Le marché des tablettes Android est au point mort depuis quelques années. À part la Samsung Galaxy Tab S3 et quelques produits en import intéressants comme la Lenovo P8, nous n’avons pas vu de produit grandement intéressant en 2017. Est-ce que l’iPad ne serait pas une solution à envisager, même pour un inconditionnel d’Android et des services de Google ?

Est-ce que la meilleure tablette Android de 2017 ne serait pas l’iPad ? Sacrilège ! C’est le mot qui me viendrait à l’esprit en lisant cette phrase. Pourtant, après plusieurs semaines d’utilisation, c’est la conclusion que j’en ai tiré : l’iPad est une solution à envisager, même pour un utilisateur assidu d’Android. Mais quel est le rapport entre Android et un iPad me direz-vous ? C’est ce que je vais vous raconter dans cet article.

Pourquoi j’ai acheté un iPad ?

Et c’est effectivement une question que je me suis vraiment posée avant de recevoir la tablette de la marque à la pomme. Utilisateur d’Android depuis ses débuts, j’utilise tous les services de Google au quotidien (Gmail, Google Maps, Drive, Photos, Chrome, etc.), et j’ai même la mauvaise habitude de faire des blagues sur Apple à mes amis utilisateurs de l’écosystème concurrent.

Cependant, j’étais arrivé à un dilemme : je ne possède pas de télévision chez moi et ma Nvidia Shield K1 qui me servait d’appareil de consultation pour Netflix, Internet, les réseaux sociaux et jouer à quelques jeux (principalement Hearthstone) depuis deux ans commençait à avoir de sérieux ralentissements depuis l’arrivée (néanmoins très saluée) d’Android 7.0 Nougat.

La Nvidia Shield K1

Je cherchais donc une autre solution pour remplacer ma tablette et je suis arrivé à un constat très rapide : il n’y a aucun produit récent réellement intéressant sur Android. Cherchant une solution sous Android « stock », la Samsung Galaxy Tab S3 ne m’intéressait pas, et l’une des seules solutions performantes que j’avais trouvé était la Google Pixel C, mais elle accuse déjà de deux ans d’ancienneté. Ayant l’impression que le marché des tablettes Android se transforme petit à petit vers le marché des Chromebooks pour les différents constructeurs, j’ai commencé à désespérer de trouver un produit qui pourrait correspondre à mes attentes.

Hasard, le nouvel iPad Pro était justement en test chez nos confrères de Numerama, qui s’amusaient avec la bêta du nouveau système d’exploitation d’Apple : iOS 11. J’ai été agréablement surpris de voir les différences notables entre iOS sur iPhone et sur iPad, apportant des fonctionnalités uniques et pratiques à la tablette d’Apple, qui ne se contente pas de faire tourner iOS sur un plus grand écran, comme le fait Android sur tablette.

Mais je n’étais absolument pas prêt à dépenser plus de 700 euros pour une tablette, c’est déjà un prix que j’aurais beaucoup de mal à mettre dans un smartphone aujourd’hui. En me renseignant sur la gamme de produits d’Apple, j’ai repéré l’iPad, sans suffixe. Celui-ci est un mélange de composants à la iPhone SE qui lui permet de profiter du même SoC que l’iPhone 6S, du même écran que l’iPad Air (en plus lumineux) et d’une grosse batterie de 8 610 mAh pour un prix plutôt accessible de 409 euros sur l’Apple Store et même moins cher sur Price Minister.

Mon premier produit Apple depuis l’iPhone 4 était commandé et j’allais, étrangement, le recevoir le jour de la sortie d’iOS 11.

L’écosystème Google est sur l’iPad

Pour reprendre l’habitude d’un utilisateur Android qui installerait une nouvelle ROM sur son smartphone ou sa tablette, mon premier réflexe lorsque j’ai reçu l’iPad a été d’installer les Google Apps (le pack d’application Google qui est présent de base sur les smartphones Android) afin de retrouver tous mes fichiers, mes photos, mes mails, mes favoris, etc.

J’ai été surpris de voir à quel point Google soigne ses applications sur iOS, on a réellement l’impression d’avoir les mêmes que sur Android pour la plupart, avec la présence du Material Design et de son compte Google qui passe d’une application à une autre, sans devoir entrer ses identifiants à chaque nouvelle ouverture. YouTube, Google Maps, Gmail, Chrome, Drive, Keep, Photos, Home, Play Kiosque, Trips, Agenda… on retrouve toute la suite Google, qui n’a pas attendu très longtemps pour remplacer celle d’Apple sur mon iPad.

Je remarque également que le multitâche est très réactif comparé à celui que l’on retrouve sur les tablettes Android qui disposent souvent d’une quantité de RAM qui limite l’utilisation de plusieurs applications en simultanée.

Mais où sont les applications d’Apple ?

Après plusieurs semaines d’utilisation, les applications iOS de Google remplissent entièrement leur tâche et je n’ai trouvé aucune différence majeure comparée à Android.

Chrome peut ouvrir les liens web par défaut dans la majorité des applications et dispose même d’une interface propre à iOS, qui permet de rouvrir très facilement les pages que vous avez ouvertes sur votre téléphone ou votre ordinateur.

iOS 11, une réelle évolution pour les tablettes

L’OS d’Apple est simple à prendre en main, mais difficile à réellement maîtriser avec les nombreux mouvements disponibles sur celui-ci. Cependant, de très nombreuses fonctionnalités n’existent que sur celui-ci et il prend, avec iOS 11, une très large avance sur Android en termes de fonctionnalité sur tablette.

La première chose que l’on remarque est qu’un dock est présent sur le bas de l’écran, à la manière de macOS. Il permet de ranger de nombreuses applications. On pourra facilement faire apparaître celui-ci depuis n’importe quel écran en balayant depuis le bas de l’écran, très pratique pour changer d’application sans revenir sur l’écran d’accueil.

Le nouveau menu de multitâche

Le dock dispose de deux autres fonctionnalités majeures, en restant appuyé sur une application puis en la faisant glisser vers le côté de l’appareil, elle s’ouvre par-dessus une application, ce qui permet de répondre à un message ou d’ouvrir une page sur Chrome pendant que l’on regarde un film sur Netflix par exemple.

Il permet également de lancer la fenêtre de multitâche en effectuant un second balayage, qui affiche directement toutes les applications ouvertes sans avoir besoin de scroller entre celles-ci, ainsi que quelques raccourcis rapides comme le volume, la luminosité ou le Wi-Fi/Bluetooth. Ce menu de multitâche en combinaison avec le dock est un mélange de ce qui se fait de mieux entre macOS et Android, et est à la fin très ergonomique.

Slide Over

En plus de Slide Over qui permet d’ouvrir une application par-dessus une autre, un multitâche plus classique existe également sur iPad qui s’appelle ici Split View. Celui-ci permet d’ouvrir deux applications côte à côte, mais iOS innove en introduisant un glisser-déposer très efficace qui permet de transférer des images, des vidéos, des liens et plein d’autres éléments d’une application à une autre, parfait pour ajouter une photo dans un mail directement depuis Google Photos par exemple.

iOS 11 introduit également un explorateur de fichiers qui pourra regrouper tous vos services de cloud, afin de rattraper son retard sur Android en la matière et, enfin, une application « TV » qui regroupera différents services de TV en ligne comme Molotov, myCANAL ou encore OCS.

Quelques manques qu’iOS ne remplace pas

Bien entendu, iOS n’est pas Android. Même si l’on retrouve quelques similitudes avec les applications Google et des usages qui s’approchent de son OS, il reste un système fermé qui tourne principalement autour de l’écosystème d’Apple. Dans l’usage, plusieurs points d’Android me manquent, comme le lanceur d’applications qui permet d’avoir un accueil rangé et facilement accessible, ou encore mes achats sur le Play Store qui ne sont (bien entendu) pas liés à ceux de l’App Store (sauf les achats liés à un compte externe, comme sur la majorité des jeux en ligne F2P).

De plus, je trouve qu’un haut-parleur stéréo manque cruellement à l’iPad 2017 (il est présent sur l’iPad Pro), difficile de faire mieux que la Nvidia Shield K1 à ce sujet.

Mais en général, je ne regrette absolument pas mon achat qui remplit largement mes attentes et qui surtout, risque d’avoir une très bonne durée de vie vu le cycle de remplacement moyen des tablettes et les mises à jour annuelles d’iOS.