La commission française des néologismes nous étonnera toujours par ses choix langagiers souvent en décalage avec les usages des francophones. Il y a quelques semaines, elle a statué sur le destin du « sexting », c’est-à-dire  l’envoi de SMS amoureux. Le peu glamour « textopornographie » est appelé à remplacer le vocable dans la langue de Molière.

Sexto

« Ramdam » pour buzz, « gestionnaire de communautés en ligne » pour community manager… Les inventions ne manquent pas à la Commission Générale de Terminologie et de Néologisme, dont on retrouvait en début de mois la dernière trouvaille au Journal Officiel. En marge de termes proposés avec succès depuis quelques décennies – on peut retenir le V.T.T, le logiciel ou le monospace – l’instance lutte contre les anglicismes à sa manière. Et le dernier concerné par ses travaux n’est autre que « sexting », correspondant à l’envoi de SMS à caractère sexuel, traduit par « textopornographie ». Un peu étrange, si l’on s’en réfère à l’étymologie du mot, puisque le préfixe « text(o)- » associé à « pornographie » renvoie aux écrits pornographiques, qui n’ont rien d’une nouveauté. Que l’on se penche sur les romans épistolaires des uns (Choderlos de Laclos ne nous contredira pas) ou sur les correspondances littéraires des autres, l’affaire n’a rien de nouveau, et se contente d’emprunter un canal de communication encore récent. Et si l’on considère « texto » comme la désignation du format SMS… il faudra rappeler que Texto reste en soi une marque de SFR, quand les autres opérateurs usent du terme générique SMS.

Quoi qu’il en soit, l’action « textopornographie » sera liée à une famille de vocabulaire, laquelle autorisera, pour désigner le message, autant le « sexto » que le « texto pornographique ». Deux syllabes contre six : gageons que l’un rencontrera plus de difficultés que l’autre à s’imposer dans le langage courant, et ce d’autant plus que le terme est déjà largement utilisé.