
Lundi soir, les écrans de la bourse de New York ont viré au rouge sang pour IBM. Une chute de 13,2 % en quelques heures. C’est du délire. Pour retrouver une telle baisse, il faut remonter au 18 octobre 2000, à l’époque où l’on craignait encore que le bug de l’an 2000 ne paralyse la planète. Cette fois, le séisme s’appelle Claude Code.
L’histoire commence chez Anthropic. Le laboratoire d’IA vient de lâcher une mise à jour qui semble technique au premier abord, mais qui est une véritable bombe thermonucléaire pour l’industrie informatique traditionnelle. Claude est désormais capable de comprendre, documenter et traduire le COBOL.
Le COBOL, c’est ce vieux langage de programmation né dans les années 60. Il est partout. Dans vos virements bancaires, dans les réservations d’avions, dans les fichiers des impôts. C’est une technologie fossile que plus personne n’apprend à l’école. IBM facturait des fortunes pour maintenir ces systèmes critiques avec des experts souvent proches de la retraite. C’était une rente éternelle, un coffre-fort dont IBM possédait la seule clé.
Comment Claude a forcé le coffre-fort d’IBM
Mais Claude Code a cassé la serrure. Anthropic explique que son IA peut désormais explorer des bases de code entières dont la documentation a disparu depuis trente ans. Elle cartographie les structures, identifie les flux de données et, surtout, elle traduit tout cela en langages modernes comme Java ou Python.
Ce qui prenait autrefois des années à des armées de consultants peut maintenant être réalisé en quelques trimestres. C’est là que le bât blesse pour Big Blue. Si n’importe quelle banque peut moderniser ses systèmes sans passer par les services hors de prix d’IBM, c’est tout un pan du chiffre d’affaires du géant américain qui s’évapore. Le marché ne s’y est pas trompé : la dépendance technologique, c’est terminé.
Regardez comment ça marche concrètement. Claude ne faut pas du copier-coller du code. L’outil identifie les composants les plus risqués à migrer et suggère des plans d’action. Il crée même des tests automatiques pour vérifier que l’argent des clients ne se perd pas dans la nature pendant la transition. C’est l’expertise humaine, autrefois rare et chère, devenue accessible via une simple API.
Cette situation montre parfaitement ce que certains analystes appellent la SaaSpocalypse. Des logiciels et des services qui semblaient indispensables sont en train de se faire dévorer par des modèles d’IA capables de raisonner sur des structures complexes. IBM n’est que la première victime spectaculaire d’un mouvement qui va s’accélérer.
Le décryptage d’un séisme qui dépasse le code
Mais attendez, il n’y a pas que le code. Le même jour, Anthropic a annoncé Claude Code Security. Là encore, le secteur de la cybersécurité a tremblé. Les actions des leaders du domaine ont chuté de 7 %. Pourquoi ? Parce que l’IA promet maintenant d’auditer les failles de sécurité avec la précision d’un chercheur.
La réalité est cependant plus nuancée. Si Claude est un assistant génial pour repérer une erreur de logique dans un programme, il ne remplace pas (encore) un directeur de la sécurité qui gère une cyberattaque en temps réel. Les marchés ont surréagi, mais le signal est clair : la valeur ajoutée se déplace du « savoir-faire » vers le « savoir-piloter » l’IA.
IBM a tenté de rassurer en rebondissant légèrement le lendemain, mais le mal est fait. La confiance est entamée. L’entreprise doit maintenant prouver qu’elle peut offrir autre chose que la simple survie de technologies obsolètes. Le problème ? Claude va plus vite que les plans de restructuration d’un groupe centenaire.
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