Circonstances obligent, Apple a sacrifié ses habitudes à une question qui agite les États-Unis depuis des semaines : la question des données privées des utilisateurs sur leurs smartphones. Tim Cook a donc inauguré sa keynote par une plaidoirie en faveur de leur protection absolue.

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C’est bien la première fois qu’Apple commence ainsi l’une de ses conférences d’annonces de produits. Signe que les temps ont changé, Tim Cook n’a pas ouvert sa keynote en évoquant les chiffres toujours plus positifs de la Pomme, les performances de son AppStore ou de quelconques statistiques à sa gloire. Cette fois, il a été question de politique : un engagement fort pour la société, dont chaque conférence est suivie avec attention par l’univers de la tech, mais pas seulement.

« Nous ne nous défilerons pas devant cette responsabilité »

« Nous savons que le smartphone est un appareil très personnel », « une extension de nous-mêmes » : voici comment Tim Cook décrit les smartphones, ou plutôt les iPhone, objets qui déclenchent chez les plus accros une véritable forme de nomophobie. Mais c’est surtout sans contextualiser son engagement, sans viser personne, et en forme d’allégeance à ses concitoyens que Cook, employant la première personne du pluriel, que « nous avons à décider en tant que nation le pouvoir que doit avoir le gouvernement sur notre data et sur nos données personnelles ». Et d’enchaîner, avec le calme qui le caractérise : « Nous ne nous attendions pas à être dans cette situation. Nous avons la grande responsabilité de protéger vos données personnelles. Nous ne défilerons pas devant cette responsabilité ».

À la conquête de l’opinion publique

Si Tim Cook évoque aujourd’hui le sujet de la protection des données personnelles, c’est avant tout pour répondre aux demandes du gouvernement américain qui lui réclame, suite à la tuerie de San Bernardino, l’inclusion d’une backdoor à ses iPhone. La Pomme reste soutenue par la plupart des grandes entreprises américaines dédiées aux nouvelles technologies, qu’il s’agisse de Google, de Microsoft ou de Facebook, mais affronte le gouvernement américain, opposé à ses vues. L’heure n’est aujourd’hui plus seulement à une bataille juridique, mais à une conquête de l’opinion publique, qu’Apple compte bien rallier à sa cause.