Introduction

Google a présenté le mois dernier ses nouveaux téléphones « made by Google ». Avec son grand écran 18:9, le Google Pixel 2 XL est le plus moderne des deux, celui qui attise le plus la curiosité et donc celui que nous avons testé en premier, la semaine dernière.

Mais il s’accompagne du Google Pixel 2 tout court, qu’on pourrait qualifier de déclinaison compacte et de variante économique. Si on assimile le Pixel 2 XL à un croisement maladroit de l’iPhone X et de l’iPhone 8 Plus, le Pixel 2 est à Google ce que l’iPhone 8 est à Apple : un smartphone proposant les derniers standards technologiques et les dernières innovations logicielles dans un châssis traditionnel.

Et si le Pixel 2 XL ne m’a pas convaincu, le Pixel 2 m’a enthousiasmé. Voyons pourquoi…

Merci à notre ami Edouard Marquez qui les a importés et nous les a aussitôt prêtés.

Pourquoi et comment importer un Google Pixel 2

Les Google Pixel 2 sont les smartphones Android modèles. Ils peuvent ainsi intéresser les fans d’Android ou les fans de Google, qui bénéficieront les premiers des mises à jours majeures et mineures d’Android, ce pour une durée d’au moins 3 ans, ainsi que des nouveaux services de Google.

Ils promettent aussi l’un des sinon le meilleur appareil photo du marché, et le Google Pixel 2 en particulier est l’un des rares smartphones disposant de haut-parleurs stéréo en face avant.

Si après la lecture de ce test vous souhaitez faire l’acquisition du Google Pixel 2 XL, il faut recourir à l’importation. Les smartphones de Google sont vendus aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie ou en Allemagne. On peut acheter le produit sur place, au détour d’un séjour à l’étranger, ou bien l’acheter par correspondance, en recourant à un service de redirection de colis.

On vous explique comment faire dans cet article consacré à l’importation des Google Pixel 2.

Design : « mignon »

S’il fallait résumer le design du Google Pixel 2 en un seul mot, ce serait : « mignon »

Contrairement au Google Pixel 2 XL, dont l’esthétique m’avait parue maladroite notamment à cause des bordures asymétriques, le Google Pixel 2 incarne parfaitement le smartphone générique, dont le design fait profil bas, au profit des qualités intrinsèques.

À l’opposé de bijoux comme l’iPhone X ou le Galaxy S8, conçus pour procurer un effet wahou au premier coup d’œil, le Pixel 2 adopte un design sans prétention. C’est un modèle de minimalisme, et même un modèle de sobriété dans le coloris « Just Black » que nous avons testé. Il s’agit effectivement d’un simple parallélépipède aux arrêtes arrondies, dont la seule coquetterie est le bandeau en verre derrière l’appareil photo dorsal. Soulignons également la symétrie quasi parfaite de la face avant — avec les deux grilles des haut-parleurs stéréo de part et d’autre de l’écran — que seul le capteur frontal vient troubler.

 

Avec son petit gabarit (145 x 70 x 8 mm pour 140 g) et son dos en aluminium mat, le petit Pixel est très agréable à prendre en main. Je dois confesser qu’il m’est même arrivé de le caresser pour le plaisir, comme on caresse de la soie. Bonus : ce matériau n’est pas très salissant.

Le capteur d’empreinte digitale dorsal, centré dans la moitié supérieure, tombe naturellement sous l’index. Je regrette néanmoins qu’il impose des compromis lorsque le téléphone est posé (le saisir ou le déverrouiller manuellement). Précisons au passage qu’il fonctionne parfaitement, et déverrouille rapidement l’appareil. Aucune chance sur ce téléphone de salir l’appareil photo, assez éloigné. Ce dernier est légèrement proéminent, mais si peu que le téléphone n’est pas vraiment bancal lorsqu’il est posé sur une surface plane.

L’ensemble est étanche à l’eau, avec un indice de protection IP67, qui garantit qu’il résiste au minimum à une immersion de 30 minutes à 1 mètre de profondeur.

Un écran OLED équilibré

L’écran n’est pas un point saillant du Pixel 2, mais il ne déçoit pas, contrairement à celui du Pixel 2 XL. Il s’agit d’un petit écran AMOLED 16:9 de 5 pouces et de 1920 x 1080 pixels, ce qui fait du Pixel 2 l’un des rares flagships compacts du marché, avec le Sony Xperia XZ1 Compact et l’iPhone 8.

Exiger une définition de 2560 x 1440 pixels sur une telle diagonale peut sembler excessif, mais un œil exigeant comme le mien remarque sans forcer l’orientation en losange (inclinée à 45 degrés) des sous-pixels de l’écran PenTile, constitué de deux sous-pixels par pixel, au lieu de trois sur les écrans LCD. On distingue donc un crénelage sur les textes les plus petits et un zigzag sur de fines lignes droites. Si la résolution de 440 pixels par pouce peut paraitre suffisante, il est intéressant de comparer les 880 sous-pixels par pouce d’un tel écran aux 1 320 sous-pixels par pouce d’écrans LCD « Full Stripe » de même diagonale et de même définition, tels que sur un simple Moto G5.

Seuls les plus pointilleux comme moi le remarqueront en conditions normales, mais c’est une vraie réserve pour la réalité virtuelle, alors que cet appareil est l’un des rares officiellement compatible avec les masques Google Daydream.

Le Google Pixel 2 dispose autrement d’un bon écran. Il revendique une couverture de 95 % de l’espace colorimétrique DCI-P3, celui de l’industrie cinématographique, contre 100 % pour son grand frère. D’après notre sonde, il est un peu moins lumineux (445 vs 470 cd/m2) et moins saturé que celui du Pixel 2 XL, mais il est aussi moins froid (6900 vs 7200 K) et surtout il n’est pas couvert d’un voile fade.

En somme, l’écran du Google Pixel 2 est équilibré.

Android pur sang

« Deux tailles, même intelligence », vante Google sur sa boutique officielle. Les Pixel 2 et Pixel 2 XL se distinguent par leur taille d’écran et donc par leur design, mais ils offrent par ailleurs les mêmes prestations, tant en termes de fonctionnalités, que de performances ou de photographie. Je vais donc répéter ce que j’ai écrit dans mon test du Google Pixel 2 XL.

Le Google Pixel 2 repose donc sur Android 8.0 Oreo, la dernière version d’Android en date, tel que Google l’a imaginé. C’est ce qu’on appelle parfois un Android « stock ». Mais pour être tout à fait exact, il ne s’agit pas seulement d’AOSP (Android Open Source Project) et des applications de Google (Gmail, Google Maps, YouTube…).

Les Google Pixel 2 bénéficient malgré tout de quelques spécificités, qui distinguent l’expérience Pixel de l’expérience Android One.

La fonction la plus originale des Pixel 2 est indéniablement la fonction « Active Edge », héritée du rachat partiel de HTC, qui permet de déclencher Google Assistant en serrant les bordures de l’appareil. Contrairement au HTC U11 sur lequel la fonction « Squeeze » a été inaugurée, les Pixel 2 ne permettent pas de personnaliser l’action déclenchée.

Active Edge permet d’accéder à Google Assistant à tout moment, en particulier lorsqu’il est en veille. Ce n’est pas inutile, mais ce n’est pas très utile non plus. Un bouton dédié à l’assistant vocal, comme on en trouve sur les Samsung Galaxy ou sur l’iPhone X, parait plus pertinent. Car en dépit d’un réglage intermédiaire de la sensibilité, j’ai souvent déclenché Google Assistant sans le vouloir, en attrapant le téléphone sur le bureau.

Autre fonction des Pixel absente d’Android One : l’« affichage en mode veille », plus connu en version originale sous l’appellation « always-on display ». Il s’agit comme d’habitude de tirer profit de l’écran OLED, dont seuls les pixels allumés consomment de l’énergie, pour afficher en permanence l’horloge et les icônes de notifications.

Les Pixel 2 se distinguent d’autres smartphones comme les Samsung Galaxy en proposant en plus la fonction « En écoute », qui affiche automatiquement le titre de la musique ambiante. Ce qui dispense de manipuler le téléphone pour lancer Shazam ou la fonction équivalente intégrée à Google Assistant.

Autre exclusivité des Pixel : la panoplie de jolis fonds d’écrans animés ou interactifs, qui donnent un peu de vie à l’écran d’accueil.

Enfin, ce n’est pas vraiment une fonction, mais une offre commerciale : le « stockage gratuit, illimité et en qualité d’origine des photos et vidéos importées depuis l’appareil Pixel 2 vers Google Photos, jusqu’au 16/01/2021 ».

LE meilleur appareil photo du marché ?

Même schéma pour la photo, le Google Pixel 2 embarque strictement les mêmes composants que le Google Pixel 2 XL, et délivre exactement les mêmes prestations.

Malheureusement, personne n’est passé à côté du spoiler de DxOMark : les Google Pixel 2 sont à ce jour les numéros 1 de son classement des téléphones mobiles. Ils sont tous deux équipés d’un seul capteur de 12 mégapixels au format 1/2,6 pouce avec un objectif f/1,8 à stabilisation optique.

La météo ces derniers jours n’a pas été propice à une séance photo prolongée, mais les quelques photos que j’ai pu faire sont effectivement d’excellente qualité pour un smartphone. Malgré la grisaille, les photos regardées en plein écran sur un écran d’ordinateur sont d’assez bonne qualité pour qu’on se passe d’appareil photo dédié.

On reconnait souvent les photos issues des petits capteurs de smartphones à leur faible dynamique. Mais la technologie HDR+ de Google fait bien illusion. Elle parvient à maintenir du détail dans toutes les zones de scènes assez contrastées en multipliant les expositions, sans que l’utilisateur ne s’en rende compte.

J’ai aussi été impressionné par la réactivité et l’efficacité de l’autofocus Dual Pixel, qui permet de réussir des clichés sur le vif.

Un mot enfin concernant le mode portrait. Quel que soit sa mise en œuvre, je n’ai jamais été pleinement satisfait par cette fonction, qui simule un flou d’arrière-plan pour mettre en valeur le sujet. La plupart des smartphones disposent pour ce faire de deux capteurs, le décalage permettant d’estimer les distances et d’appliquer un flou à l’arrière-plan. Et bien le Google Pixel 2 n’est pas plus approximatif qu’un iPhone X, bien qu’il n’ait qu’un seul capteur. En somme, j’ai les mêmes réserves envers le mode portrait du Pixel 2 qu’envers celui des iPhone : c’est à utiliser avec modération, uniquement dans des conditions d’éclairage idéales.

En somme, je ne saurais dire si je préfère l’appareil du Pixel 2, de l’iPhone X, du Mate 10 Pro ou du Galaxy Note8, qui sont tous très bons. La conclusion est la même : il n’y a plus guère que dans l’obscurité qu’un appareil photo dédié se démarque vraiment.

Performances

J’ai lancé la même batterie de tests sur le Google Pixel 2 que sur le Google Pixel 2 XL. Sans surprise, les scores obtenus sont similaires, très légèrement inférieurs ou supérieurs, dans la marge d’erreur de tels benchmarks.

Le Google Pixel 2 est équipé d’une Qualcomm Snapdragon 835, la puce la plus puissante du moment, ex-æquo avec les Samsung Exynos 8895 et HiSilicon Kirin 970. Pour autant, l’appareil n’obtient pas toujours d’aussi bon scores que d’autres smartphones animés par un Snapdragon 835, tels que le OnePlus 5T. Ce dernier est jusqu’à 10 % plus performant sur des benchmarks comme Geekbench, GFXBench ou 3DMark. Il n’y a que sur PCMark que le Pixel 2 est en phase.

C’est un comble qu’un Pixel, qui est d’une certaine manière l’iPhone de Google, ne soit pas au moins aussi bien optimisé que certains smartphones concurrents. Qui de mieux en effet que Google pour optimiser le matériel pour le logiciel qu’il a créé ?

Faut-il pour autant en tenir rigueur à Google ? Car en pratique, il faut dire que le système est d’une réactivité sans faille et les animations parfaitement fluides. Et n’est-ce pas tout ce qui compte ?

 Google Pixel 2OnePlus 5THuawei Mate 10 ProSamsung Galaxy Note8Apple iPhone X
AnTuTu167 887 points181 037 points172 499 points174 296 points231 721 points
PCMark 2.07 191 points6 678 points7 028 points5 159 points-
3DMark Sling Shot Extreme3 671 points3 806 points2 818 points2 659 points2 643 points
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)25 / 24 fps23 / 25 fps20 / 21 fps21 / 25 fps-
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)56 / 50 fps54 / 62 fps51 / 54 fps54 / 58 fps- / 90 fps
Geekbench 4 Single Core1 918 points1 963 points1 890 points1 973 points4 259 points
Geekbench 4 Multi-Core6 247 points6 769 points6 641 points6 515 points10 373 points
Geekbench 4 Compute7 901 points (RenderScript)7 965 points (RenderScript)8 348 points (RenderScript)9 429 points (RenderScript)15 380 points (Metal)
Lecture/écriture séquentielle766 / 201 Mo/s716 / 206 Mo/s800 / 230 Mo/s783 / 205 Mo/s-
Lecture/écriture aléatoire43 137 / 4 487 IOPS34 762 / 5 157 IOPS45 600 / 4 100 IOPS32 200 / 3 800 IOPS-

Autonomie

La dernière partie du test nous réserve une ultime différence entre le Pixel 2 XL et le Pixel 2, et une première déception. Le Pixel 2 étant plus petit que le Pixel 2 XL, la capacité de sa batterie est logiquement inférieure : elle est de 2 700 mAh au lieu de 3 520 mAh, soit une baisse conséquente de 23 %. Et si on pouvait espérer que la taille et la définition inférieures de l’écran compensent, l’autonomie est inférieure de… 30 %.

Avec notre nouveau protocole de test, pour lequel nous utilisons SmartViser pour simuler une utilisation continue, le Pixel 2 n’a tenu que 7 h 24 min, ce qui le place au niveau d’un Wiko View Prime (7 h 42 min), mais loin du Pixel 2 XL (9 h 44 min), et encore plus loin du Sony Xperia XZ1 Compact (11 h 21 min), l’un de ses concurrents directs.

Google annonce qu’on peut regagner 7 heures d’autonomie en seulement 15 minutes de charge, à l’aide du chargeur USB-C Power Delivery de 18 W fourni, ou à l’aide d’un chargeur Qualcomm Quick Charge 3.0.

Toujours pas de recharge sans fil en revanche, alors que même l’iPhone s’y est mis.

design
8
Le Google Pixel 2 incarne parfaitement le smartphone générique. Il adopte un design on ne peut plus simple et minimaliste, élégant et sans fausse note. Dommage que les bordures soient si larges.
écran
8
Il n'est pas 18:9 et il n'est le meilleur sur aucun critère, mais l'écran OLED Full HD du Pixel 2 est équilibré. On ne peut pas le complimenter outre mesure, mais on ne peut pas le critiquer non plus.
performances
8
Avec son Snapdragon 835 et ses 4 Go de mémoire vive, le Google Pixel 2 XL est d'une réactivité et d'une fluidité sans failles. Pourtant, on aurait aimé que LE smartphone de Google soit mieux optimisé que certains de ses concurrents.
autonomie
6
Alors que Google devrait être exemplaire en matière d'autonomie, le Pixel 2 est beaucoup moins endurant que le Sony Xperia XZ1 Compact, dont la fiche technique est pourtant similaire.
logiciel
10
Désormais, certains utilisateurs d'Android préfèrent les interfaces améliorées par certains fabricants. Mais si on achète un smartphone Google, c'est pour avoir un Android pur sang, et sur ce point le Pixel 2 remplit parfaitement sa mission.
caméra
10
Sur le plan de la photo, le Google Pixel 2 propose ce qui se fait de mieux sur le marché, ex-æquo avec quelques uns de ses concurrents directs comme l'iPhone X, le Huawei Mate 10 Pro ou le Samsung Galaxy Note8.
Note finale du test 9/10
Le Google Pixel 2 est l'une des plus belles réussites de la lignée des Nexus et des Pixel : c'est un smartphone très équilibré, qui ne mise pas excessivement sur un critère au détriment des autres.

Il présente en plus l'intérêt d'être l'un des derniers petits smartphones haut de gamme du marché, avec les iPhone 8 et Sony Xperia XZ1 Compact, et dans cette catégorie il offre le meilleur rapport qualité prix.

Et pour ne rien gâcher, le Pixel 2 se paie le luxe d'être beaucoup moins cher que quelques uns de ses rivaux, puisqu'il est vendu 650 dollars HT aux États-Unis, l'équivalent à ce jour d'environ 600 euros TTC. À peine plus qu'un OnePlus 5T, tout en offrant le meilleur appareil photo du marché.
  • Points positifs
    • L'appareil photo
    • Android 8.0 Oreo pur sang
    • Design minimaliste réussi
  • Points négatifs
    • L'autonomie