
Et si la tendance était au PC portable réparable et améliorable à l’envi (ou au besoin) ? Cet avantage pour le consommateur n’est plus l’apanage de Framework, mais un vrai argument commercial pour des constructeurs historiques qui nous ont habitués à l’exact inverse.
Alors que le marché met systématiquement en avant les modèles ultraportables, ces PC ont la fâcheuse tendance à souder tous leurs composants, sans accès facilité par l’utilisateur. Il était auparavant facile d’ajouter de la RAM ou changer le stockage de son MacBook. Cette époque est définitivement révolue, surtout à l’ère des puces Apple Silicon.
Alors quand on voit pas moins de trois constructeurs historiques faire de la réparabilité un véritable cheval de bataille, on ne peut que s’en réjouir. Si on peut s’en réjouir, on ne peut malheureusement pas déceler là une tendance de fond.
Lenovo, Dell et HP au top de la réparabilité
Parmi les (très) nombreuses annonces de PC émanant du CES 2026 cette semaine, trois constructeurs nous ont surpris en annonçant des machines à la réparabilité exemplaire.
Lenovo Space Frame : des ThinkPad modulaires
Lenovo a dévoilé son programme Space Frame, une refonte totale de l’architecture interne de ses célèbres ThinkPad.
L’idée est simple : le châssis ne sert plus seulement de coque, mais de structure modulaire dans laquelle l’accès aux composants est facilité grâce à un système de fixations mécaniques standardisées.
Sur les nouveaux ThinkPad X1 Carbon et X1 Yoga présentés cette année, on peut désormais remplacer l’écran, le clavier ou la batterie en quelques minutes avec un simple tournevis cruciforme. Vous pourrez même accéder à la carte mère de la machine sans avoir à démonter l’intégralité de la machine.
Une petite révolution bienvenue pour les utilisateurs qui souhaitent faire durer leur investissement au lieu de remplacer leur PC.


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Dell XPS : le projet Luna voit enfin le jour
Chez Dell, la métamorphose continue. Après des années d’expérimentation avec son prototype « Project Luna », la marque a officiellement intégré ces concepts dans sa gamme XPS de 2026.
Les nouveaux XPS 13 et 14 abandonnent les vis cachées et les adhésifs structurels. Dell a présenté un système de clipsage intelligent qui permet de désassembler la machine sans outils propriétaires. Les haut-parleurs, les ventilateurs et même le pavé tactile sont désormais des modules indépendants.

Vous pourrez ainsi remplacer un ventilateur trop défectueux, des modules RAM peu performants (après avoir vendu votre maison) ou un SSD trop lent.
HP EliteBoard G1a : le clavier PC entièrement réparable
HP a surpris tout le monde au CES 2026 avec un clavier embarquant un PC Copilot complet, à brancher à un écran. Le constructeur a lui aussi adopté un design entièrement modulaire pour ce châssis inhabituel.
Tous les composants sont réparables et remplaçables, à savoir la RAM, le SSD, les ventilateurs, la batterie, la puce Wi-Fi ou encore les enceintes. Même la partie clavier peut être remplacée en cas de casse.

HP assure cependant que son clavier-PC est protégé contre les éclaboussures en tout genre pour une durabilité adaptée à sa transportabilité. Casser ou salir le clavier n’a donc aucune incidence sur la partie PC.
Une décennie d’échecs
Si l’on s’enthousiasme aujourd’hui, il ne faut pas oublier que la route a été semée d’embûches. On se souvient du Project Ara de Google pour les smartphones, qui promettait une modularité totale avant d’être enterré.
Dans le monde du PC, Intel avait lui-même tenté de pousser des concepts de cartes mères modulaires (le fameux « Element ») qui n’ont jamais vraiment percé auprès du grand public, faute de soutien des fabricants.

Alienware s’y était essayé avec son Area-51m, un PC portable gaming dans lequel il était possible de remplacer la carte graphique. Le projet a été enterré et a même fait l’objet d’une action en justice sur les promesses de modularité.
Des échecs qu’on peut notamment expliquer par un manque de standardisation. Les constructeurs n’ont soit pas suivi leurs promesses, soit pas formé d’écosystème de pièces détachées suffisant pour assurer des modifications et réparations aussi poussées que prévu.
Seul Framework tire son épingle du jeu avec sa vision rafraîchissante du PC portable, mais aussi du PC fixe. Il reste cependant un îlot bien isolé dans un océan d’obsolescence plus ou moins programmée.
Une preuve de bonne foi, mais peu rentable
Pourquoi ne voit-on pas de PC portables réparables vendus par tous les constructeurs ? Tout simplement parce qu’ils sont plus chers, et donc moins rentables, et ce pour des raisons purement industrielles.
Concevoir un châssis modulaire, qui tient sans colle, mais avec un système de fixations standardisé, demande des mois de R&D (recherche et développement) supplémentaire. Il est nécessaire de créer des connecteurs et fixations robustes là où une simple soudure pourrait suffire.
De même, le coût des composants, lorsqu’ils nécessitent leurs propres structures et connecteurs, est plus élevé que lorsqu’ils sont « nus », sans module supplémentaire. L’assemblage final du châssis est lui aussi plus coûteux en temps que des processus automatisés basés sur la colle ou la soudure.
Enfin, vendre un PC modulaire et réparable, c’est s’engager à proposer des pièces détachées pendant un temps relativement long. Une logistique qui a, elle aussi, son influence sur le prix de vente initial du produit.
Tant d’arguments qui expliquent pourquoi le ticket d’entrée de ces machines modulaires s’avère plus élevé que le reste de l’offre. Mais s’il y a bien une tendance qu’on aimerait voir perdurer sur le marché du PC, c’est bien celle-ci.

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