Google a dévoilé, hier, son Pixelbook. Un étonnant Chromebook hybride : il se transforme en PC portable ou en tablette, à la volée. Nous avons pu l’essayer, avec son stylet Pen.

Les Chromebooks ne sont pas populaires en France, mais ils le sont aux États-Unis. Résultat : nous ne profitons pas de toute l’offre du marché, comme le Chromebook Plus de Samsung ou plus récemment le Pixelbook. En tant que passionnés, nous avons néanmoins sauté sur l’occasion pour prendre en main ce Pixelbook et le manipuler quelques minutes après la conférence Google.

Le Google Pixelbook est un Chromebook haut de gamme, très différent des Chromebooks que l’on connaissait jusqu’à maintenant. Il abandonne le traditionnel format PC pour de l’hybride. C’est un format très répandu sur le marché des machines Windows 10, le clavier n’est pas détachable, mais son écran se tourne complètement grâce à une charnière à 360 degrés. Vous passez donc d’un usage PC traditionnel, au mode « tente » et « tablette ». L’écran LCD IPS utilisé fait 12,3 pouces (2 400 x 1 600 pixels ce qui donne 235 ppi de densité) de diagonale, avec une finition brillante et bien sûr tactile. Les bords d’écran sont épais, mais la prise en main est agréable. La dalle brillante IPS LCD est de qualité, très lumineuse avec des contrastes très corrects. Enfin, le corps en métal est robuste, mais léger.

De plus, un stylet Pixelbook Pen a été présenté, vendu séparément (à 99 dollars). Il permet d’écrire sur l’écran, ou de dessiner, à l’image des Microsoft Surface mais aussi des derniers Apple iPad Pro. J’ai pu essayer ce stylet pour différents usages. D’un point de vue technique, Google annonce une latence au tracé de 10 ms maximum. Il est possible de l’utiliser avec des angles supérieures à 60 degrés pour garantir une utilisation naturelle et enfin 2 000 niveaux de pression sont gérés. Techniquement, Google est au niveau. Le stylet est précis et ergonomique, tandis que le clavier, affiche enfin des touches séparées les unes des autres. Il semble aussi efficace que celui d’un MacBook Pro 2016 (ma référence).

Notez que le Pixelbook propose une fonction Fast Charge (2 heures d’autonomie de gagnée en 15 minutes) et offre une autonomie globale d’une dizaine d’heures au total.

Avec 1 kilogramme et 10 mm d’épaisseur, on profite donc d’un PC léger et fin, pile à la croisée d’une tablette et d’un ultraportable. À l’avant, la Pixelbook affiche des marges d’écran sensiblement similaires à la Surface Pro 3, mais beaucoup plus épaisses que l’iPad Pro. Côté connectique, rien à signaler, ou presque : l’unique port USB Type-C (compatible DisplayPort, il peut sortir de la 4K) est présent avec un port casque.

La Pixelbook est fine, c’est un produit extrêmement bien conçu et bien fini. L’ultime Chromebook en quelques sortes, qui peut bénéficier de la puissance d’un Intel Core i5 ou i7 pour faire tourner des applications Android, avec le Play Store pré-chargé, ou bien Google Assistant (c’est une nouveauté). Chrome OS est très fluide en toutes circonstances, avec notamment un démarrage rapide.

À l’avant-garde de la prochaine phase de Chrome OS

Ces Chromebooks (et les autres qui suivront) sont très importants car ils sont à l’avant-garde de la prochaine phase du système d’exploitation Chrome OS, ils prennent en charge les applications Android, fonctionnent en mode tablette et acceptent le stylet – tout en ayant un navigateur Web digne de celui d’un PC de bureau et des applications Web. La combinaison de ces choses pourrait être la prochaine évolution du PC que l’on connaît aujourd’hui (macOS, GNU/Linux et Windows 10).

Pour le moment, les Chromebooks occupent les niches éducatives, ce qui permet déjà d’en faire un sérieux concurrent face aux ordinateurs Windows bas de gamme. À moyen terme, je suis persuadé que le Pixelbook pourrait convaincre certains utilisateurs iPad et Mac de passer à Chrome OS.  En tant qu’utilisateur Chrome OS depuis des années, j’apprécie certains aspects de cet OS : sur le plan conceptuel, tout est logique. En termes d’exécution, Chrome OS a encore un long chemin à parcourir pour convaincre les utilisateurs et pour proposer une expérience riche. Mais la symbiose avec Android est tout ce que l’on pouvait espérer pour ce système. Je souhaite désormais un appareil similaire peu coûteux qui combine le meilleur des applications mobiles avec un navigateur Web complet. Windows n’arrive plus à me convaincre, l’iPad en est encore loin, et le Mac ne sera apparemment jamais sur ce créneau.

Concernant ce Pixelbook, on ne peut que regretter son absence sur le marché français. Le remplaçant du Chromebook Pixel (2015) est vendu 999 dollars (850 euros) (Core i5, 8 Go de RAM et 128 Go de SSD), 1 199 dollars (environ 1000 euros) (Core i5, 8 Go de RAM et 256 Go de SSD) et 1 649 dollars (environ 1400 euros) (Core i7, 16 Go de RAM et 512 Go de SSD).

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