L’application Waze a été pointée du doigt après des heurts dans un camp, entre des réfugiés palestiniens et des soldats israéliens, après que ces derniers y ont été conduits par l’itinéraire de Waze. Il y a eu un mort et une quinzaine de blessés.

Qalandia Ramallah

L’application Waze, qui s’occupe de vous faciliter la vie en vous faisant éviter les bouchons, peut aussi vous la compliquer en vous menant là où vous n’auriez pas forcément voulu passer. Dans la nuit de lundi à mardi, deux soldats israéliens, se servant de Waze pour circuler en Cisjordanie, ont fini par se retrouver dans un camp de réfugiés palestiniens (Qalandya en Cisjordanie). Des heurts ont malheureusement éclaté, et l’arrivée des renforts israéliens pour extraire leurs compatriotes s’est soldée par la mort d’un Palestinien et par une quinzaine de blessés. L’application Waze a immédiatement été pointée du doigt, mais l’entreprise qui appartient désormais à Google s’est défendue, expliquant que si les soldats se sont retrouvés dans ce camp de réfugiés, la faute leur en incombe.

« Le conducteur s’est écarté de la route suggérée et est entré en zone interdite »

En effet, et parce qu’elle a été fondée en Israël justement, l’application offre des précautions à ses utilisateurs sur ces terres particulièrement instables. Comme le rapporte L’Orient le Jour, « Waze a indiqué à l’AFP que les soldats avaient désactivé sur leurs portables un paramètre écartant les trajets dangereux ou passant par des secteurs interdits aux Israéliens ». Une option activée par défaut en Israël et dans les pays voisins, et que les soldats auraient alors désactivée de manière intentionnelle.

Le porte-parole de Waze ajoute également que « le conducteur s’est écarté de la route suggérée et est entré en zone interdite » et que « des panneaux interdisent (aux Israéliens) l’accès aux territoires sous contrôle palestinien ».

jerusalem

Ce n’est pas la première fois que Waze fait face à des accusations, même dans son pays natal. En septembre 2015, Nir Barkat, maire de Jérusalem, s’est plaint du découpage de la ville fait par l’application, qui propose des itinéraires longs, permettant d’éviter certains quartiers de Jérusalem-Est jugés hostiles pour les Israéliens. Mais les autorités de la ville considèrent qu’elle est désormais unifiée, bien que la communauté internationale ne reconnaisse pas l’annexion de Jérusalem-Est. « J’ai prié les dirigeants de Waze de reconfigurer ces paramètres et de ne pas transformer leur application en instrument politique », avait alors déclaré le maire.

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Dans le reste du monde, on compte aussi quelques faits divers ou plaintes à l’encontre de l’application. En octobre, un couple de Brésiliens avait été guidé par erreur par l’application Waze vers une favela où des narcotrafiquants ont tiré sur leur voiture, faisant une victime.