
Dans le monde du nettoyage à la vapeur, il existe deux écoles qui ne se croisent pas vraiment. D’un côté, les machines de guerre prêtes à affronter le calcaire et la boue, et de l’autre, les instruments de précision destinés à l’hygiène. C’est dans cette seconde que se place le Laurastar Aura. Connu mondialement pour ses systèmes de repassage d’exception, le fabricant suisse lance ici un produit haut de gamme qui mise sur une vapeur fine et sèche capable de purifier tout ce qu’elle touche. Mais dans la réalité d’un foyer où les sols se salissent et où la salle de bain s’entartre, ce produit parvient-il à justifier son tarif face à des concurrents bien plus polyvalents ?
Ayant l’habitude d’utiliser un Kärcher SC3 pour nettoyer mes sanitaires, je l’ai remplacé par le Laurastar Aura pendant quelques semaines pour les comparer. Voici mon verdict.
Un objet de décoration qui oublie d’être pratique au quotidien
Dès le déballage, on comprend que l’on n’est pas face à un appareil de bricolage. Le Laurastar Aura est une réussite esthétique totale, grâce à ses lignes épurées, des plastiques de haute qualité et une finition qui respire le luxe. C’est un objet que l’on n’a pas forcément envie de cacher dans un placard, et c’est tant mieux, car son rangement est son premier gros point noir. À ce niveau de prix, il est assez déconcertant de constater l’absence totale de compartiment de rangement ou de sac dédié pour les accessoires. Sauf si vous achetez le bac de rangement à 99 euros — non, je n’ai pas oublié la virgule — vous vous retrouverez vite avec plusieurs embouts, des brosses et des buses sur les bras, sans savoir où les stocker proprement, ce qui fait désordre pour un produit qui prône la pureté et l’ordre, au risque de finir par les entasser dans un tiroir ou un sac de courses, ce qui jure terriblement avec le standing de la machine.
Pourtant, la dotation est pensée pour couvrir différents besoins, à condition de savoir où les mettre. L’appareil est livré avec une brosse large pour les sols, une brosse ronde pour les petites surfaces et une buse haute pression pour les recoins. La pièce maîtresse de cette panoplie reste la poignée-douchette. Contrairement aux pistolets vapeur massifs et lourds que l’on trouve chez la concurrence, celle-ci est d’une légèreté et d’une finesse remarquables. On sent que Laurastar a puisé dans son expertise du fer à repasser pour offrir une prise en main naturelle et une gâchette souple qui ne fatigue pas le poignet.

L’ergonomie est cependant sauvée par quelques bonnes idées, comme le réservoir amovible. Bien que sa capacité soit un peu limitée pour une grande session de nettoyage intégral, le fait de pouvoir le détacher pour le remplir directement au robinet sans avoir à traîner toute la machine derrière soi est un confort indéniable. On apprécie également la poignée de transport parfaitement intégrée au design, même si l’ensemble manque de cette ingéniosité fonctionnelle que l’on retrouve chez des marques plus utilitaires qui intègrent souvent des trappes de rangement ou des clips pour maintenir les tubes directement sur le châssis. Le câble d’alimentation et le tuyau de vapeur sont d’une longueur généreuse, permettant de circuler dans une pièce sans avoir à débrancher l’appareil sans cesse. Cependant, la gestion de ces câbles après l’utilisation reste fastidieuse. Là où un aspirateur propose un enrouleur automatique, ici, il faut se contenter d’enrouler manuellement les câbles autour de la base, ce qui casse un peu le côté futuriste de l’objet. On sent que Laurastar a privilégié la silhouette de l’appareil sur la praticité de stockage. C’est un choix qui se défend dans un appartement spacieux où l’appareil reste de sortie, mais c’est un point de friction pour quiconque doit optimiser ses placards de rangement déjà encombrés.
La technologie DMS face à la réalité du terrain
La première mise en route peut être fastidieuse pour les néophytes, puisqu’elle nécessite de respecter un protocole précis. Il faut d’abord installer une cartouche filtrante, puis remplir le réservoir avec de l’eau. Pour profiter de l’expérience complète, c’est aussi le moment d’insérer une capsule parfumée au bout de la poignée-douchette, avant de pouvoir enfin clipser et verrouiller l’accessoire de votre choix. Ça n’est rien de compliqué, tant que vous suivez les instructions à la lettre. On regrette toutefois l’emplacement de la capsule parfumée, qui a tendance à tomber dès que l’on change d’embout.

Une fois l’embout verrouillé, vous pouvez commencer à utiliser le Laurastar Aura, à condition de patienter une minute le temps qu’il chauffe. C’est le double du temps nécessaire au Kärcher SC3, mais ce délai se justifie par la préparation d’une vapeur d’une nature différente. Cette vapeur sèche, appelée Dry Microfine Steam ou DMS, est la véritable star du produit. Elle sort de la buse avec une régularité impressionnante et un volume constant, sans jamais faiblir en température ni postillonner.
La gestion du flux est exemplaire et souligne tout le savoir-faire de Laurastar en ingénierie thermique. Là où beaucoup de nettoyeurs vapeur bon marché crachent un jet d’eau chaude liquide et bouillonnant lors des premières secondes d’utilisation, le fameux effet pipi que l’on redoute sur les textiles délicats, le Laurastar Aura reste parfaitement sec dès le premier déclenchement de la gâchette. C’est un point technique majeur : l’absence de condensat évite de mouiller inutilement les surfaces fragiles dès l’allumage.

Cependant, cette finesse technologique a un revers inattendu : elle manque cruellement de percussion mécanique. Si vous êtes habitué à la pression d’un nettoyeur vapeur classique qui pousse physiquement la saleté hors de son support par la force du jet, le Laurastar Aura pourra sembler un peu lymphatique. La vapeur sort doucement, comme une brume dense. On a l’impression d’utiliser un instrument de soin cosmétique plutôt qu’un outil de nettoyage industriel.
Ce manque de pression se ressent concrètement lors des tâches difficiles. Sur des joints de carrelage encrassés ou des taches de gras séchées dans la cuisine, la vapeur seule ne suffit pas. Là où un Kärcher ou un Polti aurait décollé la saleté par la simple force de l’impact, le Laurastar vous oblige à compenser par l’huile de coude. Vous devez frotter énergiquement avec la brosse pour obtenir un résultat, la vapeur ne servant ici qu’à ramollir légèrement le terrain. C’est là tout le paradoxe du produit : c’est une merveille technologique qui vous demande paradoxalement plus d’efforts physiques pour le gros nettoyage. Il pêche clairement lorsqu’il s’agit de rénover une douche entartrée, notamment au niveau des joints, ou de laver des sols très sales, des domaines où les nettoyeurs vapeur classiques, plus rustiques et plus humides, restent bien plus efficaces. En revanche, les résultats sur des parois de douche entartrés ou vitres sont très bons, la vapeur étant sèche, ce qui ne lui laisse pas le temps de couler et donc ce marquer.

Dans les faits, ce n’est peut-être pas un défaut de conception, mais une question de philosophie. Il faut voir le Laurastar Aura comme un purificateur, et non comme un karcher d’intérieur destiné à retirer la boue. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’est pas fourni avec un outil pour nettoyer les sols, contrairement à la plupart des nettoyeurs vapeur.
C’est sur les textiles que l’appareil justifie son existence et son prix. Il devient idéal pour purifier les tapis épais, rafraîchir les canapés en tissu sans les inonder, désodoriser les casques de moto imprégnés de sueur, assainir les valises après un voyage ou traiter les matelas contre les acariens. Dans ces scénarios, la douceur de la vapeur DMS est un atout majeur car elle pénètre la fibre au cœur pour tuer les bactéries, puis s’évapore instantanément sans laisser d’humidité résiduelle propice aux moisissures. L’ajout de la capsule parfumée prend alors tout son sens, laissant une signature olfactive subtile sur les vêtements et les tissus d’ameublement, transformant l’hygiène en une expérience sensorielle agréable.
En somme, le bilan des performances dépend entièrement de vos attentes du produit. Si vous cherchez un nettoyeur vapeur pour décaper, frotter et voir disparaître des taches tenaces sur des sols durs, le Laurastar Aura sera une source de frustration face à son manque de pression brute et son prix exorbitant. En revanche, si votre priorité est l’assainissement de votre intérieur, la chasse aux allergènes invisibles et l’entretien de matériaux nobles, il remplit sa mission avec une maîtrise incontestable. Il ne nettoie pas forcément plus blanc que les autres, mais il nettoie indéniablement plus sain, agissant comme un bouclier hygiénique plutôt que comme un balai vapeur amélioré.
Une application compagnon pour rassurer les néophytes
À l’heure du tout connecté, Laurastar a fait le choix d’intégrer le Bluetooth à son nettoyeur, une fonctionnalité qui peut sembler gadget de prime abord mais qui trouve vite son utilité. L’application mobile dédiée agit comme un véritable tableau de bord. Dès la première connexion, elle prend le relais du manuel papier, souvent austère, pour vous guider pas à pas dans l’installation de la machine à travers des tutoriels interactifs clairs. C’est un atout indéniable pour ceux qui ne sont pas familiers avec le montage des filtres ou l’amorçage de la pompe.
Au-delà de la mise en route, l’application se transforme en carnet de santé pour votre appareil. Elle comptabilise le temps d’utilisation réel et surveille l’état des consommables en temps réel. Fini les devinettes pour savoir quand changer la cartouche anticalcaire : votre téléphone vous envoie une notification précise au moment opportun. Si les puristes du ménage trouveront peut-être superflu de devoir dégainer leur smartphone pour faire le ménage, cette connectivité apporte une couche de sérénité et de modernisation bienvenue, transformant une corvée technique en une expérience assistée et maîtrisée.
Un entretien simple mais coûteux
Côté maintenance, Laurastar reste fidèle à sa réputation de durabilité suisse, en proposant une approche préventive plutôt que curative. Contrairement aux nettoyeurs vapeur classiques où l’on attend souvent que la chaudière s’entartre pour agir avec du vinaigre, le Aura fonctionne avec un système de filtration obligatoire en amont. L’eau passe d’abord par une cartouche filtrante à granules avant d’être chauffée. Cela garantit une vapeur toujours pure, exempte de minéraux qui pourraient tacher vos textiles ou gripper la mécanique interne. C’est la garantie que l’appareil conservera ses performances de chauffe et de pression sur le très long terme, sans perte de puissance.
Cependant, cette rigueur a un coût financier non négligeable. Elle vous fait entrer dans un écosystème de consommables propriétaires qu’il faudra racheter régulièrement. C’est un modèle économique qu’il faut accepter avant l’achat : celui de la tranquillité d’esprit facturée au prix fort. En contrepartie, la qualité de fabrication rassure quant à la robustesse du produit. Les plastiques sont épais, les jonctions solides et Laurastar s’engage sur une réparabilité de 10 ans, luttant ainsi contre l’obsolescence programmée. L’entretien courant se résume donc à passer un chiffon sur la coque et à rincer les accessoires, la machine gérant elle-même sa santé interne via ses filtres.
Prix et disponibilité
Le Laurastar Aura est vendu 699 euros en exclusivité chez Boulanger.
À ce tarif, il se positionne comme l’un des nettoyeurs vapeur les plus onéreux du marché grand public, loin devant les modèles haut de gamme de Polti ou Kärcher qui naviguent généralement entre 150 et 250 euros.
Il est important de noter que ce prix n’inclut pas le fameux bac de rangement mentionné plus haut, vendu séparément pour une centaine d’euros, ni le stock de consommables (capsules de parfum, granulés anticalcaire) qu’il faudra renouveler.
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