Android Q apporte de nouvelles fonctionnalités de personnalisation. Enfin peut-être, si elles ne sautent pas d’ici la version finale. Dans tous les cas, c’est l’occasion d’un constat : nos systèmes d’exploitation devraient nous laisser davantage la main sur leur interface, pour rendre nos appareils plus proches de nos besoins et envies.

Parmi les points positifs qui reviennent dans la vague de tests des Samsung Galaxy S10, S10 Plus et S10e, on trouve la qualité de l’interface One UI. Féliciter Samsung pour la qualité d’une interface, c’est quand même un fait remarquable, quand on se souvient des premières années de TouchWiz (non, non ne vous en souvenez pas trop, ça fait mal !). Et une phrase que j’ai entendue, je crois, de la bouche de Marques Brownlee : « Pour une fois je n’ai pas eu à installer Nova Launcher ».

Plus besoin de Nova Launcher ?

On a déjà parlé des launchers. Ce n’est pas vraiment le sujet. Mais ce que j’aime dans Nova Launcher, et la raison pour laquelle je l’installe même sur des smartphones qui respectent l’interface Android « stock », ce sont ses possibilités de personnalisation. J’ai beaucoup de respect pour le travail effectué par Matias Duarte au fil des années. Il suffit de se rappeler du Far West qu’était l’interface d’Android avant son nettoyage pour se dire qu’on revient de très loin. Maintenant, si on peut admirer le travail d’un designer pour améliorer l’ergonomie d’un OS, il ne faudrait pas lui laisser prendre toutes les décisions à notre place.

Mettre fin au mythe du designer visionnaire

C’est ce qu’on reproche souvent, et à juste titre, à Apple. Que ce soit sur le matériel ou le logiciel, Jony Ive et son équipe savent. Mieux que tout le monde, mieux que l’utilisateur. C’est la suite de la fameuse intuition de Steve Jobs. Et ça peut produire de très bons résultats quand cette intuition est bonne. Mais d’une part, elle ne l’est pas forcément, et d’autre part, si le réglage par défaut ne convient pas, il est bon de pouvoir adapter l’interface aux besoins de l’utilisateur. Mais non, Apple a décidé en 2007 qu’un smartphone c’était une grille d’icônes, et on se retrouve à jouer au taquin et à procéder à des bidouilles grotesques pour arranger son écran d’accueil à sa guise.

Cette flexibilité fait partie des critères heuristiques en vigueur dans le monde de l’UX : pouvoir réaliser une action de différentes manières, personnaliser l’affichage d’une page d’accueil selon ses priorités, c’est primordial. Comme on l’a souvent répété ici, c’est une des forces d’Android, de permettre l’installation de ces applications comme Nova Launcher ou Swiftkey. Mais vous savez ce qui serait encore mieux ? Ne pas avoir besoin de les installer.

À quand une interface vraiment modulaire ?

Et ça passe par une approche plus modulaire de l’interface d’accueil. Nos smartphones sont des appareils on ne peut plus personnels. Et on aimerait pouvoir les personnaliser encore davantage. Pouvoir afficher des applications en grille si on le souhaite. Ou modifier la taille des icônes de manière globale ou individuelle. Ou afficher des widgets. Ou des bouts d’application.

Microsoft avait quelque chose avec Windows Phone. Et j’aime toujours autant personnaliser mon menu Démarrer sous Windows 10. Sur mon desktop ou sur ma Surface Pro, je n’y affiche pas les mêmes apps avec la même disposition ou la même taille. C’est un concept qui me manque sur smartphone. Moins sur Android que sur iOS, certes, mais même sur Android, les widgets n’ayant plus trop les faveurs des développeurs, on est finalement plus limité qu’on le souhaiterait.

Google semblait aussi être sur un coup avec l’interface Armadillo pour son futur OS Fuchsia. Une ergonomie à base de cartes que l’on peut arranger à sa guise. Bon, manque de bol, depuis Armadillo semble être au point mort. Bon, eh bien on va rester un peu plus longtemps avec nos grilles d’icônes plus ou moins personnalisables…