Objets de rumeurs depuis le début de la semaine, Nokia a choisi de s’exprimer sur ses ambitions dans le domaine de l’équipement réseau. Le Finlandais annonce ainsi chercher à acquérir son concurrent Alcatel-Lucent.

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La mutation de Nokia ne semble pas près de s’arrêter. Le Finlandais, qui a cédé sa division Terminaux Mobiles à l’Américain Microsoft l’an dernier, cherche actuellement à recentrer ses activités sur le secteur des réseaux, son cœur de métier historique. Nokia Networks date en effet de 2006, année de sa fusion avec la gloire des télécoms d’alors, Siemens, dont il a racheté les parts dans la firme qu’ils détenaient conjointement. L’entreprise a d’ailleurs longtemps porté le nom de Nokia Siemens Networks, avant de se recentrer sur le nom de la firme finlandaise.

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Les derniers jours ont vu éclater la rumeur : Nokia, dont les activités produits se résument actuellement à la vente de licences pour des terminaux mobiles à son nom (notamment pour la Nokia N1 de Foxeconn), souhaite revenir à ses premières amours, responsables de la majorité de son chiffre d’affaires. D’après Bloomberg, qui s’appuyait sur des sources proches du dossier hier soir, l’entreprise est en cours de négociations pour le rachat d’une partie d’Alcatel-Lucent, l’équipementier télécom franco-américain. Nos confrères évoquaient alors le rachat d’une portion de la société, dont un portefeuille de brevets bien garni en technologies sans fil. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir le principal intéressé.

Acheter Alcatel-Lucent, oui, mais en entier

Dans un communiqué de presse publié sur son site institutionnel, Nokia commente les « spéculations des médias ». Le Finlandais précise ainsi qu’il est bel est bien question de négociations actuellement menées avec Alcatel-Lucent, toutefois pour le rachat complet de l’équipementier. « À ce stade, on ne peut être certain que ces discussions aboutiront à un accord ou une transaction », ajoute Nokia. La valeur des actions d’Alcatel-Lucent ont augmenté de 14 % dans la foulée à la Bourse de Paris, tandis que celle d’Helsinki montrait moins de joie. François Hollande va également recevoir Rajeev Suri, le PDG de Nokia et  Michel Combes, le directeur général d’Alcatel-Lucent dans l’après-midi pour discuter du sujet.

Il faut dire que pour Nokia, il s’agit de faire face à une concurrence qui s’est accrue ces dernières années. Par le biais de cette acquisition, l’entreprise chercherait à se placer face à l’un de ses principaux concurrents, le Suédois Ericsson, mais aussi à endiguer la croissance des Chinois ZTE et Huawei. Alcatel-Lucent, dont l’effectif atteint près de 70 000 employés dans le monde, affichait pour 2014 une capitalisation boursière de 8,3 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires de 13,2 milliards d’euros. À eux deux, Nokia et Alcatel-Lucent doubleraient ces chiffres et pourraient réaliser des économies d’échelles leur permettant d’accroître leur compétitivité sur le marché international. Pour obtenir une partie des liquidités nécessaires à l’acquisition d’Alcatel-Lucent, Nokia pourrait d’ailleurs céder sa division Here, responsable de la célèbre application éponyme spécialisée dans la cartographie et la navigation GPS. Les informations du jour viennent du moins corroborer les rumeurs relayées hier, et qui pourraient elles aussi se confirmer dans les prochains jours.