Microsoft dément fermement un rapport prédisant la fin de la division Surface, mais peine à convaincre.

Après la fermeture du service de streaming de musique Groove et la mort enfin officialisée de Windows 10 Mobile, un récent rapport du site The Register pointait la division Surface comme la prochaine victime d’une restructuration de Microsoft en 2019.

À l’origine de ce rapport, on trouve l’analyste Steve Brazier du cabinet Canalys, une firme qui n’a pas très bonne réputation et qui avait par exemple prédit une croissance de 14 % du marché du PC en 2011, alors qu’elle fut en réalité de 0,5 %. Il estime que Satya Nadella va mettre fin à la division Surface qui ne rapporterait pas assez de revenus à la firme et ne s’inscrirait pas dans la stratégie « cloud et logiciel » de Microsoft. L’article s’appuie aussi sur une déclaration d’un responsable de Lenovo, un concurrent direct de la division Surface donc, qui explique également que Microsoft a de meilleurs résultats avec les logiciels et le cloud, et qu’il ne devrait pas s’entêter pour un marché avec de faibles marges.

Pour tous les journalistes qui suivent de près Microsoft, ce rapport semble ridicule, car depuis la Surface Pro 3, la division réalise de bonnes ventes et permet à la firme de rayonner comme lorsqu’elle dévoile le Surface Studio et vole la vedette aux nouveaux MacBook Pro d’Apple. Surtout, l’équipe Surface travaille main dans la main avec l’équipe Windows et les développeurs décident ensemble des nouvelles fonctions sur leurs produits.

Il semble donc très improbable que Microsoft ferme sa division Surface et la firme a d’ailleurs démenti l’information par la voix de Panos Panay, à la tête de la fameuse division.

Panos Panay, patron de la division Surface

Comme Windows Phone en son temps, la mort de Surface est démentie

Dans une très courte déclaration, Panos Panay déclare que ce rapport est « très éloigné » de la vérité et qu’il s’agit de « la rumeur pour tabloïde de la semaine ». Pour lui, les innovations apportées par Surface bénéficient à tout l’écosystème Windows. Il mentionne notamment les améliorations apportées à Windows pour le stylet Surface Pen, dont les stylets des autres marques bénéficient également. Il rappelle également que Microsoft n’a pas abandonné ses efforts en 2013 malgré une perte de 900 millions de dollars à cause des Surface RT invendues.

Toutes ces explications sont valables et comme on le disait plus haut, Microsoft n’a aucune raison d’abandonner Surface aujourd’hui. Pourtant, les explications de Panos Panay n’arrivent pas à convaincre. En faite, elle rappelle trop fortement les démenties et les promesses formulées par Microsoft au cours des dernières années concernant Windows Phone.

Il y a un an, la firme expliquait par exemple pourquoi elle n’abandonnerait pas Windows 10 Mobile. Quelques semaines plus tard, elle abandonnera complètement le développement de nouvelles fonctionnalités pour le système, et il faudra attendre le 9 octobre pour avoir un aveu d’un responsable.

Chat échaudé craint l’eau froide

Surface et Windows Mobile ne sont pas du tout dans la même situation et la division Surface ne court probablement aucun danger à court terme, mais ce qui ressort de cette histoire c’est que la confiance en Microsoft est très ébranlée. Ses concurrents, comme Lenovo ici, l’ont d’ailleurs remarqué et peuvent s’en servir pour pousser la clientèle vers des produits qui ne seront pas abandonnés par la firme.

À trop vouloir rationaliser son entreprise autour de ses meilleurs succès, dans le cloud et le logiciel, Satya Nadella n’est-il pas en train de se couper sa base de fan et d’early adopters ? Cette base est pourtant essentielle pour lancer une nouveauté et pousser son adoption par le grand public par effet de levier.

S’il veut avoir une place sur le marché grand public, Microsoft doit réussi à convaincre son public qu’il n’abandonnera pas à la première difficulté et que ses produits ont un avenir à moyen et long terme.