La nouvelle vient tout juste de tomber : Vivendi a finalement choisi Altice, la maison-mère de Numericable, pour le rachat de SFR.

SFR numericable

C’est officiel, le conseil de surveillance de Vivendi a choisi, à l’unanimité, d’entrer en négociations exclusives durant trois semaines avec Altice, la holding détenant Numericable, pour le rachat de SFR. Le conseil de surveillance de Vivendi va donc maintenant étudier et négocier l’offre de Numericable qui proposait 11,75 milliards d’euros et l’attribution de 32 % du capital de l’entité SFR-Numericable. L’offre de Bouygues Telecom, malgré le lobbying intense de ces derniers jours, n’a pas été retenue.

Si la fusion entre les deux sociétés a bien lieu, les conséquences sur le marché des opérateurs mobiles vont être nombreuses. La première concerne directement Free, qui ne pourra pas racheter les 15 000 antennes 2G et 3G de Bouygues Telecom. Free Mobile comptait sur le rachat de SFR par Bouygues pour racheter l’ensemble de ces antennes pour 1,8 milliards d’euros. La société de Xavier Niel va donc continuer d’utiliser les antennes d’Orange et à payer cette location 600 millions d’euros par an pour l’usage d’une partie de son réseau 3G.

Quelles conséquences ?

Le plus gros perdant dans cette histoire, c’est bien Bouygues Telecom. Non seulement il conserve son statut de troisième opérateur mobile en perte de vitesse, mais il doit désormais assumer sans aucun soutien sa division mobile. Son chiffre d’affaire a en effet baissé 11 % en 2013 pour tomber à 4,7 milliards d’euros. En 2013 Bouygues Telecom a perdu 108 000 clients pour un parc mobile total de 11,1 millions de clients.

Il reste enfin les incertitudes. Si Numericable parvient bien à mettre la main sur SFR, il y aura encore 4 opérateurs sur le marché des opérateurs mobiles français. Et il va désormais être difficile de savoir comment vont se comporter les prix des forfaits et quelles répercussions il risque d’y avoir sur les emplois.

Précisons enfin que ce rachat n’est pas encore gravé dans le marbre. Les négociations entre Vivendi et Altice commencent tout juste. Et ne doutons pas que la valse des réactions, petites phrases assassines et autres remarques désabusées provenant du gouvernement français ou des directeurs des opérateurs mobile devrait bientôt commencer.