La guerre ouverte entre Apple et le FBI est loin d’être terminée. Selon les sources du Financial Times et du New York Times, Apple serait actuellement en train de développer une méthode de chiffrement qui empêcherait quiconque – y compris le FBI – de pénétrer à l’intérieur d’un iPhone ou d’un compte iCloud sans le mot de passe. Ce serait la première fois qu’une entreprise dont les produits sont destinés au grand public met en place un tel système.

iPhone iOS (3 sur 3)

Apple et le FBI se livrent une guerre sans merci depuis la mi-février, lorsque Tim Cook a mis en ligne sur le site d’Apple une lettre publique expliquant son choix de refuser d’aider activement le FBI dans l’enquête sur l’attaque terroriste de San Bernardino. En quelques mots, Tim Cook, le patron d’Apple, préfère protéger la vie privée de ses clients, au détriment de la lutte contre le terrorisme puisque l’homme craint que la requête du FBI débouche sur des abus de pouvoir. On soulignera toutefois que l’enquêteur principal a récemment indiqué qu’il ne pensait pas que l’iPhone professionnel du terroriste contenait des informations susceptibles d’aider l’enquête, puisque l’homme avait détruit son téléphone personnel avant l’attaque. Le FBI continue toutefois de réclamer à Apple la création d’une porte dérobée au sein de l’iPhone, une bataille qui semble être donc davantage politique que juridique.

 

Apple ne veut pas pouvoir créer une backdoor

Apple a les capacités de créer une telle backdoor, puisque l’entreprise a détaillé dans sa réponse au tribunal que cela lui nécessiterait environ un mois de travail avec une équipe d’environ 10 employés. Pour éviter de se retrouver dans la situation où la justice imposerait à Apple de créer une porte dérobée, l’entreprise chercherait un moyen de rendre impossible une telle requête. Ainsi, la firme de Tim Cook serait actuellement en train de développer une nouvelle version d’iOS qui empêcherait la création d’une backdoor, y compris par les ingénieurs d’Apple. De quoi rendre impossible la récupération des données d’un iPhone, y compris par le FBI, à moins de connaître le mot de passe de l’utilisateur ou d’avoir accès à son empreinte digitale.

 

iCloud deviendrait aussi sécurisé que l’iPhone

De plus, la marque à la pomme souhaiterait également mettre en place le même type de système pour les sauvegardes iCloud. Actuellement, le FBI peut demander à Apple de déchiffrer les données des utilisateurs stockées sur ses serveurs (y compris les sauvegardes des iPhone) puisque l’entreprise détient une clef de chiffrement. À l’avenir, Apple souhaite que cette clef soit uniquement détenue par les utilisateurs, ce qui empêcherait Apple de pouvoir répondre aux requêtes judiciaires d’accès aux données privées de ses clients.

 

Libertés individuelles vs lutte contre les crimes

Si Apple réussi son tour de force, elle serait alors la première entreprise à proposer des services grand public faciles à mettre en place permettant aux particuliers de chiffrer entièrement leur smartphone ainsi que leur sauvegarde sur le cloud sans permettre au gouvernement américain d’y avoir accès. Cela garantirait à Apple une belle publicité, notamment pour les défenseurs des libertés individuelles, mais aurait également quelques effets néfastes. Il pourrait en effet être impossible pour Apple de proposer à ses utilisateurs de changer de mot de passe en cas d’oubli. Ce système devrait aussi ralentir le travail des enquêteurs dans certaines affaires, comme s’était déjà fait écho le procureur de la République de Paris.

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