On a pris en main le Lenovo Legion Go Fold : le rêve du PC pliable s’attaque enfin au gaming

 
Une console qui devient un PC portable de presque 30 cm en un clin d’œil ? C’est la promesse de la Legion Go Fold Concept. Lenovo continue de jouer les savants fous avec un écran POLED pliable qui veut enterrer le débat entre portabilité et confort visuel. Mais c’est un concept, ne l’oublions pas.
Lenovo Legion Go Fold // Source : Frandroid

On connaît l’habitude de Lenovo : balancer des concepts ultra-léchés dans les allées des salons pour tâter le terrain. Parfois ça finit dans les rayons, comme le Yoga Book 9i, souvent ça reste une prouesse d’ingénieur qu’on ne revoit jamais. Cette année, c’est la gamme gaming qui passe au scalpel avec la Legion Go Fold Concept.

Lenovo Legion Go Fold // Source : Frandroid
Lenovo Legion Go Fold // Source : Frandroid

D’accord, le nom n’est pas très sexy, mais l’objet, lui, l’est. On parle d’une console Windows 11 qui embarque un écran POLED pliable. Ouvert, c’est une console classique de 7,7 pouces (19,5 cm). Dépliée ? Elle se déploie jusqu’à 11,6 pouces (29,4 cm). Et c’est là que ça devient intéressant, car Lenovo a réfléchi aux usages bien au-delà de la simple frime technologique.

Le concept est modulaire au possible. On peut utiliser l’écran tout en hauteur pour du stream, fixer les manettes sur les côtés pour avoir une « super console » géante, ou même glisser la tablette dans un étui avec clavier pour en faire un vrai ultraportable.

Lenovo Legion Go Fold // Source : Frandroid

C’est intelligent, fluide, et franchement, ça donne un coup de vieux à la concurrence qui se contente de changer de processeur tous les ans.

Une fiche technique qui ne rigole pas

Sous le capot, Lenovo n’a pas fait les choses à moitié pour ce prototype. On retrouve un processeur Intel Core Ultra 7 258V, couplé à 32 Go de RAM LPDDR5x. C’est une configuration musclée qui, sur le papier, peut encaisser n’importe quel titre AAA actuel dans des conditions correctes. La partie graphique est assurée par l’Intel Arc 140V, c’est un iGPU bien musclé.

L’écran est la star du produit : une dalle POLED avec une définition de 2435 x 1712 pixels et un taux de rafraîchissement de 165 Hz. La fidélité colorimétrique est au rendez-vous avec 100% du spectre DCI-P3 et une luminosité de 500 nits. C’est beau, c’est fluide, mais c’est aussi le point qui fâche. Un écran pliable sur une machine de jeu, c’est s’exposer à une fragilité certaine. On connaît la résistance relative de ces dalles face aux rayures et à la poussière. Pour un appareil qu’on va manipuler brutalement en pleine session de jeu, le risque est réel.

Lenovo Legion Go Fold // Source : Frandroid

Le poids est un autre sujet de discussion. Avec 868 grammes sur la balance (manettes incluses), on est loin de la légèreté d’une Nintendo Switch. C’est même plus lourd qu’un Steam Deck. En mode console, ça risque de tirer sur les poignets après trente minutes de jeu. Heureusement, la modularité permet de poser l’écran sur une table et de détacher les contrôleurs, un peu comme sur une Switch, pour soulager ses bras.

Un des soucis matériel, selon moi, est l’épaisseur de 8,5 mm de la Legion Go Fold est à la fois sa plus grande force et son plus gros problème. Pour vous donner un ordre d’idée, une console PC classique comme le Steam Deck ou la Legion Go Gen 2 fait environ quatre à cinq fois cette épaisseur. Ici, Lenovo veut nous faire croire qu’on peut dissiper la chaleur d’un PC Windows 11 complet dans l’équivalent d’un smartphone un peu épais.

Le problème est amplifié par le format pliable. Dans un PC portable classique, la chaleur est évacuée par l’arrière ou les côtés. Ici, avec un écran qui se replie sur lui-même, on emprisonne potentiellement la chaleur au cœur de l’appareil. Lenovo doit donc ruser. On peut imaginer une carte mère divisée en deux ou l’utilisation de matériaux comme le graphite ou des chambres à vapeur ultra-fines pour répartir les calories.

L’autre défi : le prix

Si cette machine sort, elle sera chère. Très chère. On se souvient des premiers PC pliables comme le ThinkPad X1 Fold qui flirtaient avec les 3000 euros. Ici, avec des composants gaming haut de gamme et un écran OLED 165 Hz, on imagine mal Lenovo descendre sous la barre des 2000 ou 2500 euros. On est sur un produit de niche, pour les technophiles, je comprendrais que Lenovo ne le commercialise jamais en l’état.


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