La présentation de l’Asus Zenbook Pro 15 avait fort à impression grâce à l’idée de remplacer le touchpad par un écran tactile. Nous avons eu l’occasion d’essayer l’ordinateur portable pendant plusieurs semaines, voici notre test complet.

Fiche technique

CaractéristiquesAsus Zenbook Pro 15
Écran15,6 pouces 1920 x 1080 pixels 100% sRGB (ou 4K UHD)
ProcesseurIntel Core i5-8300H ou i7-8750H ou i9-8950HK
Puce graphiqueNvidia GeForce GTX 1050 (4 Go de GDDR5)
RAM8 ou 16 Go LPDDR3
Stockage256 Go, 512 Go ou 1 To de SSD
Connectique2 USB Type-C Thunderbolt 3 (DisplayPort et alimentation), 2 USB Type-A 3.1, 1 HDMI, 1 lecteur de carte microSD, 1 jack 3,5 mm
BiométrieLecteur d'empreinte
Wi-FiWi-Fi 5 (802.11 ac)
Bluetooth5.0
Batterie71 Wh
Dimensions365 mm x 241 mm x 18,9 mm
Poids1,88 kg
Prixà partir de 1279 euros

1,88 kg de métal

Avec ses quasi 2 cm d’épaisseur et son joli 1,88 kg sur la balance, l’Asus Zenbook Pro n’est pas vraiment un ultraportable. La machine d’Asus est plutôt orientée vers les performances et un usage à mi-chemin entre la sédentarité et la mobilité.

Cela se ressent dès l’ouverture de la machine où l’on découvre un écran entouré de larges bordures et d’un clavier plutôt large et confortable, lui aussi bien entouré de bordures. Attardons-nous sur ce clavier quelques instants — le « screenpad » intégrant un écran tactile aura droit à une partie dédiée plus bas. Bien qu’étant un PC basé sur un écran de 15,6 pouces, le clavier ne propose pas un clavier numérique complet, qui se fait de plus en plus rare. En revanche, le clavier est plutôt agréable, avec une course des touches assez franches. Attention toutefois à la touche entrée, qui est au format américain, c’est-à-dire tout en horizontalité et qui demandera un petit temps d’adaptation.

La connectique proposée par Asus avec cette machine est particulièrement complète. On trouve en plus du port d’alimentation propriétaire : deux ports USB Type-C Thunderbolt 3, deux ports USB 3.1 Type-A (le format classique), un port HDMI, un port microSD et le port jack 3,5mm. On a donc à la fois le droit au nouveau connecteur universel, avec la meilleure technologie disponible, et aux ports historiques, permettant de se passer des adaptateurs devenus malheureusement habituels.

Le châssis en métal du Zenbook est également l’un des points forts de son design. La machine respire la solidité, se permet même un aspect massif qui rassure sur sa robustesse, et le revêtement ne prends pas trop les traces de doigts au niveau du clavier et du repose-main, mais un peu plus sur la surface extérieure, derrière l’écran, sans que ça ne soit gênant.

Un écran mat bien calibré, mais peu lumineux

Avec le Zenbook 15, Asus propose trois configurations d’écran possibles, avec dans tous les cas un écran 15,9 pouces 16:9. Ici, l’ordinateur testé intègre un écran mat Full HD (1920 x 1080 pixels), sans tactile, et avec un calibrage des couleurs en usine (DeltaE <3 et sRGB couvert à 100%). Asus propose aussi un écran 4K (3840 x 2160 pixels) avec un meilleur calibrage (Delta E < 2, couverture à 100% de l’espace Adobe RGB).

Dans l’ensemble, une fois passé sous notre sonde colorimétrique, l’écran du ZenBook est effectivement plutôt bien calibré. On note des bleus à peine au-dessus du résultat attendu, et une température moyenne à 6600K, là aussi tout juste au-dessus des 6500K attendus. C’est concernant la luminosité et les contrastes où nous sommes plus déçus par la dalle : à peine 300 cd/m² de luminosité maximale, c’est très peu pour du LCD, et un contraste moyen de 1177:1.

Sur ce point, le ZenBook ne semble pas au niveau de ce que propose la concurrence en 2018 : entre les marges et la faible luminosité, je n’avais pas l’impression d’utiliser un ordinateur haut de gamme sur ce point.

Asus ScreenPad : mieux que la Touchbar mais toujours un gimmick

La grande idée d’Asus pour se distinguer du marché est donc d’intégrer un véritable second écran sous son touchpad, et de l’appeler « ScreenPad ». Amener du tactile près du clavier, c’est en quelque sorte ce qu’a tenté Apple avec sa Touchbar pas très convaincante. Ici, Asus a déjà compris et réussi deux choses essentielles pour l’expérience.

D’abord, le toucher est très proche de celui d’un touchpad classique. Pas question ici d’un bête écran tactile en verre qui rendrait la glisse, et donc l’usage comme souris, désagréable. Que l’on souhaite utiliser le ScreenPad pour ses fonctions d’écran ou non, Asus a assuré qu’il se comportait comme un très bon touchpad. Un excellent point. L’autre réussite est dans le placement de cette fonction. Contrairement à la Touchbar d’Apple, le ScreenPad d’Asus tombe par définition sous la main et on peut facilement y accéder à tout instant.

L’essentiel étant assuré, attardons-nous sur les nouvelles fonctions permises par cet écran secondaire. Asus propose trois modes : pavé tactile (l’écran s’éteint et se comporte comme un touchpad), affichage d’extension (l’écran devient un second affichage pour Windows) et Screenpad. C’est ce dernier qui est le plus intéressant.

Asus a en effet développé un véritable mini-système d’exploitation avec principalement un lanceur d’applications et un menu de paramètres. Parmi les applications installées de base, on peut mentionner l’accès au calendrier de Windows, un lecteur de musique, une calculatrice, Spotify, un lanceur de logiciel et un pavé numérique. Chaque application fait le minimum attendu, mais le fait très bien, par exemple le calendrier ne vous permet pas d’ajouter de nouveaux événements, mais la navigation et l’affichage sont clairs. Le Screenpad propose un dernier usage, peut-être le plus pratique, qui ne passe pas par une application dédiée : la possibilité d’agir comme télécommande sur les vidéos sur internet, en particulier YouTube. Dès que l’on passe sur un onglet avec une vidéo, l’écran du touchpad adapte son affichage et il est possible de naviguer dans la vidéo, jouer avec le volume, passer en plein écran ou non, comme on le ferait avec un smartphone.

Malgré tous ces bons points, on ne prend jamais vraiment l’habitude d’utiliser ce ScreenPad. Il n’est pas vraiment plus rapide de consulter son calendrier sur le ScreenPad plutôt que son smartphone, ou avec l’application Windows 10 dédiée. Surtout, lorsqu’on utilise une application du ScreenPad, l’usage « pavé tactile » disparaît, ce qui veut dire que l’on ne peut plus faire bouger le curseur si l’on n’utilise pas une souris externe. Il est dommage que Asus n’ait pas permis l’usage continu du pavé tactile, même avec une application lancée. C’est d’ailleurs ce qui est permis avec le mode télécommande décrit quelques lignes plus haut, la seule exception à ce problème.

Le mode « affichage d’extension »

En définitive, s’il y avait un concours dont le sujet était « ajouter de l’interactivité sur un PC portable au niveau du clavier », alors Asus serait grand gagnant devant Apple, mais le problème, c’est que personne n’a lancé un tel concours, car personne ne veut vraiment plus d’interactivité sur un élément du PC où le regard ne se porte pas naturellement.

Non merci, pas de McAfee

Le Zenbook Pro tourne sous Windows 10 que l’on ne présente plus. Le système de Microsoft sorti en 2015 a connu beaucoup de mises à jour majeures et ne semble pas prêt d’être abandonné par son éditeur. L’édition installée est la version Famille, mais Asus propose aussi des variantes avec Windows 10 Professionnel. Les différences entre les deux versions sont minimes depuis que la version Famille a gagné le chiffrement complet des données du disque.

En plus des applications supplémentaires nécessaires pour faire fonctionner le ScreenPad, Asus ajoute également quelques logiciels utiles (outil de mise à jour des pilotes, enregistrement du produit, etc.), mais surtout un bloatware : McAfee Security. Il s’agit d’une version d’essai d’un logiciel de sécurité payant qui remplace les outils gratuits mis en place par Microsoft pour Windows 10 et qui sont amplement suffisants pour un usage classique d’un ordinateur. En 2018, on ne veut plus de ce genre de logiciels, surtout sur des machines haut de gamme où l’échange d’argent entre McAfee et Asus pour cette intégration promotionnelle, qui pourrait s’expliquer sur une machine à bas prix, se justifie beaucoup moins.

Un processeur paré pour les taches complexes

Notre machine intègre ici un Intel Core i5-8300H, une puce gravée en 14 nm avec un TDP de 45W, c’est à dire beaucoup plus que les séries U et Y qui équipent les ultraportables. Comprenez que ce processeur 4 cœurs cadencé de 2,3 à 4 GHz devrait se montrer particulièrement véloce. Asus commercialise également des modèles équipés d’un Core i7-8750H ou d’un Core i9-8950HK. Le processeur est épaulé par 8 Go de RAM DDR4 (certains modèles proposent 16 Go).

CineBench R15
  • i5-8300H : 817
  • i5-8250U : 578

Un test avec CineBench R15 permet d’évaluer les performances du processeur, sans utiliser la puce graphique. Il obtient un score de 817 cb, bien au-dessus d’un Intel Core i5-8250U qui obtient 578 cb. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit d’un processeur prévu pour des tâches lourdes telles que de la retouche photo ou du montage vidéo. Vous n’atteindrez pas les performances d’un PC de bureau, mais ce sera suffisant pour du travail en mobilité.

GeForce GTX 1050 : idéal pour Overwatch et Fortnite

Le PC intègre aussi une puce graphique dédiée, une Nvidia GeForce GTX 1050. Elle permet d’aider la machine pour faire tourner des jeux 3D, ou d’épauler le processeur dans certains logiciels compatibles avec la solution Nvidia CUDA, pour du traitement vidéo par exemple. Sur le test OpenGL de CineBench R15, le ZenBook affiche 98 images par seconde, c’est presque deux fois plus que les 51 FPS obtenu avec la puce graphique intégrée d’Intel.

Très concrètement, le PC est capable de faire tourner des jeux populaires comme Overwatch ou Fortnite dans de très bonnes conditions. Avec le FPS multijoueur de Blizzard, le jeu tourne à 60 images par seconde en définition native avec les options au maximum. Concernant le Battle Royal, il faudra se contenter des réglages « élevés », mais le jeu tourne de façon stable au-dessus des 40 images par seconde. On joue donc confortablement.

Même un jeu connu pour être gourmand comme The Witcher 3 pourra tourner, mais il faudra alors vraiment jouer sur les réglages pour obtenir une expérience fluide.

Une autonomie moyenne, trop moyenne

Avec un processeur performant, une puce graphique dédiée, et un Windows 10 toujours aussi capricieux, on ne s’attendait pas vraiment à avoir un champion d’autonomie avec le ZenBook. Le résultat est bien là, l’autonomie est moyenne : comptez un peu plus de 4 heures en ne forçant pas sur les performances.

Le ZenBook se recharge par une prise propriétaire, impossible de passer par l’un des ports USB Type-C. L’alimentation 150W est par ailleurs particulièrement imposante. C’est 160 grammes qui viendront s’ajouter au poids total dans votre sac.

Prix et disponibilité

L’Asus ZenBook Pro 15 est disponible à partir de 1299 euros pour la version testée ici, et est également disponible avec d’autres configurations.

Nos photos

Test Asus Zenbook Pro (2018) Le verdict

design
8
Avec son design en métal, le Zenbook Pro respire la solidité. On aime également la riche connectique proposée, avec à la fois du moderne et du classique. Le clavier et le touchpad sont tous les deux confortables à utiliser, même s'il faut prendre le pli concernant la disposition des touches. On aurait aimé un effort supplémentaire sur l'encombrement, au moins en intégrant un écran avec des marges plus fines, et un clavier plus large.
écran
8
L'écran du Zenbook Pro est très bien calibré dès la sortie de l'usine, mais la luminosité et le contraste ne sont pas au rendez-vous. Dommage.
autonomie
7
L'autonomie du ZenBook Pro est dans la moyenne, ni plus ni moins. Impossible de tenir toute une journée de travail loin d'une prise de courant.
logiciel
8
Windows 10 avec des suppléments essentiels pour le bon fonctionnement du ScreenPad, mais malheureusement aussi du superflu avec cette version d'essai de McAfee dont on se passerait bien.
performances
9
Avec un Core i5 série H et une puce graphique dédiée GeForce 1050, le ZenBook se montre à la fois performant dans les applicatifs professionnels, que dans les jeux. Il ne remplacera quand même pas un PC de jeu, ou une station de travail, mais il reste très polyvalent.
Note finale du test 8/10
L'Asus ZenBook Pro 15 se situe à mi-chemin entre l'ultraportable et une station de travail misant sur les performances. Son écran très bien calibré, allié à ses performances aussi bien processeur que graphique, en feront un allié de choix pour les professionnels notamment pour les métiers de la création. Ses performances et sa connectique très riche lui permettent également d'être envisagé comme PC familial, pour se passer d'une machine de bureau.

Il faudra en tout cas ne jamais l'éloigner trop d'une prise électrique, avec ses petites 4 heures et demie d'autonomie dans un usage mixte assez léger. Il ne permettra pas de tenir une journée de travail. On regrette également que l'écran manque un peu de luminosité, alors qu'il est si bon sur les autres critères, et quelques défauts sur le design de la machine, alors qu'elle est si bien finie par ailleurs. Élément central lors de la présentation de l'appareil, le fameux ScreenPad n'arrive pas vraiment à convaincre. Il s'agit d'un ajout qui ne semble pas vraiment répondre à une demande du public ou une problématique, mais qui est pourtant bien implémenté et prometteur.

Avec le ZenBook Pro 15, Asus propose une solution robuste, polyvalente et performante, mais pas sans défaut.
  • Points positifs
    • L'écran bien calibré
    • Écran mat peu sujet aux reflets
    • Les performances
    • Une machine très bien finie
  • Points négatifs
    • Les marges autour du clavier et de l'écran
    • L'écran manque de luminosité
    • L'autonomie trop juste
    • Un peu encombrant