
Avant, les faits divers, c’était la facture de roaming au retour des vacances, ou l’abonnement oublié pendant deux ans. Multipliez ça par quelques millions. Une entreprise aurait réussi à dépenser 500 millions de dollars en un mois sur Claude, l’IA d’Anthropic, simplement parce que personne n’avait pensé à poser un plafond. Le plus beau ? Certains employés s’en servaient pour des tâches qu’ils auraient bouclées eux-mêmes en dix secondes, comme consulter la météo.
L’info vient d’Axios, qui cite un consultant en IA dont le client a vécu la mésaventure. L’entreprise n’est pas nommée, et le montant force le respect : un demi-milliard de dollars, et donc environ 430 millions d’euros.
Et c’est assez simple à comprendre. Les modèles comme Claude se facturent au jeton, ces fragments de texte qui s’empilent à chaque requête. Sans limite par employé, et avec des milliers de personnes qui tapent dedans à volonté, le compteur tourne. Les IA dites agentiques, qui enchaînent les tâches toutes seules, consomment jusqu’à 1 000 fois plus de jetons qu’une simple question. Faites le calcul.


Et si vous confiez la tonte de votre jardin à un robot tondeuse ? En ce moment, le modèle LUBA 3 AWD 5000 est accompagné d’un cadeau de taille : un Garage Standard offert (d’une valeur de 199 €) !
Pour aller plus loin
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Quand l’usage est un classement
Le plus savoureux, c’est ce que cette histoire montre. Pendant deux ans, la consigne dans la tech était simple : utilisez l’IA, et vite.
Résultat, certaines boîtes ont transformé la consommation de jetons en indicateur de performance. Certaines tenaient même des classements.
Forcément, les employés ont joué le jeu, parfois trop bien. Le phénomène porte même un nom : le « tokenmaxxing », l’art de brûler des jetons pour grimper dans un classement interne.
Amazon a fini par débrancher son tableau de bord KiroRank le 29 mai, après avoir vu des salariés lancer des tâches inutiles pour gonfler leur score. Meta avait fait pareil quelques semaines plus tôt avec son classement « Claudeonomics ». Le CEO d’Uber, lui, reconnaît qu’une grosse consommation de jetons n’a rien à voir avec un produit utile.

Mais qui est l’entreprise aux 500 millions ? Ni Axios ni le consultant ne l’ont dit. Sur X, certains auraient pointé Amazon du doigt, sans la moindre preuve, et Anthropic n’a pas commenté. Ce qu’on sait, c’est que seule une poignée de géants mondiaux peut encaisser une note pareille sans broncher. Et que l’affaire n’a rien d’isolé.
En avril, un client de Google Cloud s’est réveillé avec une facture de 18 000 dollars alors qu’il avait budgété sept dollars, après une faille de sécurité. En mai, le créateur de l’outil Openclaw a, de son côté, grillé 1,3 million de dollars de jetons d’API OpenAI en un mois. Tout ça, c’est qu’on appelle la gouvernance de l’IA.
Et aujourd’hui, il semble que même les plus grosses entreprises pilotent encore l’IA à l’aveugle, et elles commencent à s’en apercevoir. La vraie question n’est plus de savoir combien on dépense, mais ce que ça rapporte. Pour l’instant, la réponse gêne beaucoup de monde.
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