Plus nos smartphones évoluent et plus ils deviennent puissants. Leur autonomie en revanche n’a pas sensiblement évolué depuis le lancement de l’iPhone en 2007, et il est encore nécessaire aujourd’hui de recharger son téléphone toutes les nuits ou presque. Certains constructeurs tentent heureusement de proposer des alternatives qui misent sur l’autonomie plus que sur les performances. Oukitel a poussé ce concept à l’extrême avec le K10000 et sa batterie de 10 000 mAh qui lui offre facilement une autonomie de plusieurs jours. Mais est-ce réellement le chemin à suivre ?

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Caractéristiques techniques

ModèleOukitel K10000
Version AndroidAndroid 5.1 Lollipop
Interface constructeurOui
Taille d'écran5,5 pouces
Définition1280x720 pixels
Densité de pixels267 ppp
TechnologieLCD IPS
Traitement anti-rayuresGorilla Glass 3
SoCMediaTek MT6735P
Processeur (CPU)4x Cortex-A53 @ 1 GHz
Puce Graphique (GPU)Mali T-720
Mémoire vive (RAM)2 Go
Mémoire interne (flash)16 Go
Micro-SDOui, jusqu'à 32 Go
Appareil photo (dorsal)13 Mégapixels
Appareil photo (frontal)5 Mégapixels
Enregistrement vidéo1080p@30fps
Wi-Fi802.11 a/b/g/n (2,4 GHz)
Bluetooth4.0
Réseaux4G cat. 4 (150 / 50 Mbps)
800 / 1800 / 2600 MHz (toutes les bandes françaises)
SIM2 × micro SIM
ou
1x micro SIM + 1x micro SD
NFCNon
Capteur d'empreintesNon
Ports
(entrées/sorties)
microUSB v2.0
GéolocalisationA-GPS
Batterie10 000 mAh
Charge rapideOui (9V/2A)
+ Reverse charge
DASN/A
Dimensions157,5 × 76,52 × 13,8 mm
Poids317 grammes
CouleursNoir et gris
Prix conseillé180 euros environ

Comme il fallait s’y attendre, le K10000 mise tout sur l’autonomie. Pour cela, il ne fait pas qu’embarquer une batterie énorme, mais aussi des composants à faible consommation d’énergie. De quoi promettre de nombreuses heures d’utilisation, mais des performances en demi-teinte.

Attention la brique

« Ah, ça me rappelle l’époque où j’étais étudiant, on lançait des pavés presque aussi lourds sur les CRS en mai 68 », m’a dit Gaël en voyant le K10000 dans ma main pour la première fois, résumant parfaitement l’impression qui se dégage de ce téléphone au premier coup d’œil. Rarement un téléphone aura mieux collé à l’expression « c’est une brique ». Entre ses presque 14 mm d’épaisseur, ses angles très prononcés et son poids de 317 grammes, le K10000 est un OVNI dans sa catégorie, se rapprochant davantage du monstre de films d’horreur que de la soucoupe technologique et légère. Sa coupe biseautée n’est d’ailleurs pas sans rappeler les Decepticons de Transformers, pas franchement un symbole de douceur et de grâce.

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Précisons également que derrière cet aspect robuste, le K10000 vieillit mal. En quelques jours seulement dans une poche, il s’est paré de griffures au dos, ainsi une partie de sa coque a perdu un peu de sa couleur.

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Hormis le côté purement esthétique, le K10000 est lourd, très lourd, même. À l’utilisation, ce poids n’est pas anodin, et une utilisation un peu prolongée provoque rapidement une certaine fatigue du bras et du poignet. En outre, que celui qui n’a jamais lâché par inadvertance son téléphone sur son visage en surfant dans son lit me jette le premier K10 000 ; c’est un coup à se faire très mal.

Pour en finir avec ses défauts, notons que le port USB est très profond dans la coque, et plusieurs des câbles que nous avons essayés ne tenaient pas en place sur la durée. Quelle mauvaise surprise de se réveiller le matin et de voir que son téléphone ne s’est pas entièrement rechargé ! Heureusement qu’il s’agit d’un K10000 et que 50 % de batterie lui confèrent encore de longues heures d’autonomie…

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En dehors de ces griefs, le design du Oukitel K10000 sort de l’ordinaire. Avec ses vis apparentes, ses différentes textures et couleurs, et son gabarit un peu hors-normes, il est impossible de sortir ce téléphone sans se faire remarquer. La marque semble très fière de sa création « sans précédent » et il y a de quoi. Même les boutons physiques ont eu droit à une attention particulièrement avec de petites rainures plutôt distinguées. Seule ombre au tableau : les boutons capacitifs ne sont pas rétroéclairés et leur espacement rend leur découverte assez difficile dans le noir. Dommage.

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Un écran qui souffle le froid plus que le chaud

Pour réduire la consommation de l’écran (principal gouffre à énergie), Oukitel a limité la définition de son K10000 au 720p, ce qui commence, sur une dalle de 5,5 pouces, à se ressentir. Avec ses gros pixels, la finesse de l’affichage est loin d’être optimale. Cela se ressent sur la lecture d’un texte ou en comparant le piqué d’une vidéo en haute définition par rapport à un autre smartphone. Couplé à un contraste un peu faible (1:987), le rendu de l’image manque de profondeur.

Mais le plus gros problème de l’écran du Oukitel K10000 vient davantage de ses couleurs que de sa définition. Notre sonde a calculé une température colorimétrique située entre 10 000 et 11 500 °K, là où un bon écran tourne habituellement autour de 6 500. Par conséquent, le résultat est très froid et recouvert d’un voile bleu disgracieux.

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Mais il ne faut pas non plus nier les qualités de cet écran. Malgré ses défauts, il présente quelques avantages non négligeables, notamment en ce qui concerne ses angles de vision très larges et sa luminosité de 442 cd/m², suffisante dans l’ensemble. Dommage que ça ne suffise pas à faire oublier ses mauvais côtés.

 

Entre AOSP et ROM chinoise douteuse

La partie logicielle du K10000 est assurée pour le moment par Android 5.1 Lollipop, bien que la mise à jour vers Android 6.0 Marshmallow ait été à l’origine prévue pour le mois de février dernier. Quoi qu’il en soit, l’interface a comme presque toujours été modifiée, pour le meilleur et pour le pire.

Parmi le meilleur, on note quelques fonctionnalités supplémentaires qui feraient de bons ajouts à AOSP, sans pour autant être inédites, comme le double tap pour sortir le téléphone de veille, le bouton Float Gesture permettant d’avoir à portée de main différentes actions flottantes (lecteur musical/vidéo fenêtré, mode lecture, mode jeu, etc.), la possibilité de régler le volume depuis n’importe où en glissant deux doigts sur l’écran, et d’autres encore.

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Malheureusement, ces bonnes idées sont contrebalancées par une interface presque aussi déroutante que disgracieuse. Les icônes ennéagonales paraissent pour la plupart datées quand elles ne sont pas déformées pour rentrer dans le petit espace de chaque figure géométrique, le tiroir d’applications n’est pas disponible et l’écran des tâches récentes est accessible par un appui long sur le bouton home plutôt que par le bouton qui lui semblerait dédié, ce dernier ouvrant… les options.

Bref, un launcher alternatif et quelques packs d’icônes risquent d’être les meilleurs amis du K10000 et de ses utilisateurs.

 

Performances

Le K10000 est un téléphone d’entrée de gamme, et il est équipé en conséquence d’un processeur MediaTek MT6735P, un quad-core utilisé quasi essentiellement par les marques chinoises proposant des téléphones à tout petit prix. C’est par exemple la même puce que l’on retrouve sur le UMI Hammer S. Avec son CPU dotée de quatre cœurs Cortex-A53 cadencés à 1 GHz, son GPU Mali T-720 et ses 2 Go de RAM, le K10000 se satisfait de peu.

 Oukitel K10000UMI Hammer SXiaomi Redmi Note 2 Xiaomi Redmi 2Meizu M2 Note
AnTuTu 5.x-19 11642 97919 44331 580
AnTuTu 6.x23 663----
PCMark2 5132 4575 1552 8833 491
3DMark Ice Storm Unlimited (General)2 9833 03614 7274 4056 034
3DMark Ice Storm Unlimited (Graphics)2 5652 61114 716--
3DMark Ice Storm Unlimited (Physics)6 9487 06314 767--
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)0,87 / 2,4 FPS2,4 / 3,5 FPS7,9 / 8,5 FPS1,8 / 3,9 FPS4,2 / 4,2 FPS
GFXBench T-Rex (onscreen / offscreen)4,9 / 8,4 FPS5 / 8,5 FPS23 / 23 FPS5,3 / 9,6 FPS11 / 12 FPS

Lors de notre test du UMi Hammer S justement, nous disions qu’il disposait des performances nécessaires pour profiter d’une interface fluide, mais qu’il fallait tirer un trait sur l’idée de jouer. Sur les benchmarks, le K10000 affiche des résultats encore pires, ce qui se ressent d’autant plus à l’utilisation.

Pas de surprise donc de constater que le K10000 subit de nombreux ralentissements tant lors de la navigation dans l’interface que dans les jeux. La fluidité n’est clairement pas le point fort de ce téléphone qui aurait mérité que l’on s’attarde un peu plus sur ses composants, ou au minimum sur l’optimisation de son interface. Le UMi Hammer S avait au moins le mérite d’être relativement en termes d’interface.

Appareil photo

Le capteur du K10000 comporte 13 Mégapixels, ce qui est la moyenne sur les smartphones actuels. Un APN ne peut toutefois pas être réduit à ce seul chiffre et de nombreux autres éléments entrent en compte, tel que le traitement numérique de l’image. Ici, il manque un peu de finesse et cela se ressent dans les images finales, où la qualité à grande distance n’est pas optimale. La mise au point automatique est d’ailleurs instable et nécessite souvent de cliquer sur l’écran pour avoir une image nette au bon endroit.

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La gestion des couleurs et de la lumière est également assez moyenne et un voile jaunâtre recouvre souvent les clichés. En outre, si une source de lumière trop importante, même cachée, se trouve dans le cadre, on se retrouve vite avec des zones bouchées ou cramées. Le mode HDR permet heureusement de rattraper un peu le coup, sans pour autant faire des merveilles.

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L’interface photo est un peu vieillissante et brouillonne. En outre, elle ne regorge pas de modes réellement intéressants et la latence de l’interface peut jouer de drôles de surprises pour le déclenchement par gestes (aucun déclenchement, puis trois successifs sans raison…).

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Une batterie hors du commun

Mais le principal attrait du K10000 est sans aucun doute son autonomie. Avec une batterie de 10 000 mAh, un écran 720p et des composants peu gourmands, Oukitel promet jusqu’à 10 jours entre deux recharges. En vérité, le constat est bien en dessous de cette promesse, mais l’autonomie reste toutefois très élevée pour un smartphone en 2016.

En utilisation variée (photos, réseaux sociaux, navigation web, appels, musique, un peu de jeu…), nous avons tenu lors de nos tests environ 5 jours complets sans recharger le K10000, ce qui est aujourd’hui un luxe inouï. Même pour des journées très longues et très chargées, il est impossible d’imaginer tomber en panne de batterie avant au moins le lendemain soir, même en jouant intensément.

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Lors de nos tests habituels, le K10000 a réalisé de très bonnes performances, comme nous nous y attendions. Ainsi, avec un écran réglé à 200 cd/m², il a perdu 3 % de batterie en une heure de lecture de vidéo YouTube en WiFi (alors que la moyenne se situe habituellement autour de 14 %), et 3 % également sur la même période en lecture web. À titre indicatif, le Galaxy S7 avait perdu 11 % sur le même test, et le Galaxy S6 17 %).

Plus qu’un téléphone avec une bonne autonomie, le K10000 peut également servir de batterie externe grâce à un adaptateur microUSB-USB livré dans l’emballage d’origine. À titre d’indication, avec 10 000 mAh, vous serez en mesure de recharger complètement près de 6 iPhone 6s. Vos amis vous remercieront en soirée.

Test batterie
  • Oukitel K10000 : 97
  • Samsung Galaxy S7 : 90
  • ASUS Zenfone Max : 93
  • Acer Liquid Z630 : 91

Malgré sa batterie conséquente, le K10000 se recharge relativement rapidement. Avec son chargeur d’origine, il peut ainsi récupérer plus de 30 % de charge en environ une heure. Si cela ne paraît pas immense en soit par rapport à d’autres, il faut pondérer cette valeur par rapport à la taille maximale de la batterie. 30 % de charge sur un K10000, c’est une journée et demie d’utilisation, voire plus !

Prix et date de sortie

L’Oukitel K10000 est d’ores et déjà disponible dans toutes les bonnes crémeries à un prix variant entre 160 et 200 euros environ.

Test Oukitel K10000 Le verdict

design
3
Même s'il est original, le design du K10000 rend l'utilisation du téléphone peu agréable. Ses arêtes sont tranchantes, son esthétique est peu flatteuse, et surtout son poids le rend rapidement handicapant pour les utilisations prolongées. Et c'est sans compter le mauvais vieillissement et les boutons capacitifs non éclairés.
écran
4
L'écran du K10000 a de très bons angles de vision et une luminosité tout à fait acceptable. Heureusement pour lui d'ailleurs pour tenter de contrebalancer sa résolution très basse et ses couleurs qui schtroumpfent vers le bleu.
logiciel
4
L'interface d'Oukitel possède quelques bonnes idées qui mériteraient d'être étudiées par ses concurrents. Elle reste néanmoins très mal optimisées, avec de nombreux ralentissements, et il lui manque des éléments pourtant incontournables. Si on peut facilement faire une croix sur le tiroir d'applications, l'absence de réglage de luminosité dans le paramètres rapide par exemple est très dommage et montre bien que la partie logicielle n'a pas été pensée pour être vraiment pratique.
performances
3
Avoir des ralentissements en jeu est une chose, et l'on peut tout à fait l'accepter sur un appareil commercialisé à ce prix. Peiner autant à naviguer dans l'interface dès que deux applications tournent en tâche de fond alors que le UMI Hammer S, doté des mêmes composants, s'en sort honorablement, c'est inacceptable.
caméra
4
Sans être totalement horribles, les photos prises avec le K10000 ne peuvent pas être utilisées en l'état. Si l'on excuse aisément le manque de piqué de loin au vu du prix du téléphone, devoir obligatoirement passer par un logiciel de retouche pour redonner aux couleurs une teinte normale est une contrainte bien trop exigeante.
autonomie
10
Le K10000 est pensé pour tenir et il tient bien. Avec 5 jours d'autonomie en utilisation intensive, le K10000 permet de partir en vacances sans se soucier de savoir s'il sera possible d'accéder à une prise ou non. Cerise sur le gâteau, il se recharge rapidement et peut même servir de batterie externe. S'il était possible de mettre 12/10, ce serait certainement sa note.
Note finale du test 3/10
À 180 euros le K10000, c'est cher donné pour une batterie externe avec un écran. À ce prix, en période de promotion, on trouve facilement des smartphones bien meilleurs que ce Oukitel, et il devrait rester quelques euros à investir dans une batterie externe au besoin. Quitte à se balader avec un poids énorme, autant le répartir dans deux poches et ne pas à avoir à prendre un abonnement dans une salle de sport pour pouvoir être assez en forme pour soulever son téléphone.

En 2016, peut-on clairement faire l'impasse sur tout ce qui fait l'essence d'un smartphone pour profiter de plusieurs jours d'autonomie ? Sûrement pas dans la mesure où il existe des solutions alternatives tout à fait acceptables et qui seront au final plus agréables à utiliser.

Si l'on passe rapidement en revue les différents éléments de ce K10000 : écran médiocre, appareil photo trop jaune, design grossier et vieillissant mal, performances asthmatiques, interface lourde et disgracieuse... Vraiment, son seul atout est d'avoir une grosse batterie, et c'est loin d'être suffisant pour provoquer l'acte d'achat.
  • Points positifs
    • Une autonomie énorme
    • La possibilité de recharger un autre téléphone
    • Charge rapide
  • Points négatifs
    • Tout le reste