Les tablettes sont un peu en berne ces dernières années, et auraient vraiment besoin de nouveaux OS dédiés à la productivité mobile. Chrome OS pourrait-il être ce système, ou faudra-t-il attendre Fuchsia ?


2018 : le retour de la tablette ?

Alors qu’on attendait un duel entre le Samsung Galaxy S9 et le Huawei P20 au Mobile World Congress, on apprend que ce dernier déclare forfait à son tour : le P20 sera présenté un mois après le MWC. À Barcelone, Huawei présentera, entre autres… Une tablette ! Rien qu’en écrivant le mot, je viens de prendre deux ans. Je n’ai rien contre les tablettes, hein. C’est juste que les deux dernières tablettes que j’ai utilisées ont respectivement quatre et trois ans. Je crois que l’une d’entre elles est toujours sous Android 5.0 !

Et que ce soit l’iPad Air 2 ou la Sony Xperia Z4 Tablet, elles font très bien tout ce qu’une tablette peut faire, et c’est sans doute la preuve des limites de cette catégorie de produits : on a tout simplement fait le tour de ce qu’elles pouvaient nous apporter. En tout cas dans leur forme actuelle. Malgré les améliorations réelles apportées au multitâche d’iOS, malgré les progrès réalisés côté Android avec l’arrivée du mode Split View, et l’avance qu’a toujours eu Android sur la gestion du clavier et de la souris, j’ai cessé de croire qu’une tablette sous iOS ou Android pouvait m’apporter quoi que ce soit d’autre qu’un moyen de surfer dans mon canapé ou de regarder des séries dans les transports.

Il y a d’innombrables applications qui arrivent presque au but ultime de remplacer un ordinateur portable, mais on finit toujours par se heurter à une limitation qui nous pousse à nous demander pourquoi on n’a pas pris le laptop dans le sac. Et j’ai une immense admiration pour les défenseurs des tablettes qui continuent à en tirer le maximum, à les pousser au-delà de leurs limites pour en faire des outils de productivité.

Repenser l’OS pour la productivité

Mais ce n’est pas la tablette qui a un problème. C’est l’OS qu’elle exécute, et qu’il faut repenser de fond en comble. Pas juste comme une extension des OS pour smartphones à laquelle on ajoute quelques nouvelles fonctionnalités de productivité tous les deux ou trois ans.

Est-ce que cet OS pourrait être Chrome OS ? C’est en tous cas avec ce système que Google a livré le Pixelbook, son premier hybride tablette/portable. Et voilà qu’une mystérieuse tablette Acer sous Chrome OS a fait une apparition furtive sur Twitter. Faut-il y voir un signe ? Franchement, Chrome OS, c’est sympa, et sans doute plus adapté à la productivité qu’un Android… Et la possibilité d’exécuter des applications Android a relancé son intérêt.

Malgré tout, j’ai l’impression qu’il faut repartir d’une page blanche, avec un OS vraiment pensé pour les tablettes et les hybrides. C’est ce que Microsoft essaie de faire depuis des années avec Windows 8, puis 10. Sa gamme Surface, c’est indéniable, a su trouver un certain public et influencer le reste de l’industrie dans la voie des hybrides. Mais le bagage de Windows reste lourd, et la firme de Redmond n’a jamais réussi à faire monter son Windows Store en puissance. Windows 10 en version ARM pourrait peut-être renverser la tendance.

En attendant Fuchsia

Côté Apple, il pourrait bien se tramer quelque chose si on en croit les récentes rumeurs d’applications universelles pour macOS et iOS. Un Apple OS pour les remplacer tous ? Peut-être un peu tôt, surtout qu’Apple semble toujours aussi braqué sur ses positions, refusant même l’idée d’un appareil mi tablette mi ordinateur, quitte à tourner autour du pot avec l’iPad Pro ou la TouchBar des derniers MacBook Pro. Et Google a toujours Fuchsia dans ses cartons. Il resurgit de temps en temps : ArsTechnica a ainsi réussi à installer Fuchsia sur un Pixelbook, mais on est encore tellement loin de quelque chose d’utilisable qu’on ne peut pas encore en tirer quoi que ce soit.

En fait, tous les acteurs sont à peu près sur la bonne voie, mais aucun n’arrive à vraiment viser juste pour relancer l’intérêt d’une catégorie de produits qui, j’en suis persuadé, peut toujours se distinguer avec le logiciel adapté à ses spécificités. Rendez-vous, peut-être, au printemps pour la saison des conférences de développeurs de Google, Microsoft et Apple pour voir si des annonces se concrétisent dans le domaine.