La Commission européenne n’en a pas fini avec Google. Alors que l’an dernier, elle accusait Mountain View d’abus de position dominante sur le Vieux Continent, notamment dans le cadre des recherches sur Internet, cadre dans lequel elle accusait Google de favoriser ses services. La Commission récidive aujourd’hui en annonçant se pencher plus avant sur le cas d’Android.

Nexus 6P (2 sur 5)

Ce n’est pas la première fois que Margrethe Vestager, la commissaire européenne en charge de la concurrence, évoque le cas d’Android. L’an dernier, elle ouvrait une enquête pour déterminer si les applications préinstallées sur les smartphones sous Android désavantageaient les éditeurs d’applications concurrentes.

« Une de nos tâches les plus simples est de nous assurer que les entreprises n’abusent pas de leur pouvoir pour freiner l’innovation »

Tout juste un an plus tard, Margrethe Vestager revient sur la question d’un éventuel abus de position dominante de Google, via son système d’exploitation Android, dans le domaine de la mobilité. Elle évoque désormais plus clairement le cadre de l’enquête, qui sera ouverte aux divers partenaires de Google. « Nous examinons de près sur les contrats de Google avec les fabricants de téléphones et les opérateurs qui s’appuient sur Android comme système d’exploitation », explique-t-elle.

« Notre crainte est que, en demandant aux fabricants de téléphones et aux opérateurs de préinstaller un pack d’applications Google, plutôt que de les laisser décider eux-mêmes quelles applications installer, Google ait coupé un des principaux accès aux consommateurs pour les nouvelles applications ». Comme elle le martèle dans son discours, la Commissaire européenne vise à préserver la capacité des (autres) entreprises à innover. « Nous avons besoin d’entreprises qui sont libres de produire des innovations qui amélioreront nos vies », assure-t-elle.

 

Une décision prise avant la fin de l’année

Bien que Margrethe Vestager n’apporte aucune précision sur ce point, les conclusions de l’enquête sur Android sont attendues dans les prochains mois, voire les prochaines semaines. Google, déjà épinglé en Russie pour des raisons similaires, risque en effet une amende pouvant s’élever jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial réalisé en 2015, soit plus de 6,5 milliards d’euros.