Six mois avec un robot qui aspire, purifie l’air, surveille la maison et porte les smartphones

 
J’ai utilisé l’aspirateur robbot SwitchBot K20+ Pro pendant six mois en utilisant une panoplie d’accessoires pour le transformer en purificateur d’air, en caméra de sécurité et en base nomade pour les smartphones.

SwitchBot est un touche-à-tout de la maison connectée : des robots aspirateurs aux purificateurs d’air, en passant par les rideaux ou les stores connectés, sans oublier les caméras de surveillance Wi-Fi, peu de choses lui échappent. Avec son K20+ Pro, la marque ose partir d’un mini robot aspirateur pour en faire un partenaire domestique polyvalent.

Cela veut dire quoi ? Une fois que j’ai installé le robot, je peux le transformer en purificateur d’air, en caméra de sécurité, les deux connectés, ou encore de support smartphone nomade… Ainsi, SwitchBot fait ici en sorte que certains de ses produits puissent s’associer avec le K20+ Pro aussi bien au niveau logiciel, que matériel . En six mois, j’ai eu plus que le temps de le tester, et surtout de jauger ma capacité au moindre effort, en cherchant toujours plus d’usages me permettant d’économiser mon énergie…

SwitchBot commercialise le K20+ Pro à partir de 599 euros pour le robot seul. Les différents accessoires se déclinent ensuite en kits : kit purificateur d’air, kit patrouille (avec la Pan/Tilt Cam Plus), kit support smartphone, et un bundle « Omni Ultimate » qui regroupe l’ensemble pour environ 1 200 euros. La disponibilité en France passe par le site officiel SwitchBot Europe et Amazon, depuis juin 2025.

La mise en marche

Le K20+ Pro se compose de trois modules. Le premier, celui qui parlera à tous, c’est le robot aspirateur, qui est accompagné de sa base très compacte avec auto-vidange.

Avec un diamètre de 25 cm et une hauteur de 9,2 cm, difficile de faire plus petit. Un point qui est une part essentielle de son charme. Il s’agit en fait d’une copie du K11+ Pro avec une seule différence : trois orifices sur le dessus, qui vont servir de point d’ancrage comme nous allons le voir un peu plus bas.

En ce qui concerne ses capacités domestiques, je vous oriente vers le test complet du SwitchBot K11+ Pro. Qu’il s’agisse des caractéristiques physiques, des performances en aspiration, de la navigation ou de la détection d’obstacles, le K20+ Pro offre le même niveau de prestation. Cela vaut autant pour l’aspiration où il se débrouille très bien, mais aussi pour le lavage des sols, toujours aussi dispensable.

Le dernier module, et le plus important, est la base mobile A9, un support qui se lie physiquement au robot par le dessus. Ce support sur quatre roues sera propulsé par l’aspirateur robot, avec qui il partage la batterie, même s’il dispose aussi de la sienne.

Ses deux “yeux” en façade ont charmé tous les membres de la famille, et plus particulièrement l’adolescente, qui le verrait bien dans sa chambre… Ceux-ci servent surtout à indiquer l’état du robot (charge, problème technique).

Je reviens au K20+ Pro : sa face supérieure est en creux, avec en son centre une surface surélevée qui servira de support. En observant la partie avant, je remarque deux ports USB-C et un port propriétaire. Ce sont eux qui feront le lien avec certains accessoires, et les alimenteront en même temps. Au centre, une série de connecteurs plats sert à alimenter le purificateur d’air.

Je vais maintenant parler des accessoires, qui doivent permettre à ce robot d’être un véritable assistant domestique. Cela commence par le support pour smartphone ou tablette. Il prend la forme d’une perche à selfie qui se visse au centre du A9 et offre une longueur maximale de 155 cm.

Vient ensuite la SwitchBot Air Purifier Table, qui se pose naturellement au-dessus du K20+, sans nécessiter de fixation. Elle permet, par exemple, de purifier l’air pièce par pièce… ou de servir de support pour transporter des objets. La SwitchBot Pan/Tilt Cam Plus 3K transformera le K20+ Pro en véritable chien de garde. Il pourra donc patrouiller dans votre domicile, et vous profitez des capacités de surveillance de la caméra à 360° et 3K.

Je me retrouve donc avec tous ces objets dans mon salon, et je me demande comment je vais gérer tout ça… et ce que je vais faire de ce robot.

Installer, associer, dissocier, réassocier

Avant de commencer à goûter à l’assistance domestique robotisée, il faut bien passer par l’installation physique et logicielle. Côté robot, rien à visser : tout est plug-and-play.

Niveau logiciel, tout passe par l’application SwitchBot. Commence alors la longue installation de chaque élément. Je commence par le robot, qui suit le même processus que pour le K11+ Pro.

L’application le détecte automatiquement et je n’ai plus qu’à l’associer, puis entrer le mot de passe de mon réseau Wi-Fi. Je réitère cette opération pour le A9, et au terme de cette étape, je dois le lier au robot aspirateur. Cela fait, les deux modules ne font plus qu’un. Ils ne se séparent que lorsque je lance un cycle d’aspiration.

Je n’ai pas fini : je dois maintenant effectuer l’appairage avec la SwitchBot Air Purifier Table et la caméra. L’ensemble m’a donc pris une bonne demi-heure, et surtout, j’ai toujours plusieurs objets autour de ce robot. Afin de ne pas tout empiler, j’attribue à chacun une place : le purificateur en table basse à côté de mon lit, et la caméra posée sur une bibliothèque pour surveiller un couloir.

Ainsi, après cette répartition, je ne laisse que le support smartphone vissé au K20+ Pro. Cette situation ne va pas durer, et ce dernier finira dans un placard et ne ressortira qu’épisodiquement.

Dans l’application, vous devrez créer des points de passage, ils serviront ensuite aux patrouilles, où le robot passera par chacun des points que vous aurez définis.

Quand je joue avec le K20+

Tout est maintenant prêt, je n’ai plus qu’à me lancer… Premier usage, le plus simple : me servir de ce robot comme support nomade pour mon smartphone ou ma tablette. La marque donne l’exemple d’une femme suivant ses cours de yoga sur son mobile. N’étant pas trop adepte, je l’ai surtout utilisé pour suivre des recettes de cuisine pendant que je m’attelle aux fourneaux. Deux avantages : mon téléphone n’encombre plus le plan de travail, et il y a moins de risques de lui faire subir des outrages culinaires… ou pire, de faire chuter une casserole pleine dessus.

Avec une hauteur de 155 cm, je dois tout de même pencher la tête pour lire correctement les instructions sur smartphone, avec une tablette cela est beaucoup plus confortable. Seul bémol, si comme moi vous avez une petite cuisine, le positionner sans qu’il ne gêne vos actions peut être délicat. J’y suis pourtant parvenu et j’ai enregistré la position pour ne plus avoir à le placer manuellement.

Il a également servi pour des visios en famille sur le canapé, la hauteur est alors parfaite. De plus, ma compagne en a profité pour faire du… yoga… et s’est réjouie de ne pas avoir à chercher ou poser son téléphone.

Un sherpa domestique

SwitchBot promet aussi que son robot peut transporter jusqu’à 8 kg d’une pièce à l’autre. Cela semble ridicule comme fonction, mais quand je dois ranger les courses, je peux m’occuper du surgelé et du frais, et demander au robot de transporter le sac de pâtes et de conserves vers le placard dédié dans le couloir.

Par contre, il faut un sac semi-rigide, surtout à la base, pour éviter que le contenu ne tombe ou ne fasse perdre l’équilibre au contenant. Bref, je peux m’en servir pour gagner un peu de temps mais, comme nous le verrons plus bas, pour cet usage j’ai surtout utilisé la Purifier Table.

En revanche, installé un mois chez ma mère (assez âgée), cet aspect “transport” a pris tout son sens. Au quotidien, et après avoir balisé le terrain en programmant des points précis sur la carte, le K20+ Pro lui a permis de moins se baisser et de moins se fatiguer dans de nombreux petits gestes du quotidien. Rien qui ne révolutionne la vie, mais assez pour soulager un peu quand la personne a des soucis de motricité. Chose que je n’avais pas anticipée, j’ai assisté à une scène de rangement où mon père et ma mère se renvoyaient des objets par robot interposé.

Si vous utilisez souvent cette fonction, et pas le purificateur d’air, SwitchBot propose un support plat qui assure une meilleure stabilité. Personnellement, j’ai une boîte en plastique que j’ai fixée avec des vis pour sécuriser le transport.

Un bémol sur l’usage au quotidien. Dans l’app, si je veux utiliser l’onglet « Pointer et aller » pour transporter un sac de courses, il me suffit de pointer un endroit sur la carte et le robot s’y rend. Si je veux ensuite qu’il transporte autre chose dans une autre pièce immédiatement après, je dois cliquer sur « Retour à la base », le mettre en pause, appuyer sur un autre point de la carte pour créer le nouveau repère, puis relancer le processus en appuyant sur « Play ». Dommage que cela ne puisse pas s’enchaîner sans cette opération intermédiaire.

Purificateur mobile

Le purificateur d’air ne demande rien de plus que d’être clipsé au A9. Les connecteurs placés sur le dessus assureront l’alimentation du module de traitement de l’air.

Deux possibilités s’offrent à vous : vous pouvez lui indiquer une pièce sur la carte et l’envoyer y purifier l’air. Autre possibilité, lancer une patrouille et il s’arrêtera à chaque point repéré sur la carte. Une fois arrivé sur place, le traitement de l’air se lance, et c’est uniquement quand la qualité de l’air repasse à “Très bon” que le robot change de point de navigation.

L’idée n’est pas mauvaise, elle évite de multiplier les purificateurs d’air à la maison. Ma compagne est très sensible au pollen et aux poils de chats, et ici le mode Animal de l’Air Purifier Table prend tout son sens. Durant la période de test, j’ai pris l’habitude de lancer la patrouille avec purification d’air afin qu’elle rentre dans un appartement le plus sain possible.

Toutefois, comme mesuré lors du test de la Air Purifier Table, sa puissance de traitement de l’air est assez limitée. Ainsi, il faut plus de deux à trois heures pour que chaque pièce d’un appartement de 65 m² soit traitée.

Avec sa surface plane et large, finalement c’est ce module qui me sert le plus pour le transport d’objet. Il y a la place de poser des verres et quelques bouteilles, deux assiettes moyennes, ou un sac en plastique souple sans que tout ne tombe au sol.

Chien de garde robotique

Avec sa caméra de sécurité, le K20+ Pro peut vraiment devenir un petit chien de garde numérique. Ainsi, il patrouille selon les points de passage que vous avez déjà définis. Il s’arrête sur chacun, lance un panoramique à 360° de la pièce, puis continue ainsi de point en point.

Dans le cadre de la pure sécurité, c’est intéressant : une caméra mobile, certes lente lors des déplacements, mais qui apporte un niveau de surveillance supplémentaire.

La caméra sera souvent pointée vers le haut pour mieux observer, car elle est à 20 cm du sol, pas plus. J’ai donc programmé ce type de patrouille régulièrement, surtout que durant le test des échafaudages sont restés plusieurs mois contre mes fenêtres.

Dans les faits, pour ma compagne, c’était surtout un outil lui permettant de vérifier que les chats allaient bien. L’ensemble est bien pensé, et la détection d’animaux et d’êtres humains fonctionne bien. Si vous ne regardez pas le flux en direct, vous recevez une alerte si l’un ou l’autre passe devant son œil. Deux bémols : il est impossible de contrôler en même temps le robot et d’orienter la caméra, c’est l’un ou l’autre. De plus, pour la caméra, si je souhaite contrôler l’angle de vision, je dois aller sur la page qui lui est dédiée. Enfin, comme constaté lors du test, les rotations automatiques à 360° ne se terminent pas toujours sur la position initiale et je dois alors repositionner manuellement la caméra…

Tout est rose ?

Durant six mois, et en changeant plusieurs fois d’environnement, de nombreux petits soucis ressortent. Ainsi, si le robot aspirateur peut passer de nombreux pas de porte, avec le A9 il bloque si ce dernier est un peu épais, soit plus de 3 mm, ce qui commence clairement à limiter fortement l’usage dans de nombreux environnements.

Les tapis sont normalement repérés et évités si vous paramétrez le robot pour cela. Si ce n’est pas le cas, il va tenter de passer dessus et sera bloqué s’il rencontre une épaisseur supérieure à 3-4 mm. Le pire, quand il est ainsi bloqué,, c’est au niveau de l’arrière et le K20+ Pro aura alors du mal à revenir à sa base.

Il se révèle très à l’aise dans un intérieur moderne, avec de beaux espaces. Dans un appartement plus ancien, il fera le job mais aura un peu plus de mal à se déplacer. Le LiDAR du robot aspirateur semble moins efficient associé au A9, qu’en usage “solo”.

La détection d’obstacles est minimale, et une simple chaussure peut bloquer une patrouille. Il faut donc avoir un intérieur parfaitement rangé au sol pour un usage efficient. Sans cela, vous recevrez de nombreuses alertes d’erreur.

La conception en deux modules, le robot aspirateur et la base mobile, est donc astucieuse, mais l’aspect navigation/obstacles devra être amélioré.

Nos chats ont compris qu’il y avait un purificateur d’air, et n’ont jamais autant aimé se poser sur une table basse. Par contre, ils étaient totalement rétifs au transport et sautaient au sol au moindre mouvement.

Il y a aussi une subtilité d’usage qui peut dérouter au départ, et qu’il m’arrive encore d’oublier parfois. Le K20+ Pro utilise la cartographie du robot aspirateur, mais, à la différence de ce dernier lorsqu’il est utilisé seul et qu’il peut aller de pièce en pièce automatiquement, le K20+ se déplace selon des points de passage que vous aurez définis. Personnellement, j’ai opté pour le centre de mon salon, puis pour chaque entrée de pièce, en plus de celle de l’entrée.

Quand je lance une patrouille depuis l’interface principale, le robot se rend au premier point défini sur la carte. Toutefois, une fois arrivé sur place, pour passer au point suivant, il faut lancer manuellement le point suivant depuis l’interface. À la différence des patrouilles “surveillance” ou “purificateur d’air”, dans ces cas-là, il se rend automatiquement à chaque point présélectionné, dans l’ordre de votre choix. À chaque arrêt, il effectue une rotation à 360° de la caméra, avant de continuer sa route. Si le purificateur d’air est activé, le déplacement suivant ne s’effectue qu’une fois que celui-ci a terminé son office.

Dernier détail qui m’a chiffonné : le positionnement du robot. J’aurais aimé qu’en plus de la position, nous puissions choisir vers où pointera l’avant, par exemple. Il aurait suffi de s’inspirer de certains jeux de stratégie, et cela permettrait un positionnement plus précis.

Côté support logiciel, SwitchBot s’appuie sur son application maison et est compatible Matter, ce qui ouvre le K20+ Pro à Alexa, Google Home et Siri Shortcuts via raccourcis. À noter : la marque n’a pas communiqué d’engagement clair sur la durée des mises à jour, point à garder en tête sur un produit aussi récent et dépendant de son cloud.

Après six mois ?

Je dois admettre que tester ce robot a été un vrai plaisir, un test très ludique. Si je mets de côté les aspects pratiques, j’ai exploré de nouvelles pistes dans le domaine du moindre effort. Au quotidien, le mode transport m’a servi plusieurs fois, parfois pour des actions un peu ridicules, comme transporter l’apéro dans le salon pendant que je finis de préparer le repas, ou livrer le goûter de mon ado et ses copines directement dans sa chambre.

L’aspect sécurité est un plus, et encore plus si vous avez des animaux. Plus qu’un usage précis, ce sont de petites choses qui s’accumulent et apportent un surplus de confort au quotidien.

Ce qui est amusant, ce sont les usages qui ne sont pas répertoriés, voire sûrement pas conseillés. Je ne vais pas trop donner d’exemples, si ce n’est celui-ci : accrocher un jouet à chat au bras selfie a permis de vérifier la stabilité du robot quand deux félins lui sautent dessus. Et il tient le choc, malgré les 4 kg de la première et les 6,5 kg de la seconde, et une totale absence de douceur.

Le K20+ Pro tient plus du concept commercialisé que du produit utilitaire classique. Ici, SwitchBot explore l’intégration de son écosystème avec une plateforme astucieuse. Elle peut apporter un surplus de confort dans tous les foyers, surtout si vous êtes technophile. Le plus gros frein sera peut-être le regard réprobateur de votre compagne, ou celui, atterré, de vos ados, comme je l’ai subi. Mais soyez persévérant, car, finalement, chacun des membres de mon foyer y a trouvé un usage durant ces six mois, et ils ont fini par l’adopter. À 599 euros pour le K20+ Pro seul, et jusqu’à 1 200 euros avec l’ensemble des accessoires, l’addition reste salée pour ce qui ressemble encore à une expérimentation — même si le robot aspirateur, lui, fait très bien le travail.

Sur ce créneau du robot aspirateur « augmenté », le K20+ Pro n’a pas vraiment d’équivalent direct : les Roborock et Ecovacs haut de gamme misent plutôt sur le bras robotisé pour ramasser des objets, et les Roomba sur la pure aspiration. Le pari modulaire de SwitchBot, lui, suppose d’investir dans son écosystème — caméra, purificateur, perche — pour rentabiliser la plateforme. C’est une logique d’écosystème, comparable à ce qu’Apple fait sur l’iPhone, mais à 599 euros le ticket d’entrée et 1 200 euros le kit complet.

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