Samsung ne veut plus innover pour innover, LG retourne  » aux fondamentaux du smartphone « … Qu’est-ce qui se passe dans la tête de deux fabricants qui rivalisaient d’idées parfois géniales, et parfois saugrenues ? Peut-être l’âge de la raison.


Galaxy S9 : une mise à jour  » toc  » mais pas en toc !

Le Samsung Galaxy S9 devait être la star du Mobile World Congress. Une star qui n’avait plus trop de secrets pour nous, puisque comme d’habitude, on savait à peu près tout quelques jours avant la présentation. Et c’était de toute façon mal parti : on savait que le Galaxy S9 serait un modèle « toc » ou « S », pas de changement majeur du design et des améliorations matérielles et logicielles à l’intérieur. Et en cela le Galaxy S9 s’est montré en tous points conforme aux attentes : c’est, malgré toutes ses qualités (c’est le successeur du S8, quoi), une mise à jour désespérément ennuyeuse. Même son APN à ouverture variable n’est pas tout à fait nouveau, puisque Nokia l’avait fait des années auparavant.

Alors bien entendu, ça n’est pas la première fois que Samsung nous fait le coup de la mise à jour itérative. Les Galaxy S7 et S7 Edge étaient des améliorations mineures des S6. En étant un peu mauvaise langue, on pouvait même dire que leur principal intérêt était de de revendre des fonctionnalités qui avaient été retirées de leurs prédécesseurs (l’étanchéité du S5 et le slot micro SD).

Il y avait tout de même une différence fondamentale : même un an après, le S7 Edge et son écran aux bords latéraux incurvés donnaient toujours l’impression d’être un téléphone du futur, qui faisait passer Apple pour des suiveurs avec trois ans de retard. Or, nous voilà arrivé au point où à peu près tous les concurrents de Samsung ont rattrapé le coréen. De l’iPhone X au futur Huawei P20, du Xiaomi Mi Mix 2 à l’Asus Zenfone 5Z, de l’Essential Phone au Honor View 10, tout le monde y est allé de son écran plus ou moins sans bord. Et c’est très bien comme ça. Samsung peut se targuer d’avoir fait bouger les lignes et servi de mètre étalon à ses concurrents pendant trois ans, et sortir aujourd’hui un smartphone qui ne vend pas du rêve, mais qui en impose par sa maîtrise.

Ne plus innover pour innover

C’est d’ailleurs le message qu’il veut désormais véhiculer. Samsung nous fait du Apple, enfin l’image que l’on a encore, de plus en plus à tort, d’Apple. Non, Samsung ne jette plus des spaghettis sur la vitre en regardant si ça colle, Samsung n’innove pas pour innover, mais pour apporter quelque chose qui a un intérêt pour l’utilisateur.

En soi, c’est une démarche noble. Et on ne va certainement pas se plaindre que l’avalanche de fonctionnalités gadget toutes plus « WTF » les unes que les autres de l’ère Galaxy S4 vont nous manquer. Mais c’est tout de même un changement de ton assez intéressant à observer.

Le smartphone pliable sera-t-il le smartphone incurvé de 2019 ?

Et encore, Samsung peut se permettre cette inflexion sans y avoir laissé des plumes. LG adopte une posture similaire, mais pour d’autres raisons. Son prochain fleuron serait un retour « aux fondamentaux du smartphone ».

On est ravi de l’entendre, après des années gâchées par des expérimentations qui n’auraient jamais du quitter le labo de R&D. On garde encore un souvenir amer du LG G5 et ses modules LG Friends partis aussi vite qu’ils sont arrivés. On se demande pourquoi il a fallu deux versions du LG G Flex pour que le constructeur se rende compte que c’était une mauvaise idée.

Donc oui LG, Samsung, revenez aux fondamentaux, innovez pour apporter réellement quelque chose à l’utilisateur et ne faites pas des smartphones pliables les G Flex et Galaxy Round de demain ! Le monde de la mobilité y perdra peut-être un peu en folie, mais nous y gagnerons au final.