La sortie récente des Pixel 2 et Pixel 2 XL reposent la question de la version « stock » d’Android : est-elle encore la meilleure version de l’OS de Google, et existe-t-elle même encore, d’ailleurs ?


Android« stock »  : un paradoxe ?

Il y a quelque temps je vous parlais de mon expérience avec les launchers alternatifs, passage obligé pour rendre l’utilisation de la majorité des smartphones Android acceptables pour moi. Pourquoi ? S’il existe quelques raisons annexes comme la facilité de synchronisation des réglages et dispositions entre plusieurs terminaux, la principale demeure : court-circuiter les interfaces des constructeurs qui sont rarement à mon goût.

Cet avis n’engage que moi : j’aime ce que Matias Duarte a apporté à Android, et particulièrement depuis Lollipop et Material Design. J’aime le minimalisme, la personnalité de cette interface. J’aime les choix qui ont été établis par des individus à l’opinion tranchée, et pas par un comité. Et je pars du principe – de plus en plus erroné, c’est ce que nous allons voir – que plus un constructeur respecte l’esprit du « Android by Google », plus il y a de chances qu’il adhère au reste de la philosophie, offrant des mises à jour plus rapides, et moins d’applications doublons, voire pas du tout.


D’une personnalisation nécessaire aux excès des « surcouches »

Ce qui est un peu paradoxal quand on y pense, car Android, l’OS fourni par Google que les constructeurs et opérateurs peuvent s’approprier, a toujours promu cette personnalisation. Et à vrai dire, Android « stock », jusqu’à au moins Jelly Bean, ce n’était pas folichon. Ce n’est pas pour rien que Touchwiz ou HTC Sense ont vu le jour : ces interfaces maquillaient quelque chose qui était, à l’époque, plutôt aride.

Et il est vrai qu’il y a eu une période où ce que l’on appelait « surcouche » était synonyme d’interface frôlant le mauvais goût, de fonctionnalités gadget n’apportant strictement rien d’autre que de la lourdeur, d’optimisations à la louche, bref d’un catalogue de bric-à-brac dont la seule justification semblait être que quelqu’un avait travaillé dessus. Et il a d’ailleurs fallu que Google tape du poing et brandisse la menace de son rachat de Motorola pour calmer les ardeurs de Samsung en la matière, preuve que c’était sans doute allé un peu trop loin.

Un vrai dilemme en fait, car il faut bien admettre que si les Pixel 2 et Pixel 2 XL, pour prendre les plus récents, sont visiblement de très bons smartphones malgré leurs problèmes d’écrans, les téléphones les plus sexy, les plus performants, les plus impressionnants par leur qualité d’intégration, par leur écran qui suscitent l’envie, sont toujours chez Samsung. En gros, le téléphone idéal serait un Galaxy S8 ou Note 8 avec une ROM stock.

Néanmoins, cette opposition a-t-elle toujours lieu d’être ? Je vous donne mon avis d’utilisateur maniaque qui passe beaucoup trop de temps à « stockifier » un smartphone Huawei ou Samsung, mais en vérité on est sans doute arrivé à un point où ça n’a plus grande importance, et où les arguments en faveur des terminaux « purs » se raréfient même.

Un Android pas si pur

La fameuse « philosophie » a pris du plomb dans l’aile. Si c’était sans doute vrai du temps du Moto X 2014, sous l’aile de Lenovo, Motorola traine presque autant la patte que les autres pour déployer ses mises à jour, tandis que Samsung ou Huawei ont considérablement levé le pied sur leurs écarts ergonomiques et leur tendance à la fonctionnalité gadget, tout en devenant plutôt bons élèves sur les mises à niveau. Il faut d’ailleurs leur rendre ce qui leur appartient : parmi les atrocités commises par Samsung, notamment à l’époque du Galaxy S4, le constructeur a aussi contribué à introduire de vraies bonnes idées comme le mode double-fenêtre, finalement intégré officiellement à Android avec Nougat, diverses tentatives plus ou moins réussies de mode d’utilisation à une main, et une dose de personnalisation qui manque, selon certains, à l’expérience « pure ».

Et qu’est-ce qu’Android « pur » en 2017 de toute façon ? Depuis que Google produit ses propres smartphones dans le but réel de les vendre au grand public, la firme de Mountain View fait elle aussi de ses fonctionnalités exclusives un argument de poids. Évidemment, les choses seraient plus simples pour nous autres technophiles « pointus » si tous les constructeurs se mettaient d’accord pour adopter la même démarche exigeante et minimaliste. Mais ça ne sera jamais le cas et, finalement, le fossé est beaucoup moins gênant qu’il y a 4 ou 5 ans.

De toute façon, on ne peut même pas acheter de Pixel 2 en France, alors…