Après le smartphone à 100 euros, voici le smartphone à moins de 70 euros. A quoi doit-on s’attendre ? Quelle cible ? Quel impact sur le marché ?

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Un smartphone Android de la marque Thomson prévu à 69 euros TTC

Nous avions pu voir des smartphones à moins de 100 euros depuis 2 à 3 ans. Ces smartphones étaient bien entendu fabriqués en Chine et vendus dans des canaux « alternatifs ». Souvent importés en France en dehors de la distribution traditionnelle, vous avez été nombreux à « tenter le coup ». Bien entendu, à ce prix : point de SAV et souvent de belles surprises.

J’ai passé deux jours au MedPi, un salon dédié aux nouvelles technologies qui a lieu à Monaco chaque année. Ce salon est avant tout dédié aux acheteurs français qui en profitent pour découvrir les prochains produits de la rentrée de septembre et de la fin d’année, pour connaître la tendance et discuter des derniers chiffres de vente mais également pour négocier et signer de nombreux contrats. La plupart des produits présentés sur ce salon ont déjà été annoncés lors de gros salons comme le CES ou le MWC un peu plus tôt dans l’année. La grosse différence : les produits du MedPi ont un prix de vente et seront très certainement disponibles en France.

Moins de 70 euros TTC

C’est donc dans ce salon que je suis tombé à deux reprises sur des smartphones à moins de 70 euros TTC – prix public conseillé. La barre psychologique des « 100 euros » est donc franchie. Ces smartphones « très low-cost » pourront certainement séduire les ados et étudiants fauchés, mais également une bonne partie de la population qui a opté pour un forfait low-cost situé entre 2 et 5 euros/mois.

Ce ne sont, bien évidemment, pas les opérateurs qui vont commercialiser ce type d’appareils. En effet, quel est l’intérêt pour un opérateur ne vendre des smartphones compatible seulement EDGE (2G) ? Je vais vous le dire : il est très limité. Ce sont les distributeurs pure-players web et certaines boutiques de téléphonie qui vont être intéressés par ces appareils « très low-cost ».

Que peut-on avoir à ce prix là ?

C’est assez simple. Ces smartphones possèdent une dalle d’environ 3,5 pouces avec une définition d’écran de 480 par 320 pixels, ils sont propulsés par un processeur simple coeur cadencé à 1 Ghz avec 512 Mo de RAM, ils possèdent un capteur de 2 mégapixels à l’arrière, ils ne sont que compatibles EDGE (2G) et tournent sous Android 2.3 (Gingerbread). La grande majorité n’est pas certifiée Google et ne possède donc pas les fameuses Google Apps, dont le Google Play (Play Store). « .

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Huawei a présenté un appareil à 70 euros, sous Android 2.3 et seulement EDGE. Le Huawei Ascend Y210D. Une stratégie bien étrange pour Huawei qui essaye de sortir de son étiquette « low-cost », avec les Huawei Ascend Mate et P2, en se construisant une image de marque d’un constructeur « premium ».

Même chose pour THOMSON, une marque appartenant à Technicolor et utilisée par un constructeur chinois (sous licence).  Avec le THOMSON Tlink 355 que j’ai pu prendre en main également. La conception est plutôt correcte, néanmoins le rendu est en dessous des smartphones « low-cost ». L’absence du Google Play et des Google Apps, ou l’écran de piètre qualité, pourraient induire en erreur les premiers utilisateurs de smartphone. Ces smartphones nous font clairement revenir 2 à 3 ans en arrière.

 

L’impact de ces smartphones sur le marché ?

Est-ce que Android doit passer par là pour continuer à se démocratiser ? Le low-cost dégrade t-il l’image d’Android ? Le low-cost ne sera-t-il pas un obstacle aux ruptures technologiques ? Autant de questions qui m’ont traversé l’esprit lorsque les constructeurs m’ont présenté ces appareils. Clairement, ces appareils ont été entièrement conçus pour être « le moins cher possible ».

Cette stratégie de segmentation par le bas pourrait être ternie par la qualité des produits. On assiste bien plus à une stratégie d’épuration, dans laquelle le prix devient la seule motivation d’achat. Avec un produit simplifié, dépouillé et basique. Une stratégie risquée qui peut avoir de lourde conséquence sur l’image de marque mais aussi sur la perception que peuvent avoir les consommateurs des « prix » et des « produits ».

Bref, qu’en pensez-vous ?

Voici quelques clichés du Thomson Tlink 355 qui sera vendu à moins de 70 euros TTC.

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