Présenté à l’IFA 2018, le téléviseur TCL C76 a reçu le prix du « produit au meilleur rapport qualité/prix » par l’EISA. Mais qu’en est-il vraiment ? Voici notre avis détaillé, aussi bien sur ses finitions que sa qualité d’image et de sa barre de son. 

Quand on pense aux téléviseurs sous Android TV, on pense souvent à Sony ou Philips, principaux acteurs sur ce marché, mais il en existe d’autres, qui proposent souvent des solutions à moindre prix. C’est le cas par exemple de TCL et de son 55DC760, un téléviseur 4K HDR muni d’une barre de son JBL.

Fiche technique

  • Taille d’écran : 55″ (139 cm)
  • Type d’écran : LCD (Edge LED)
  • Définition : 4K UHD (3840 x 2160 pixels)
  • HDR : HDR Pro (HDR10), HLG
  • Connectique : 3x HDMI (2,0a), 2x USB (3,0 et 2,0), antenne, satellite, Ethernet RJ45, optique, sortie casque
  • WiFi : ac/n/g
  • Consommation annuelle : 120 kWh
  • Dimensions : 1230 / 736 / 7.6-17-73-90 mm (sans pied)
  • Poids : 18 kg sans pied, 20,50 kg avec
  • SoC : MediaTek MT5891
  • RAM : 2 Go

Ce test a été réalisé avec un modèle prêté par le constructeur.

Un design qui veut faire du bruit

Avec sa série C76, TCL souhaite trancher dans le paysage, sans pour autant proposer quelque chose de totalement novateur. Le 55DC760 fait donc partie de ces téléviseurs qui possèdent une barre de son intégrée sous l’écran, enrobée d’un tissu gris. Cette toile n’était d’ailleurs pas parfaitement appliquée sur notre modèle de test, ne s’alignant pas parfaitement avec les contours du cylindre acoustique ou de l’écran. On notera également que ledit cylindre est légèrement plus grand que l’écran, ce qui donne l’impression que ce dernier est simplement posé dessus.

Le reste de l’écran est très standard aujourd’hui puisqu’il s’agit d’une dalle LCD encadrée d’un cadre en aluminium très fin. Le cadre lui-même est fin au point d’être quasi inexistant (3 mm), mais l’écran possède une marge noire de 7 mm traçant les contours de l’image. C’est donc 1 cm complet qu’il faut compter entre le rebord du téléviseur et celui de l’image.

Comme il est désormais de coutume, la partie haute du téléviseur est très fine, tandis que la partie basse est bien plus épaisse et contient la connectique et l’essentiel des composants nécessaires au traitement d’image ou encore au refroidissement du téléviseur. Quoi qu’il en soit, l’épaisseur n’a rien de dérangeant, même pour qui voudrait l’accrocher au mur (il dispose des traditionnels emplacements pour la norme VESA et de 4 vis dédiées à cet usage).

Toujours à l’arrière, la connectique est située derrière un cache en plastique. Celui-ci tient cependant assez mal, déjà sans câble tendu à l’intérieur, et une partie ne s’emboîte pas parfaitement. Cela souligne un certain manque de finitions. La connectique est par ailleurs complète par rapport aux téléviseurs d’aujourd’hui.

L’installation est quant à elle très simple et il suffit de quelques vis pour déployer le pied en alu, très robuste et discret. Son empattement est par ailleurs relativement restreint pour une dalle de ces dimensions et une telle stabilité (comptez 80 cm de large pour 30 de profondeur environ). Aucune crainte que l’écran ne soit renversé.

Les télécommandes

Deux télécommandes sont fournies avec le téléviseur. L’une, petite, Bluetooth et disposant d’un pointeur et d’un microphone, que nous n’avons malheureusement pas réussi à faire fonctionner. Dessus, le clic des boutons est franc, mais ses angles sont un peu pointus. Son revêtement en aluminium, très froid, et son compartiment à pile nécessitant un tournevis ne sont pas non plus particulièrement de bons points.

La télécommande traditionnelle est quant à elle agréable, en plastique à première vue solide, et avec des boutons en gomme très doux. Dommage qu’elle ne possède pas de micro.

Il est important de noter cependant que lors de nos tests, la télécommande fonctionnait très bien jusqu’à environ 2 mètres, mais à une distance de 3 mètres, certaines actions n’étaient pas prises en compte. Attention donc si votre salon est géant.

Enfin, les deux télécommandes disposent d’un bouton dédié à Netflix pour lancer rapidement le service de sVOD.

Android TV

La 55DC760 de TCL tourne sous Android TV dans sa version Oreo 8.0 et avec le correctif de sécurité du mois de mai 2018. Il s’agit donc d’une version plutôt à jour du logiciel (on est moins exigeants sur les patchs de sécurité d’un téléviseur que d’un smartphone).

Il s’agit donc de l’interface habituelle, centrée sur le contenu, simple à utiliser et lisible en plus d’être partiellement personnalisable. Une très bonne expérience dans l’ensemble pour ceux qui consomment essentiellement leur contenu par le biais de 2 ou 3 services (au hasard Netflix, YouTube et Molotov).

Malheureusement, on sent la différence avec les téléviseurs les plus haut de gamme au niveau de la réactivité de la navigation dans les menus ou encore du temps de démarrage de l’écran. Encore heureux qu’une fonction de « mise en marche instantanée » corrige désormais ce point (ce n’était pas le cas à la sortie du téléviseur, pensez à faire la mise à jour lors de l’installation). Scroller une page entière ou taper un texte au clavier en revanche devient vite fastidieux avec un temps de réponse parfois très aléatoire.

Notons par ailleurs qu’il manque un navigateur à l’ensemble, difficile à trouver sur le Google Play Store (encore trop peu fourni sur Android TV) et que chaque démarrage s’accompagne d’une bande-annonce d’un film disponible sur le Google Play Films. Je vous laisse imaginer ma surprise quand je me suis retrouvé avec un gros plan de Kev Adams au petit-déjeuner.

Qualité d’image

Il s’agit ici d’une dalle VA, ce qui signifie que, contrairement à l’IPS, l’image est plus contrastée, mais les angles de vision sont moins bons. C’est d’ailleurs un constat que l’on peut facilement faire en collant son nez à l’écran devant une page blanche et en déplaçant son regard. En fonction de la direction, le blanc deviendra rapidement jaune ou violet.

Son revêtement mat est à son avantage

Difficile de ne pas voir que les couleurs ne sont pas les bonnes lorsque l’on ne se place pas directement face à l’écran. Dans un cadre familial ou si l’écran est accroché au mur, un peu en hauteur, cela se ressent. Son revêtement mat en revanche est à son avantage pour réduire dans une certaine mesure les reflets, ce qui rend son utilisation agréable même dans des salles éclairées.

À côté de cela, on est en présence d’un écran avec une luminosité maximale de 390 cd/m² et un très bon contraste de 4840:1. Ce sont de bons résultats pour cette gamme de prix, mais la luminosité se montre néanmoins un peu faiblarde pour le HDR.

Les puristes trouveront que le réglage de base est bien trop froid et que l’image tire beaucoup trop sur le bleu. Notre sonde a mesuré en effet une température frôlant les 12 000 K, soit près du double de la mesure recommandée. Fort heureusement, un petit détour dans les réglages rapides pour passer l’écran en mode film rapproche le tout d’un point blanc standard. Cela n’est pas sans contrepartie néanmoins, puisque l’image parait bien plus terne et manque alors cruellement de profondeur et de luminosité.

Le traitement de l’image est dans l’ensemble plutôt bon, sans être trop agressif comme c’est le cas sur d’autres écrans de cette gamme, y compris sur des fichiers upscalés depuis une source de qualité moyenne. Le taux de rafraîchissement (60 Hz) peut cependant être à la peine sur certaines scènes avec des cibles mouvantes, tandis qu’un effet de moiré se fait ressentir sur certaines zones où la densité d’informations est trop élevée. Apparaît alors un effet désagréable de flou et de netteté trop poussée ou un effet de rémanence sur les éléments rapides.

Des fuites de lumière apparaissent dans les angles de l’écran

Par ailleurs, on remarque que des fuites de lumière apparaissent dans les angles de l’écran, ce qui crée un manque d’uniformité général de la dalle.

On note par ailleurs que le mode Smart HDR, censé transformer les images standards en HDR, est une véritable catastrophe faisant scintiller l’écran. Pour peu que vous regardiez un match de foot, les stries de la pelouse finiront par vous vriller la rétine.

Son

Avec un tel design et une barre de son intégrée signée JBL, on pouvait attendre de la C76 une qualité sonore dépassant ses concurrentes, souvent équipées de haut-parleurs situés à l’arrière. Avoir une barre de son à l’avant n’apporte malheureusement pas les bénéfices que l’on pourrait attendre d’un système sonore venant appuyer un écran 4K HDR.

Pour commencer, le son manque clairement de punch en dessous de 50 % de sa pleine puissance, voire 60 % dans certains cas. Et même à plein volume, la spatialisation et la définition des différentes fréquences ne sont pas au rendez-vous.

N’espérez pas des basses profondes qui fassent vibrer votre cœur, des médiums ciselés et des aiguës cristallins pour sublimer le tout. Non, on a ici un son relativement plat, parfois même proche du gloubiboulga tant il est difficile de discerner certaines nuances.

Prix et date de sortie

Le TCL C76 (55DC760) est déjà référencé chez certains revendeurs au prix de 899 euros. Sa date de sortie n’est pas encore connue. Retrouvez-la sur la Fnac.

Note finale du test 6/10
Sur le papier, la TCL C76 est un très bon rapport qualité/prix. Sur une telle taille, profiter de la 4K HDR à ce prix est assez rare. Il faut dire qu'il est difficile de proposer une luminosité et un contraste suffisants . Et c'est d'ailleurs là que le bât blesse puisque les pics de luminosité sont tout juste limites, comme sur la plupart des écrans HDR proposés dans cette gamme tarifaire.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul problème de ce téléviseur aux finitions peu soignées, à la directivité mauvaise ou encore au son un peu trop plat pour un appareil disposant d'une barre de son. C'est d'autant plus triste que la puissance n'est pas suffisamment au rendez-vous pour rendre l'expérience Android TV parfaitement fluide et que même ce point n'est donc pas maîtrisé.

Toujours est-il que pour environ 800 euros, on parle vraiment de l'entrée de gamme de ce genre de téléviseurs, et la C76 remplit sa mission à ce niveau. Mais c'est toujours 800 euros, et il est difficile à ce prix d'oublier tous ses petits défauts. On ne peut donc que conseiller d'économiser un peu plus et de prendre la gamme au-dessus, ou de viser un écran sans HDR (voire sans 4K) pour moins cher, avec une dalle de meilleure facture.
  • Points positifs
    • Une connectique complète
    • Revêtement mat avec peu de reflets
    • Un prix correct
  • Points négatifs
    • Des finitions qui laissent à désirer
    • Quelques problèmes de télécommande
    • Luminosité un peu faible pour le HDR
    • Mauvaise directivité
    • Son plat malgré la barre de son