2. Pour l’heure, trois produits sont sur le marché : la Motorola Xoom (vendue à 200 000 exemplaires en un peu moins d’un trimestre), l’Acer Iconia Tab A500 (aucun chiffre) et l’Asus EeePad Transformer (production limitée pour l’instant – chiffre difficile à obtenir). On est donc très loin des 2 millions d’exemplaires de la tablette concurrente, qui a atteint ce chiffre en moins d’un mois.

Pour l’instant toutes les tablettes disponibles sous Android 3.0 (Honeycomb) sont sous nVidia Tegra 2, même si ce n’est pas un minimum requis. Le PDG du fabricant du processeur est très déçu par les ventes et ne cache pas son sentiment :

« C’est un problème venant des ventes. C’est un problème marketing […]. C’est un problème de prix. »

« La configuration de base inclue de la 3G, quand il ne devrait pas y en avoir. Les tablettes doivent avoir une version WiFi et être plus abordables. Et ce sont celles qui se vendent plus rapidement que la 3G. »

« Et il y a un problème sur la pauvreté des contenus proposés. »

Le constat est donc très dur, car au final ce sont des ventes que nVidia ne peut pas faire. En tant que fournisseur, il est un peu spectateur de ce que font les constructeurs.

La dernière phrase rejoint une déclaration qu’avait fait Sanjay Jha, le PDG de Motorola. Le gros problème de la plateforme de Google est de proposer trop peu d’applications dédiées. Selon un compte large (applications Android 2 optimisées incluses), il y aurait un peu plus de 150 applications. Quand on compare ce chiffre aux 200 000 de l’Android Market, on prend tout de suite peur. Mais il faut toutefois nuancer la quantité, car jusqu’à présent Honeycomb ne bénéfice que d’applications très pensées. On est très loin de ce qu’on peut parfois trouver sur les smartphones.

Le PDG de nVidia se montre toutefois confiant pour la suite :

« Mais ces problèmes sont tous en train d’être résolus. La vitesse à laquelle les tablettes Honeycomb sous Tegra 2 sont améliorées est vraiment superbe. Je pense que tous les fabricants l’ont tous reconnu et qu’ils vont réajuster leurs plans. »

Un autre problème mis en avant est le circuit de distribution :

« Nous continuons de croire qu’Apple a un avantage certain, lorsqu’il s’agit de distribuer des iPads, et cela est susceptible de continuer à être le cas dans l’avenir. Apple n’est pas seulement en mesure de vendre ses produits aux consommateurs via des vendeurs de la marque, dans des lieux dédiés, mais il capte aussi plus de marge que les concurrents qui ont à partager la marge avec les partenaires de la vente au détail. »

Ce point est souvent ignoré, mais lorsqu’une tablette se retrouve sur les étals de Darty, la Fnac, ou d’autres enseignes, elles récupèrent une marge. On retrouve bien l’iPad dans ces chaines, mais les Apple Stores sont de vrais « cash machines » pour la marque américaine. Ce point n’explique pas tout, mais pourrait baisser légèrement les prix.

L’avenir semble donc assez difficile selon Jen-Hsun Huang. Il est toutefois bon de rappeler qu’avant qu’Android n’obtienne sa part de marché actuelle, le système a du prendre petit à petit son envol. Ce n’était pas deux mois après sa sortie, que l’on parlait d’un phénomène. L’Apple iPad va toujours dominer le marché, mais ce sera uniquement dans quelques mois (avec le Tegra 3 ?) que l’impact commencera à se faire sentir. Pour l’instant, la croissance insolante de ce marché permet aux différents acteurs de ne pas trop payer les pots cassés.

Le SDK pour Honeycomb est maintenant disponible depuis trois mois, ce qui devrait accélérer la sortie d’applications. Le chemin est encore long et semé d’embûches…

Source : CNET via HD Blog