Introduction

La gamme Nubia de ZTE a trouvé en Archos un parfait représentant pour vendre ses smartphones en France. Le Nubia Z17s arrive donc chez nous sous le nom d’Archos Diamond Omega. Du borderless, une fiche technique parfaite sur le papier et un prix tout doux. Qu’est-ce qui pourrait aller mal ?

 

Fiche Technique

Modèle Archos Diamond Omega
Version de l'OS Android 7.1 Nougat
Interface Nubia UI
Taille d'écran 5,73 pouces
Définition 2040 x 1080
Densité de pixels 404 ppp
SoC Snapdragon 835 à 2,45GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 540
Mémoire vive (RAM) 8 Go
Mémoire interne (flash) 128 Go
MicroSD Non
Wi-Fi Oui
Bluetooth
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz, 800 MHz, 1800 MHz, 2600 MHz
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 3100 mAh
Dimensions 147,46 x 72,68 x 8,5 mm
Poids 170 grammes
Prix 499 euros
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone de préproduction prêté par la marque.

 

Design : entre HTC U11, Galaxy Note 8 et… iPhone 8 Plus

Archos est plutôt réputé pour ses smartphones d’entrée de gamme, et si toutes proportions gardées certains terminaux de la marque française peuvent paraître qualitatifs pour leur prix, on ne peut pas dire non plus qu’ils sont particulièrement éblouissants dans l’absolu. Grâce à son partenariat avec Nubia, Archos peut désormais proposer des terminaux premium au design clinquant et aux finitions plus que soignées. C’est le cas de ce Diamond Omega.

De dos, l’Archos Diamond Omega ressemble un peu au HTC U11 avec son revêtement réfléchissant — et très salissant — que l’on a ici en bleu nuit et ses bords légèrement incurvés. Plutôt que de se situer au centre comme sur le flagship taïwanais, l’appareil photo ressemble plutôt à celui d’un iPhone 8 Plus. Les deux objectifs sont en effet situés en haut à gauche et sont légèrement protubérants, ce qui veut dire que lorsque le téléphone est posé à plat et que l’on appuie sur la partie gauche de son écran, il tangue légèrement. Rien de très gênant néanmoins.

De face, il ressemble un peu à un Galaxy Note 8 en plus petit, avec son design très brut, très rectangulaire, et des angles à peine arrondis qui se répètent au niveau de l’écran. Les bords sont également relativement fins, même s’ils le sont moins que sur la phablette de Samsung, encadrant discrètement cet écran 17:9 sur lequel nous reviendrons juste après.

Pour le reste, Nubia/Archos propose un design qui ne s’embarrasse pas de fioritures et fait dans le traditionnel. Les bords sont très légèrement biseautés, on retrouve un lecteur d’empreintes circulaire au dos, quatre antennes discrètes en haut et en bas, une grille de haut-parleur sur la tranche inférieure aux côtés du port USB-C et les trois boutons physiques habituels sur la tranche droite, à portée de doigt. Et, important à noter, le constructeur a tiré un trait sur le port jack.

Avec un adaptateur USB-C → jack

Notons cependant que malgré sa taille relativement compacte (il est plus petit qu’un OnePlus 5), il est très dense et que son poids se ressent en main.

 

Un écran inhabituel dans son format

Pour l’écran, Archos mise sur une dalle IPS de 5,73 pouces en Full HD+ (2040 x 1080 pixels), soit une densité d’un peu plus de 400 PPP. Une définition acceptable pour un ratio à mi-chemin entre le 16:9 habituel et le 18:9 que certains trouvent trop allongé. Cela lui donne un air un peu différent, bien qu’il faille l’énoncer pour réellement comprendre d’où cela vient.

Sous notre sonde, cette dalle affiche un contraste de 1228:1, ce qui est plutôt bon, sans être exceptionnel, et une luminosité de 436 cd/m², ce qui est suffisant pour un usage quotidien, sans atteindre des sommets. On note également une température des couleurs étrangement élevée — avoisinant les 9500 K en moyenne, là où l’on s’attend plutôt à 7000 K –, ce qui ne se remarque pas forcément immédiatement à l’œil nu. En comparant avec un autre smartphone mieux calibré en revanche, la différence est plus flagrante. Archos propose bien un réglage des préférences d’affichage dans les paramètres du téléphone, mais se contente de trois types de saturation qui ne se différencient que très peu (voire pas du tout) les uns des autres, et une réglette de teinte allant de « frais » à « tiède », mais qui a toujours tendance à virer au vert (bleu-vert d’un côté, jaune-vert de l’autre).

Mais ce qui perturbe le plus, ce sont les colonnes de pixels de part et d’autre de l’écran qui brillent des couleurs de l’arc-en-ciel comme lorsqu’on fait une rayure sur son écran. Un rendu que l’on doute obtenu par la diffraction de la lumière sur le coin biseauté du revêtement, mais qui est assez dérangeant.

 

Une ROM chinoise adaptée (plus ou moins)

L’Archos Diamond Omega repose sur Android 7.1.1 Nougat avec une interface Nubia UI 5. Il s’agit d’une interface très orientale, sans tiroir d’applications, ce qui rappelle fortement iOS. Cette impression est par ailleurs renforcée par le « Control Center », à faire apparaître en tirant le bas de l’écran vers le haut. Celui-ci permet de retrouver le réglage de la luminosité, les paramètres rapides, mais aussi des raccourcis pour lancer rapidement la lampe torche, la calculatrice, un lecteur de QR Code ou faire une capture d’écran.

La disparition de ces éléments de la barre de notification libère de l’espace à ces dernières, mais il faut avouer que c’est assez étrange qu’elles s’affichent en bas ou au milieu de la fenêtre plutôt qu’en haut comme c’est le cas habituellement. Troublant au début, mais très pratique à la longue, rendant les notifications plus accessibles.

Nubia UI apporte quelques ajouts logiciels de personnalisation, parfois bien pensés comme la vitesse réseau dans la barre d’état, ou la gestion taille de la grille de l’accueil, parfois moins bien, comme l’emplacement des touches sur la barre de navigation. Si retour et multitâche peuvent être intervertis, ils restent tous deux représentés par des points. Sur une barre de navigation virtuelle…Ils auraient pu prendre la peine de mettre des icônes.

Cette même barre de navigation qui semble collée sur l’écran et dont l’intégration approximative se retrouve parfois sur des éléments importants… comme le clavier, pourtant natif.

Par ailleurs, on sent qu’il s’agit d’une ROM traduite un peu à la va-vite pour la commercialisation en France. Rien que dans les paramètres du téléphone, certains intitulés ne sont pas complets, d’autres sont encore en anglais et certains éléments semblent être passés par Google Traduction. Non… plutôt Bing Traduction.

Notons également quelques détails agaçants, comme l’impossibilité de régler son volume en détail sans passer par les paramètres (les boutons changeant soit le volume multimédia, soit le volume de la sonnerie sans qu’il soit possible de choisir précisément) ou la présence d’applications redondantes (le navigateur Web) ou tierces (News Republic). Et des petits exemples qui montrent que les fonctionnalités n’ont pas été essayées en profondeur, il en existe plein, comme le double fenêtrage qui se lance lorsqu’on swipe depuis le bas de l’écran. C’est malheureusement le mouvement également utilisé pour faire réapparaitre la barre de navigation lorsqu’une application est en plein écran… c’est frustrant.

 

Performances

L’Archos Diamond Omega est propulsé par un processeur Qualcomm Snapdragon 835 couplé à 8 Go de RAM. Le combo le plus puissant que l’on puisse trouver sur le marché à l’heure actuelle.

 Archos Diamond OmegaNokia 8OnePlus 5Samsung Galaxy S8 (FHD+)HTC U11
AnTuTu172 701 points173 955 points179 243 points172 887 points174 203 points
PCMark 2.05 838 points7 683 points6 622 points5 272 points6 801 points
3DMark Ice Storm Unlimited36 008 points42 358 points40 009 points31 353 points39 322 points
3DMark Ice Storm Unlimited (Graphics)57 211 points56 732 points56 682 points35 914 points55 232 points
3DMark Ice Storm Unlimited (Physics)15 675 points22 450 points19 713 points21 705 points19 581 points
3DMark Slingshot Extreme3 608 points3 505 points3 066 points3 237 points3 402 points
3D Mark SSE (Graphics)3 772 points3 692 points3 717 points3 544 points3 887 points
3D Mark SSE (Physics)3 131 points2 998 points2 748 points2 485 points2 367 points
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen)23 / 23 FPS12 / 22 FPS24 / 24 FPS21 / 25 FPS13 / 24
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)53 / 56 FPS32 / 55 FPS55 / 60 FPS54 / 63 FPS28 /48
Lecture / écriture séquentielle719 / 223 Mo/s661 / 201 Mo/s732 / 219 Mo/s791 / 189 Mo/s728 / 203 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire33,6k / 6,3k IOPS39,4k / 4,2k IOPS37k / 6k IOPS33k / 3,9k IOPS24,1k / 20,4k IOPS

Sans grande surprise, on obtient donc de très bons résultats dans les benchmarks, frôlant les meilleurs appareils actuellement en vente, qu’ils aient un processeur Snapdragon 835 ou un Exynos 8895. Et cette puissance se ressent lorsqu’on pousse le Diamond Omega. Dans les jeux, il se montre stable et affiche de bonnes performances globales, sans fléchir.

Unité de préproduction ou logiciel mal fini, il lui arrive cependant de subir quelques ralentissements lors de l’utilisation quotidienne. Rien de grave à première vue, mais cela ne présage rien de bon pour le long terme.

 

Appareil photo

La partie photo du Diamond Omega est assurée par un double capteur de 23 + 12 Mégapixels. Le plus petit des deux est le principal et propose une ouverture à f/1.8. Le second, avec ses 23 Mégapixels et son ouverture f/2.0, permet selon Archos « d’obtenir un zoom x2 sans perte ». Dans les faits, s’il n’y a pas de perte, c’est plutôt inquiétant pour la qualité de l’appareil principal, car le résultat est vraiment granuleux.

Il faut dire que la qualité du capteur principal n’est pas exceptionnelle. S’il gère plutôt correctement les couleurs et la lumière, le piqué manque de régularité. Le résultat est donc correct sur l’écran du téléphone, mais dès lors que l’on passe les clichés sur un écran plus grand ou que l’on zoome dans l’image, on s’aperçoit que la netteté n’est pas forcément au rendez-vous, même lorsque la scène est bien éclairée.

Ce double capteur prend donc plutôt son sens dans le mode portrait, dont la qualité est plutôt bonne quand toutes les conditions sont réunies. Comme toujours, il lui arrive cependant d’avoir des ratés et d’avoir du mal à détailler les contours lors de l’application du flou.

Dans des conditions un peu plus difficiles, la mise au point est un peu plus laborieuse et les photos peuvent manquer un peu de contraste, sans que ce soit atroce pour autant. La gestion des fortes luminosités de nuit (phares, panneaux publicitaires…) est cependant beaucoup plus discutable, créant un halo lumineux difficile à distinguer. Même le OnePlus 5, pourtant assez moyen en la matière, est capable de faire mieux.

Pour les selfies, le double capteur avant de 5 Mégapixels ne fait pas non plus des merveilles. Une nouvelle fois, la qualité n’est pas mauvaise, la gestion de la lumière et des couleurs plutôt bonne, mais la définition laisse à désirer et le mode « portrait » ne fait pas mieux avec deux objectifs que le ferait un simple traitement logiciel. En basse lumière les contours sont difficiles à cerner et le bruit est omniprésent.

Dans l’ensemble, les photos sont donc plutôt décevantes.

 

Réseau et communications

Bien qu’il s’agisse à l’origine d’un téléphone chinois (le Nubia Z17s), il dispose ici de toutes les bandes de fréquences françaises couramment utilisées, y compris celles des 800 MHz. La bande des 700 MHz n’est cependant pas présente, mais très peu d’utilisateurs verront la différence au vu du faible déploiement des antennes compatibles pour le moment. En région parisienne, nous n’avons d’ailleurs remarqué aucun problème de connexion notable au réseau, même si les débits dépassent rarement les 70 Mbps sur le réseau d’Orange là où d’autres téléphones dépassent les 150 Mbps. Un problème certainement lié à l’agrégation des fréquences en intra-bandes.

Les communications en revanche ne sont pas forcément très intelligibles. Si l’on comprend la globalité des conversations, le son est parfois étouffé ou métallique, voire saccadé, ce qui rend les appels plutôt désagréables. Un inconvénient pour un téléphone…

Résultat 4GMark

 

Une autonomie moyenne

L’Archos Diamond Omega n’a pas d’écran Quad HD, il embarque un processeur très économe, le Snapdragon 835, et une batterie d’une capacité de 3100 mAh, ce qui se trouve dans une bonne moyenne. Notre protocole de test SmartViser simulant une utilisation quotidienne (navigation Web, appels, SMS / MMS, vidéo, etc.) n’a malheureusement pas été concluant, des bugs logiciels l’ayant empêché de fonctionner correctement, ce qui nous a obligés à appliquer notre ancien protocole consistant à lire une vidéo YouTube durant 1 heure avec un écran calibré à 200 cd/m².

Lors de ce test, le Diamond Omega a perdu 13 % d’autonomie, ce qui correspond davantage au résultat d’un smartphone de 2016. Cela corrobore nos impressions d’utilisation quotidienne, puisqu’il tient aisément la journée, mais n’ira pas beaucoup plus loin et risque même d’avoir du mal si le planning est très chargé.

 

Prix et disponibilité

L’Archos Diamond Omega est prévu pour la fin du mois de novembre 2017 au prix conseillé de 499 euros. Il est également disponible en précommande sur la boutique d’Archos à 475 euros.

À lire sur FrAndroid : 🔥 Bon Plan : l’Archos Diamond Omega est disponible à 475 euros avec ce code promo

 

Photos de l’Archos Diamond Omega

Test Archos Diamond Omega Le verdict

design
8
L'Archos Diamond Omega est beau, ses finitions sont très bonnes et l'ergonomie est là. Il est cependant très salissant et un peu lourd. En outre, le fait qu'il soit privé de port jack (alors qu'il n'est pas forcément très fin) sera éliminatoire pour certains.
écran
6
L'écran du Diamond Omega n'est pas mauvais, mais il n'est pas excellent non plus. Son contraste est sa luminosité sont corrects sans éblouir, ses angles de vision sont bons, sa définition suffisante, mais ses couleurs virent un peu trop au bleu. Ce n'est pas trop dérangeant en soi, mais la comparaison est douloureuse pour le nouveau smartphone d'Archos et l'on s'attendait à mieux pour un appareil de cette gamme.
logiciel
4
Pas de tiroir d'applications, traduction bancale, applications tierces préinstallées, gestion du volume bizarre, barre de navigation qui passe sur le clavier, ergonomie parfois mal pensée... Tant de détails qui gomment les quelques bonnes idées de cette partie logicielle qui sent bon la ROM chinoise adaptée au chausse-pied pour une sortie en France.
performances
8
Le Snapdragon 835 ne déçoit jamais, surtout quand il est couplé à 8 Go de RAM. Dommage que l'interface (encore en production lors de notre test) ne soit pas la plus fluide qui soit.
caméra
5
L'appareil photo de l'Archos Diamond Omega est globalement plutôt décevant. Si la gestion des couleurs et de la luminosité est correcte, le piqué n'est pas au rendez-vous et le résultat en basse lumière est médiocre pour un appareil de cette trempe.
autonomie
6
L'autonomie de l'Archos Diamond Omega n'est pas mauvaise, mais rappelle plutôt les smartphones de 2016. Pour un appareil muni d'un Snapdragon 835, on pouvait s'attendre à mieux, surtout quand on voit ce qu'est capable de faire le OnePlus 5 avec un hardware similaire.
Note finale du test 6/10
Au premier coup d'œil, j'ai trouvé ce smartphone Archos vraiment chouette et proposé à un prix imbattable pour un flagship muni d'un écran borderless et d'un processeur Qualcomm Snapdragon 835. Pour 500 euros environ, j'aurais certainement fait l'impasse sur quelques petits défauts comme sa façade arrière salissante ou l'absence de jack si c'était là ses principaux problèmes.

Malheureusement, l'expérience utilisateur en prend un coup à cause de cette interface intégrée au chausse-pied, des appels au son étouffé ou de cet appareil photo qui manque clairement de qualité. Même l'autonomie est plutôt décevante, même si elle permet tout de même de tenir une journée normale sans problème.

Dans cette gamme tarifaire, on préfèrera donc un OnePlus 5 ou un Nokia, mais ceux qui veulent un écran borderless peuvent trouver là une alternative possible.
  • Points positifs
    • Design soigné
    • Quelques bonnes idées logicielles
    • Un mode portrait joli quand tout va bien
    • Des performances de smartphone premium
  • Points négatifs
    • Très salissant
    • Absence de jack
    • Interface bancale
    • APN médiocre
    • Communications difficiles