Le gouvernement, en tant que fervent défenseur de la francophonie, voudrait bien que les internautes modifient leur vocabulaire, et remplacent des termes couramment utilisés en anglais par des mots français comme frimousse, arrosage, ou fenêtre intruse. Explications, et mot-dièse malaise.

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À l’occasion du forum économique de la francophonie, qui s’est tenu hier, mardi 27 octobre, à Paris, le gouvernement français s’est attaqué à un monstre : Internet. Dans ses habituelles prérogatives pour la promotion de la langue française, il souhaite en effet que des termes comme « smiley » ou « hashtag » soient utilisés dans leur version française. On devrait donc plutôt dire qu’on envoie une « frimousse » à un ami, ou qu’on utilise un « mot-dièse » dans un tweet.

Le gouvernement a même publié une page spéciale, sur laquelle on pense détecter un peu d’humour, recensant le « top 10 des mots d’internet que vous allez oser dire en français ». Si vous allez utiliser frimousse pour parler de smiley, c’est « parce que c’est plus mignon », tandis que mot-dièse s’utilisera parce que « personne ne sait écrire hashtag ». Parmi les autres mots de votre vocabulaire à remplacer, une « webcam » devient une « cybercaméra », la fenêtre « pop-up » devient une « fenêtre intruse », le « hacker » devient un « fouineur », on ne « spam » plus mais on « arrose », on n’envoie plus ses données dans le « cloud » mais dans le « nuage », et il n’y a plus de « chat » mais des « dialogues en ligne ». Exemple : « Je pense que je me suis fait fouiner. Je me fais arroser par des fenêtres intruses et des dialogues en ligne qui m’envoient des frimousses, et je n’ai même plus accès au nuage ».

Frimousse dubitative

Frimousse dubitative

Ah, et précisons également qu’un « mail » devient un « courriel », terme déjà largement employé par des gens étranges (ou par des Québécois, précurseurs sur l’adoption du terme), tandis que votre ordinateur ne « bugue » plus, il « bogue », et que ça change tout. Ici, il s’agit d’un top 10 mais le gouvernement veut inciter les internautes à modifier un champ lexical bien plus large. On vous déconseille toutefois d’expliquer à quelqu’un que vous l’avez suivi, en omettant d’indiquer que cela concerne Twitter. Où n’oubliez pas que l’on « gazouille », en bon français, selon le Journal Officiel.