Microvision, GameBoy, Game Gear, N-Gage, l’Histoire retiendra qu’entre la fin des années 1980 jusqu’à nos jours, il y a eu une plâtrée de consoles de jeux. On a beaucoup connu celles qui occupaient nos salons, mais aussi celles que l’on emportaient avec soi. Le marché accueille encore des consoles portables comme le GamePad 1 & 2 de chez Archos. Généralement, les prix tournent autour de 150 à 250 euros. C’est ce que vaut un terminal téléphonique aujourd’hui, un terminal qui pourra facilement remplacer votre console puisque l’on peut installer des jeux dessus. La réflexion des concepteurs de la Much i5 a été tout autre : et si la console était un smartphone ?

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On s’explique. La Much i5 est une console. Son design, proche de la PlayStation Portable, et ses quatre boutons ronds de couleurs différentes, sensiblement proches de ce que fait Sony, font de la Much i5 une console portable sans ambiguïté. Mais là où elle surprend, c’est qu’elle peut accueillir deux puces téléphoniques (GSM 850/900/1,900 MHz & WCDMA 850/2,100 MHz). Vous l’avez compris, vous pouvez passer un coup de fil, naviguer sur le Web (en 3G) en même temps que vous trucidez des monstres en 2D comme en 3D à grand coups de joystick. Et le tout pour 169 euros environ. Console en avance sur son temps ou aberration technologique ? Regardons la Much i5 de plus près.

 

Coffret

Le packaging est simple. La console i5 Much sort de sa boîte avec juste un cordon USB et une prise chargeur. On ne s’embarrasse pas du superflu chez le constructeur iReadyGO.

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Le constructeur a réussi à donner le compte-rendu complet de la console sur une feuille de papier. Cela lui donne un air de carte au trésor. Et ce n’est pas franchement lisible. Au verso de la feuille, le guide rapide de l’utilisateur dresse l’inventaire de tous les boutons de la console.

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Tour du propriétaire

Les boutons justement. Côté gauche de la console, on retrouve un capteur frontal 0,3 mégapixel, un petit joystick, un pavé directionnel, le capteur de luminosité ainsi que le petit haut-parleur. C’est contre ce dernier que l’oreille se presse lorsque la console sert de téléphone. On peut aussi voir les deux petits touches qui correspondent à deux des trois raccourcis sous Android, à savoir une touche retour et une touche paramètres. Concernant le joystick, il est assez petit et résiste assez bien aux mouvements du pouce.

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Côté droit de la console. Directement, les quatre touches rondes de la Much font immédiatement écho à celles employées par la PlayStation (et d’autres consoles…). Mais pour des soucis de copyright, les couleurs et les symboles sont différents (Soleil/Lune/Colline/Eau). Notez le petit trou du microphone en dessous du deuxième joystick. Enfin, le dernier bouton de l’interface Android, la touche home, qui ramène les utilisateurs sur l’écran d’accueil.

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Sur une vue de tranche au dessus de la console, on peut dégager les deux boutons arrières Left & Right (qui correspondent aux boutons L1 sur une manette de PlayStation). Ces deux touches tombent sur les index. Sur cette tranche, il y a le bouton ON/OFF ainsi que le contrôleur volume. Sous leur trappe sont logés un port micro USB et une sortie mini HDMI (compatible 720p).

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En vue du dessous, la trappe en plastique donne accès à une prise jack 3,5 et à un nouveau port micro USB. A la différence de celui du dessus, ce port n’est destiné qu’à la recharge de la batterie : il ne sera pas possible d’accéder aux fichiers de la console.

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De dos, la console présente deux petits haut-parleurs. Ils ne donneront pas une musique de qualité mais feront bien l’appoint durant le jeu. Au centre se situe le capteur 8 mégapixels et son flash.

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Ouvrons le capot et sortons la batterie (3550 mAh). Voilà ce qui rend la Much i5 vraiment bizarre : un double port SIM accompagné d’un dock pour carte micro SD. Les deux SIM s’empilent l’une sur l’autre à la manière d’un mille-feuille. Un dock accueillera une carte SIM compatible GSM/WCDMA, l’autre ne servira qu’à téléphoner.

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Une fois la carte SIM installée et la batterie remise, la Much redémarre et s’utilise comme un smartphone lambda : ouvrez le clavier numérique, composez, téléphonez… On peut remettre en question le choix de faire de cette console un téléphone portable. Car elle n’offre pas un super confort lorsque l’on passe un coup de fil. De même, on est assez vite dépassé par la grande taille de la console (un peu comme si vous teniez une grosse phablette).

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Pour la prise en main lors du jeu, elle est assez agréable. Tous les contrôles de la console tombent à l’endroit voulu et sous les bons doigts. Concernant l’écran de 5 pouces de la console, il s’agit d’une dalle IPS d’une définition 1280 x 720 (qualité 720p). L’écran reste donc tactile malgré les multiples contrôles disponibles sur la console.

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Interface logicielle

Passons à l’interface de la Much. Il s’agit d’Android 4.2 Jelly Bean, dans une version optimisée. En effet, on ne retrouve pas les trois boutons traditionnels (présents depuis Android 4.0 Ice Cream Sandwich). Ces trois fonctions peuvent néanmoins se réactiver en cherchant bien dans les options. Elle incorpore toutes les applications dévolues aux smartphones traditionnels. La suite logicielle de Google est représentée par Google Play et Google Maps. L’interface utilisateur propose également une fonction horloge, e-mail, calculatrice… bref tout ce qu’il faut à un terminal téléphonique. La console propose des jeux par défaut sous la forme de lien de téléchargement. Dans leur majorité, il s’agit de jeux 2D.

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La Much i5 reste un modèle personnalisable puisqu’elle propose toute une série d’options à destination des développeurs. Donc si vous avez cette console et que vous touchez un peu au développement, en particulier dans le domaine graphique, la Much i5 devrait se laisser faire sans trop de soucis.

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On fera l’impasse sur les différentes applications (par défaut) de la console qui n’ont pas été traduites. Heureusement, elles n’entravent pas son utilisation normale.

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Performances

Côté performances, essayons de comparer la Much i5 avec sa concurrente le GamePad de Archos. Sur les benchmarks classiques comme BenchmarkPi et Antutu, la Much i5 ne brille pas particulièrement.

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Concernant l’évaluation des capacités graphiques de la console, il est clair qu’elle a été optimisée pour gérer au mieux la production d’image. Il faut dire que la définition de l’écran n’est pas non plus extraordinaire, ce qui permet de donner à la console de la fluidité, y compris dans certains jeux 3D.

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Résumons donc les capacités et le hardware de la Much i5 en l’opposant au GamePad de chez Archos.

 Much i5 (iReadyGo)GamePad (Archos)
ProcesseurMediaTek MTK6589 quadruple-cœurs cadencés à 1,2 GHzARM Cortex-A9 duo-cœur cadencé 1,2 GHz
GPUPowerVR SGX544MPMali 400
Définition écran1280 x 720 pixels1024 x 600 pixels
Taille et type écran5 pouces (IPS)7 pouces (multi-touches)
Mémoire RAM1 Go1 Go
Mémoire ROM4 Go8 Go
Antutu1301611693
Quadrant38124171
Poids 255 g330 g
Dimension (L x H x E)184 mm x 88 mm x 14,7mm229,8 mm x 118,7 mm x 15,4 mm

 

Passons à l’intérêt même de la console : le jeu. Voici un petit extrait de 5 jeux (2D et 3D) pour vous rendre compte des performances graphiques de la Much.

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Si il n’y a pas de problème pour les jeux 2D, la 3D pose quelques soucis à la console. Pour un jeu de course comme Asphalt 8, le lag est très présent. Sur un autre jeu 3D comme Dead Trigger 2, la fluidité est au rendez-vous (y compris sur des performances graphiques élevées). La conclusion doit être tranchée : si la Much i5 supporte la 2D, la 3D donnera des performances variables, selon les cas.

Il y a néanmoins une grosse limite chez la Much i5 et elle réside dans le cœur de sa fonction : celle du jeu. En effet, la Much i5 accueille beaucoup de contrôles (12 au total, en incluant les touches L & R) et il n’y a aucune garantie que les jeux, même ceux présents par défaut sur la console, exploitent l’intégralité des contrôles proposés. Pour faire plus court, vous devrez jouer à des jeux en utilisant l’écran tactile et non en appuyant sur les touches, c’est dommage et ça réduit fortement l’intérêt de la console.

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Avant de commencer le jeu, la couche logicielle de la Much i5 ouvre un écran et propose au joueur de remplir ses contrôles. Il est possible de recourir à une adaptation automatique ou de choisir vous même vos contrôles. Mais cela reste subordonné à la condition que le jeu ait bien prévu une gestion des touches de la Much, ce qui n’est pratiquement jamais le cas. Par exemple, le joystick de droite, celui qui gère le déplacement du « regard », ne sert jamais. Il existe une option dans les paramètres pour activer le cross-pad 8 directions, elle n’a rien donné durant le jeu.

Certains jeux, comme Journey Wars incorpore assez bien les touches de la Much, mais cela reste un jeu parmi les milliers qui circulent sur Google Play. Et c’est vraiment dommage car certains jeux auraient été des tueries sur cette console si leur intégration avait été mieux prise en charge.

Pour la batterie, l’autonomie est plutôt bonne. Avec une luminosité plein pot, le Wi-Fi activé, 1h45 de jeu sur de la 2D a fait passer la batterie de 100 % à 68 %.

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Note finale du test 6/10
La Much i5 est surprenante. Son design standard de console portable (très proche de la PlayStation) rend la prise en main assez facile : tout tombe au bon endroit, sans surprises. Le fait que cette console soit également un smartphone 3G est vraiment amusant car ce n'est pas si courant. Certain(e)s diront qu'il s'agit d'un détail, d'autres diront que c'est brillant, tout dépend de votre opinion. La console ne manque de rien : une connexion Wi-Fi, 3G, Bluetooth, un GPS, une gestion des données... Les applications de base sont bien là, abstraction faite de certaines apps (installées par défaut) en chinois... L'écran ne dispose pas d'une définition exceptionnelle, mais il fera le job. L'autonomie de la batterie est bonne. Les jeux 2D tournent très bien, les jeux 3D (les plus modernes) sont fluides selon les cas. Pour une console à 169 euros, c'est plutôt honorable.

Néanmoins, il y a quand même un détail qui entame gravement la crédibilité de la console : celui des contrôles qui ne seront pas compatibles sur tous les jeux. C'est vraiment peinant d'utiliser la Much i5 avec son écran tactile plutôt qu'avec ses contrôles. C'est d'autant plus gênant qu'il s'agit là de la fonction centrale du produit. On n'exploite pas le potentiel complet de la console, et c'est vraiment LE point noir, malgré toutes les autres bonnes choses présentes sur la Much i5.

Conclusion générale : si l'on achète la Much i5 juste pour jouer en tapotant sur son écran tactile... à FrAndroid, on connaît des smartphones qui feront la même chose, pour le même prix. Donc, what's the point ?
  • Points positifs
    • Fonction GSM
    • Bon rapport qualité / prix
  • Points négatifs
    • Les contrôles non compatibles
    • Les applications non traduites

Merci à Belchine pour le prêt de la console, en vente sur son site.